Le business du désespoir

 

Buras Mohamed Khalil, 22 ans, algérien ; Omanda Abane Eric, 33 ans, béninois ; Koumene Guillaume, 41 ans, burundais ; Wabo Fotué Guy Roger, 22 ans, camerounais ; Nzau Stéphane Batschi, 26 ans, congolais ; Kiise Issa, 22 ans, ivoirien ; Ahmed Mohamed Saad, 34 ans, égyptien ; Ngomo Ota, 33 ans, gabonais ; Owusu Gabriel, 30 ans, ghanéen… La liste est longue et comporte 316 noms de recrues étrangères d’origine africaine combattant pour l’armée russe, décédées sur le front ukrainien (voir également post du 7 février). Elle a été établie par All Eyes on Wagner et figure dans un rapport qui vient d’être mis en ligne, « Le business du désespoir » *.

Issus de 35 pays
Le Cameroun est le pays celui qui compte le plus de morts, 94. Les Gambiens figurent également en haut de ce macabre palmarès : sur 56 contractuels répertoriés, 23 sont décédés.
Une autre liste publiée par AEOW contient les noms de 1 417 combattants originaires de 35 pays du continent enrôlés dans l’armée russe entre 2023 et mi-2025 avec leur matricule militaire. L’âge des recrues varie de 18 à 57 ans. Le contingent le plus important vient d’Egypte (361 hommes) suivi du Cameroun (335).

Leur histoire
« Certains de ces hommes étaient préalablement établis en Russie -probablement via des programmes universitaires- d’autres recrutés pour des emplois en Russie et se retrouvant contre leur gré sur le champ de bataille » détaille le document. D’autres ont été forcés de rejoindre les troupes russes.
Dans cette liste AEOW trouve trace également de candidats résidant depuis longtemps en Russie et « qui semblent plutôt être acquis à la cause » de leur pays d’adoption.
Les Africains capturés par l’armée ukrainienne semblent livrer un récit similaire, « évoquant un déploiement rapide après la signature d’un contrat d’engagement qu’ils n’ont pas lu puisque rédigé en cyrillique ».

* AEOW est une association indépendante, intégrée à INPACT, une ONG suisse créée afin de développer des projets d'enquête à long terme.

Photo : 
© capture d'écran du Sénégalais Malick Diop, parti faire ses études à Nijni Novgorod, et aujourd'hui prisonnier des Ukrainiens. 

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