Du port aux mines, comment la Russie tisse sa toile au Togo
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| Vladimir Poutine reçoit Faure Gnassingbé en novembre 2025 |
C’est un axe militaire et logistique en pleine développement En dix-huit mois, la relation entre Lomé et Moscou s'est considérablement intensifiée, marquée par un accord militaire en octobre 2025 qui prévoie le partage d'infrastructures portuaires et la présence d'environ 300 éléments d'Africa Corps. Le 1er octobre, une délégation menée par le ministère russe des Transports a inspecté le port en eau profonde et l'aéroport de Lomé. L'objectif affiché par Moscou est d'établir un corridor logistique et énergétique en Afrique de l'Ouest. A l’heure où se terminait à Lomé, la première session de la commission mixte intergouvernementale Togo-Russie. La délégation venue de Moscou étant conduite par le ministre de l’Energie, Sergueï Tsivilev.
L'attrait du sous-sol et de l'influence culturelle
Au-delà des transports, Moscou convoite les ressources minières togolaises proches des littoraux ou stratégiques, telles que le phosphate, l'or et le manganèse de Nayéga, indispensable à l'industrie de l'armement. Parallèlement, la Russie déploie sa diplomatie culturelle via des « Maisons russes » pilotées par l'agence Rossotroudnitchestvo. Ces réseaux soulèvent toutefois des inquiétudes quant au recrutement possible de ressortissants africains pour l'effort de guerre en Ukraine.
Un défi majeur pour la souveraineté nationale
Bien que le Togo prône une diversification de ses partenariats internationaux, cette omniprésence russe dans la défense, l'énergie et les mines inquiète. La concentration des intérêts de Moscou fait craindre à nombre d’observateurs que Lomé ne perde progressivement le contrôle de ses alliances au détriment de sa souveraineté.
Photo : le président du Conseil togolais, Faure Gnassingbé au Kremlin ©DR
