La Biélorussie se rebiffe



Longtemps considérée comme un satellite, l’indéfectible allié, la Biélorussie tente aujourd’hui de résister aux exigences et à la pression de la Russie. Moscou rêve, en effet, d’une co-belligérence en Ukraine, ayant un besoin vital de nouvelles ressources humaines. « La crise politique de 2020 a placé le régime d'Alexandre Loukachenko sous le joug du Kremlin, dont le soutien lui permet de se maintenir au pouvoir. En retour, il fournit à Vladimir Poutine des soutiens nécessaires à l'opération militaire russe » explique un diplomate européen qui fut en poste à Minsk.

Soutien
Ainsi au moins vingt installations militaires biélorusses ont été rénovées pour soutenir les forces russes. Le territoire est également utilisé comme base de départ de drones à destination de l'Ukraine. Des situations qui placent donc indirectement la Biélorussie au générique de cette guerre. « Mais Alexandre Loukachenko vient de céder à la pression de Zelensky et de débrancher les répétiteurs de signal qui facilitent le pilotage des missiles et de ces drones russes frappant le territoire ukrainien » expliquait avant-hier, Jean-François Bouthors dans Desk Russie.

Divergences ?
« Si l’on est attentif, explique un militaire français, on remarquera qu’ensuite, Alexandre Loukachenko a été convoqué à la résidence de Poutine à Valdaï (oblast de Novgorod). Officiellement, le Kremlin évoque des échanges sur la sécurité régionale, la coopération économique et l'agenda de l'État de l'Union. Si l’on observe bien, l'absence de conférence de presse conjointe et de photographie protocolaire, ce qui est très inhabituel, peut être comprise comme le reflet de divergences ou de mises au point intervenues entre les deux dirigeants ».

Vers les USA

La Biélorussie cherche aujourd’hui à diversifier ses partenariats. En discutant avec la Chine mais aussi avec les Etats-Unis. Depuis un an et demi, Minsk et Washington ont multiplié les initiatives bilatérales. Rappelons-nous que celles-ci ont conduit à la levée des sanctions américaines visant le ministère biélorusse des Finances, deux établissements bancaires et l'entreprise Belarusian Potash Company, en contrepartie de la libération de 250 prisonniers politiques.
De quoi tourmenter le Kremlin.

 Photo : Alexandre Loukachenko ©Présidence de Biélorussie.

Posts les plus consultés de ce blog

Le général Jean de Monicault à la tête des FAZSOI

Destins communs

Plan annuel de mutation gendarmerie, les nominations féminines