Le cas Lounine

 

On considère Alexandre Lounine comme un milblogger. A savoir un blogueur qui couvre des opérations militaires. Son nom a largement dépassé les frontières de la Russie depuis qu’il s’est fait le porte-voix du désarroi de soldats russes en Ukraine. Dénonçant leurs déplorables conditions.

Dire la vérité
Le 25 juin, cet ancien sergent-chef du bataillon de volontaires Sudoplatov puis de la 150e division de fusiliers motorisés a publié une vidéo sur Instagram dans laquelle il exigeait être reçu par Vladimir Poutine « afin de lui dire la vérité sur ce qui se passe dans le pays ». Expliquant qu’il était chargé par des militaires de transmettre un message afin de dénoncer les punitions et les enfermements qu’ils subissent et leur emploi sur le front comme « de la chair à canon ». Un refus du pouvoir pourrait aboutir a-t-il expliqué, trois ans après la mutinerie de Prigojine, à ce que « l’armée retourne ses armes contre le Kremlin ».

Gestapo
En 24 heures, la vidéo a cumulé 10 millions de vues. Lounine y affirme également que des militaires russes sont souvent torturés, maltraités par leurs « propres commandants » qu’ils appellent « Gestapo ». Des informations recoupées par le contenu de lettres destinées à une plateforme officielle, agréée par le Kremlin. Dans laquelle les militaires participant à « l’opération militaire spéciale » peuvent déposer leurs plaintes. Mais qu’un media russe en exil, Echo, a réussi à pénétrer, profitant d’une faille de sécurité.

Annulation
Entre descriptions de violences, de pressions on y découvre une pratique spécifique ; l’« annulation ». Ce mot explique le quotidien Le Monde « désigne l’élimination d’un soldat par ses chefs, ou son envoi délibéré à la mort », sans jugement ni enquête. « Sous mes yeux, ils ont “annulé” un homme parce qu’il avait fait preuve de lâcheté.Ne me tuez pas !”, criait-il à son commandant, suppliant. Ils lui ont tiré dans les genoux, les épaules, la gorge ; on l’entendait seulement s’étouffer dans son sang », témoigne un soldat qui a fini par déserter. »
Alexandre Lounine, le blogueur de Voronej (ouest de la Russie), a lui été arrêté. Celui qui, en 2022, était favorable aux opérations menées en Ukraine, a été condamné à 11 jours de prison.

Photo : ©Fb


Posts les plus consultés de ce blog

Le général Jean de Monicault à la tête des FAZSOI

Destins communs

Plan annuel de mutation gendarmerie, les nominations féminines