La vertu d'écoeurement

Je voudrais en faire l'économie. Ne pas utiliser à profusion "la vertu d'écoeurement" que Dieu m'a donné (1). Pourtant, aujourd'hui, comment ne pas se nourrir de cette horreur ? Paris, Bruxelles nous ont glacés. Mais l'ignoble est quotidiennement ailleurs aussi. Bien plus loin et nous n'y prêtons que fugacement attention. Notre mémoire est, elle, infidèle.
En cette fin de semaine, la stratégie des terroristes a été de cibler des enfants. Ils l'ont fait, hier, à Lahore au Pakistan, où des talibans ont tué 70 chrétiens (bilan provisoire). Parmi ces familles dévastées, il y a beaucoup d'enfants. 29 ! Qui étaient dans un parc d'attractions... Vendredi, au sud de Bagdad, un mineur (vraisemblablement) s'est fait exploser après un match de football, lors de la cérémonie de remise des trophées. 17 des 32 morts avaient entre 10 et 16 ans (84 blessés, dont 12 dans un état critique). Attentat revendiqué par le groupe autoproclamé EI. Il est aujourd'hui vraisemblable que plus la situation sur les terrains syrien et irakien leur sera défavorable plus ces fous exciteront leurs sicaires à se faire exploser. L'éloignement géographique affaiblit malheureusement notre abjection. Pourtant, ils tuent des enfants...

(1) Emprunt à Montherlant ; la phrase exacte est : "Dieu m'a donné à profusion la vertu d'écoeurement" (Le maître de Santiago, 1947).

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