mercredi 7 novembre 2018

Berne renforce sa collaboration en matière d'instruction militaire avec Paris

@DDPS
Le Conseil fédéral a décidé, ce matin, de renouveler l'accord de 2003 qui lie la Suisse à la France en matière d'instruction militaire. Cette collaboration concerne notamment des exercices aériens conjoints et la formation à la cyberdéfense. Avec l'Allemagne et l'Autriche, la France fait partie des trois plus importants partenaires de l'armée de la Confédération.

mardi 6 novembre 2018

" Arnaud Beltrame, l’héroïsme pour servir" de Pierre-Marie Giraud



Pierre-Marie Giraud est un journaliste très consciencieux. Il a donc mené, en un temps record, une enquête aboutie sur Arnaud Beltrame, officier de gendarmerie tué le 23 mars 2018 dans un supermarché à Trèbes (Aude), après avoir pris la place d’une otage (voir post du 31 août 2018.) Ce livre permet de répondre partiellement à cette question qui m’accompagne depuis si longtemps. « Qu’est-ce qu’un héros ? »
Comme nous sommes de moins en moins exigeants dans les façons de nommer, le terme revient gaillardement dans notre quotidien. Mais la réalité est toute autre. Connaissons-nous beaucoup d'hommes et de femmes capables de sacrifier leurs intérêts à une idée qu'ils ont dans la tête ?  
Sur l'officier de gendarmerie, le livre offre des pistes. Arnaud Beltrame était un homme normal. Avec ses succès et ses échecs, ses joies et ses peines. Mais un jour unique, au-delà des procédures, il a estimé que son devoir lui dictait d’adopter une attitude qui pouvait parfaitement devenir irréversible. Le livre de Pierre-Marie Giraud tourne autour de ce don de soi. Voilà pourquoi il est réussi.

Arnaud Beltrame, l’héroïsme pour servir (Mareuil éditions) 16,50 €. Préface du général Denis Favier (2s).

lundi 5 novembre 2018

Le monument aux héros de l'armée noire inauguré à Reims


Demain, Emmanuel Macron et Ibrahim Boubacar Keita, présidents français et malien inaugureront à Reims, dans le cadre des cérémonies marquant le centenaire de l’armistice de la Première Guerre mondiale, le Monument aux héros de l’armée noire. En avril 1918, le front est aux portes de la ville qui sera, en particulier, sauvée par le 1er corps d’armée colonial, composé de nombreux combattants africains et antillais. Après-guerre, en hommage à leur sacrifice une œuvre est commandée au sculpteur Paul Moreau-Vauthier. Quatre soldats noirs, le corps penché en avant encadrent un militaire blanc qui brandit un drapeau tricolore. Le monument, construit en double, est inauguré d’abord à Bamako (Afrique occidentale française) puis à Reims, en 1924. Seize ans plus tard, occupant la Marne, les Allemands le démantèlent. En 1963 un Monument aux Noirs, composé de deux obélisques, est érigé. Mais l’idée d’une reconstruction à l’identique ressurgit. Il est réalisé par Jean-François Gavoty. Et implanté depuis 2013 au Parc de Champagne. Depuis le 16 octobre, le monument est installé sur un nouvel emplacement, à une centaine de mètres de son socle initial, sur une butte qui domine le site.

dimanche 4 novembre 2018

Nouvelle Calédonie, apprivoiser le temps (commentaire)

A la question « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? », 56,4 % des électeurs ont répondu non et 43,6 % oui. Soit environ 25 000 voix d’écart. Ce scrutin a suscité un fort taux de participation et 80,63 % des électeurs se sont déplacé. Ils étaient 174 154 à être appelés à voter dans les 235 bureaux de vote des 33 communes calédoniennes.
Premier enseignement, tout le monde sort la tête haute de ce scrutin. Si leur score conforte les anti-indépendantistes, leurs adversaires peuvent considérer le leur comme parfaitement honorable. Si les indépendantistes avaient subi une humiliation -ce que certains sondages annonçaient- la situation serait certainement compliquée à gérer. Et il n’est pas singulier d’imaginer alors les extrémistes manifester leur mécontentement. Ce qui ramènerait la Calédonie 30 ans en arrière.
Cette consultation est également la confirmation que le clivage électoral se double d’un clivage géographique. La province Sud et Nouméa anti-indépendantistes, la brousse (province Nord et Loyauté) favorable à l’indépendance du territoire. Enfin il a permis de constater, dans la majorité des bureaux, que le vote est très tranché.
La prochaine étape qui s’annonce devra confirmer ce choix de rester au sein de la République. Il ne s’agit pas encore d’un deuxième référendum qui pourrait se dérouler d’ici deux ans (avant un troisième possible) mais des élections provinciales, en mai prochain. A Nouméa, il est ainsi envisageable que les partisans du dialogue entre les deux camps perdent des voix.
Le destin commun reste toujours à construire. Pour ceux qui, comme moi avons connu la séquence de guerre civile qui a longtemps été pudiquement nommée « événements », nous mesurons le chemin accompli. Aujourd’hui, date vraiment importante, les Calédoniens ont choisi le maintien au sein de la République, ce dont Emmanuel Macron s’est félicité dans une intervention à la mi-journée. Edouard Philippe qui sera demain en Calédonie offrira aux acteurs une nouvelle étape de négociation, qui pourrait se dérouler dans les semaines ou les mois à venir. Espérons que la Calédonie continue à savoir apprivoiser le temps.

Premières attributions de la médaille nationale de reconnaissance aux victimes du terrorisme




La promotion compte 124 personnes. Les victimes des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et du 14 juillet 2016 à Nice sont les plus représentées mais "ces attributions concernent 21 événements terroristes survenus en France ou à l’étranger depuis 2011" détaille la grande chancellerie de la Légion d’honneur qui assure la gestion de la décoration. 
22 des récipiendaires sont décédés, 102 blessés, 14 sont étrangers, 7 sont mineurs, 6 sont des membres des forces de sécurité et de défense (publiques ou privées). La médaille nationale de reconnaissance aux victimes du terrorisme a été créée le 12 juillet 2016 par François Hollande. Elle doit être demandée par la victime ou, en cas de décès, par sa famille. Le (la) ministre de la justice rédige le mémoire de proposition qui est transmis au Premier ministre avant d’être envoyé au grand chancelier de la Légion d’honneur pour avis du conseil de l’ordre de la Légion d’honneur. Cette médaille -une fleur à cinq pétales marqués de raies blanches, intercalée de feuilles d’olivier, suspendue à un ruban blanc – avait été attribuée jusqu’ici une seule fois. Le 1er juin 2018 à Camille Quilin, une jeune victime de l’attentat du Caire en 2009 (voir post).