Robert Hébras, dernier survivant du massacre d'Oradour, est décédé

En janvier 2022, Robert Hébras reçoit la cravate de
commandeur du Mérite des mains du président de la République
©OHVR - ANFVOG

Il lui prit la main. Longtemps. Ce 10 juin 2017, le nouveau chef de l’Etat Emmanuel Macron et Robert Hébras sillonnent une partie des ruines d’Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne). 73 ans auparavant, un même 10 juin, une colonne de la division SS Das Reich massacrait 642 personnes dont 25 avaient moins de 5 ans. La veille, ces hommes avaient pendu 99 personnes à Tulle. « Ce 10 juin 44, c’était un samedi. J’étais chez moi » m’a raconté, il y a quelques années, celui qui était le dernier survivant du massacre. « Vers 14h, les Allemands sont arrivés. Ils n’avaient pas de grades apparents. L’inquiétude de la population est alors modérée. Il n’y a pas de maquis à Oradour. Que veulent-ils vérifier ? Les papiers ? Rechercher les réfractaires du service du travail obligatoire (STO) ? » Il y a dans cette commune de 1 600 habitants environ 200 réfugiés venus d’Alsace, de Lorraine, d’Espagne.

Le massacre
Les femmes et les enfants sont enfermés dans l’église. Quatre groupe sont formés, au hasard. « Je suis dans le dernier. Dix minutes après, une explosion retentit. C’était le signal. » Le massacre débute. « Les hommes sont battus dans les granges. Dans l’église, les femmes et les enfants vont mourir asphyxiés, mitraillés. » Le feu est ensuite mis à l’édifice. Une seule femme parviendra à s’extraire.

Dernier témoin

« Pourquoi suis-je là, aujourd’hui, à vous parler » s’était interrogé Robert Hébras, dans cet entretien publié dans le magazine La Cohorte. Le jeune homme de 19 ans se retrouve sous les corps. Que les nazis recouvrent de paille avant d’y mettre le feu. « Avant d’être brûlé, alors que les Allemands sont encore dans le village, je parviens à me dégager. Je fuis. Je retrouve quatre autres survivants. » Il ne reverra jamais sa mère Marie-Louise, 52 ans, et ses deux sœurs Georgette, 22 ans, et Denise, 9 ans. Robert Hébras s’engagera dans la Résistance, combattra ensuite dans l’armée jusqu’à la libération de la poche de Saint-Nazaire en avril 1945. Il s’installera comme garagiste dans le nouvel Oradour puis à Saint-Junien où il vient de décéder à l’âge de 97 ans. C’est désormais sa petite fille, Agathe qui poursuivra ce travail de mémoire entrepris avec son grand-père.

Posts les plus consultés de ce blog

Nickel «  La métallurgie calédonienne est au bord du précipice » estime Alain Jeannin

Les futurs chefs de corps de la Légion

Pour Benjamin Massieu « Kieffer a ouvert une nouvelle page » le 6 juin 1944