La métropole pense aux JO. Mais à quoi pensent les Calédoniens ?

 


Nous sommes en ce vendredi après-midi en métropole, à quelques heures de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques. Et la première question que nous nous posons est de savoir si la pluie respectera une trêve. L’autre information concerne les différents sabotages survenus en fin de nuit sur le réseau SNCF TGV qui entrave fortement la circulation des trains. Et touche, notamment des gens qui venaient dans la capitale assister à cette cérémonie sur la Seine, départ officiel de la XXIIIe Olympiade.

Quelles bonnes nouvelles ?
L’actualité est concentrée sur cet événement. D’autres Français qui, malgré le décalage horaire, regarderont en direct des 3h45 de spectacle le feront avec des préoccupations bien différentes. Je parle des Calédoniens. Car si Nouméa ne fait pas la une ici, le quotidien y est toujours très inquiétant.
Il suffit pour cela de regarder la seule actualité de ce 26 juillet (décalage : +9h). 
- La direction de l’une des usines de nickel du territoire, KNS, vient d’annoncer le licenciement de ses 1 200 salariés fin août. Le propriétaire d’une autre, Eramet affiche ses premières pertes depuis 2020 liées à la SLN en Nouvelle-Calédonie et à la baisse des prix du minerai sur les marchés. 
- Depuis le début des émeutes, ce sont plus de 700 entreprises qui ont été brûlées, détruites, saccagées... 1200 indirectement affectées, les compagnies aériennes Aircal et Aircalin en zone de turbulence, le transport maritime en difficulté. Ainsi que la mise au chômage de milliers de salariés. 
- La suspension de l'aide médicale gratuite suspendue en province Sud.
- Conclusion partagée : le Caillou est en état d’urgence socio-économique et à un besoin impératif d'argent. Pour fonctionner, pour reconstruire, pour pallier les recettes fiscales qui n’entrent plus dans ses caisses après les nombreuses destructions d’entreprises et d’emplois évoquées ci-dessus.

Et encore
- Les Calédoniens doivent s’attendre à payer l’électricité plus cher.
- La chapelle de Sainte-Anne de Touho (côte Est) vandalisée. La salle du temple bouddhiste incendiée. Le mausolée du grand chef Ataï* profané. Son crâne a été dérobé.
 - Au mois de juin, 30 médecins libéraux ont quitté le territoire à la suite des émeutes. Ce qui fait craindre des déserts médicaux..
 - Le couvre-feu est toujours en vigueur de 22h à 5h.
Et si cela ne suffisait pas terminons par une autre indication concernant le climat qui règne. Une radio a consacré un éditorial à l’omerta qui règne aujourd’hui en Calédonie...

*Restitué par l’Etat en 2014, le crâne d’Ataï, chef qui est le symbole de la révolte de 1878, repose près La Foa.

Photo : Facebook

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