Pierre Neuville, 1922-2024

 

@DR

Demain matin se dérouleront en l’église de Lumio (Haute-Corse) les obsèques de Pierre Neuville, 101 ans. Ce corrézien de naissance s’était défini ainsi dans un ouvrage publié en 2013 : « Parti de rien, avec un petit certificat d’études de campagne, me voici docteur en préhistoire et commandeur de la Légion d’honneur ». Il avait accédé depuis à la dignité de grand officier.

Les difficiles premières années
« J’étais un enfant naturel, un bâtard, selon les termes de l’époque » racontait-il dans Les combats de ma vie (La société des écrivains). Pour cela, il sera moqué. A 12 ans, Pierre Neuville est valet de ferme, un an plus tard il travaille une partie de l’année en usine puis devient apprenti boulanger. C’est là que la guerre le saisit en 1940. Quelques mois plus tard, il se choisit un autre destin en s’engageant dans l’armée, direction l’Algérie et le 28e escadron du Train.
Après le débarquement américain du 8 novembre 1942, il sert avec la 1ère DB, dans cette armée en reconstruction destinée à libérer la France. Maréchal des logis-chef à 21 ans, il est au Bataillon de choc avec lequel il reçoit son baptême du feu, en octobre 1944 en métropole. Il est blessé en décembre par des éclats d’obus 
en Haute-Saône. En 10 mois de combats son unité perd 62 % de ses hommes.

L’Indochine puis l’Algérie

Adjudant à 22 ans, il obtient ensuite son brevet parachutiste (n° 6884). Destination l’Extrême-Orient avec le 1er bataillon de paras de choc. Puis c’est l’Algérie au sein du 2e régiment de tirailleurs algériens où il devient officier renseignement. Il reçoit sa sixième citation et est fait chevalier de la Légion d’honneur à titre exceptionnel. Il porte également la Médaille militaire. De ce premier séjour algérien, il écrit : « 3 ans, 8 mois et 9 jours séparé de ma famille... »
Les affectations se succèdent : officier renseignement à Saint-Maixent, deuxième séjour en Algérie, centre d’instruction à Verdun et puis en 1966, la Légion et le REP où il cumulera les années. Inhabituel pour l’officier qu’il est devenu. En 1974, l'officier quitte l’institution militaire qu’il servira toutefois encore cinq années comme réserviste. Le lieutenant-colonel Neuville aura traversé trois guerres.

Puis les études

Quelques aventures plus tard, celui qui est resté vivre en Corse après avoir effectué des études, obtient à 66 ans, un doctorat en préhistoire. Sa thèse, en 5 volumes et 1 020 pages, portait sur Les éléments de broyage de la Préhistoire et de la Protohistoire de la Corse dans le contexte méditerranéen. De nouvelles pages se tournent. Il est sur le terrain, dans les amphis, cherche, encourage les plus jeunes.
L’homme qui eut plusieurs vies, fut un passionné témoignait il y a quelques heures, le général Alain Bouquin, ancien COMLE et son voisin sur ces terres corses.

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