Georges Delrieu, footballeur, défenseur de la France



Alors que l’équipe de France de football s’apprête, ce soir, à disputer son deuxième match (à Philadelphie) de la Coupe du monde contre l'Irak, j’aimerais vous parler* d’un footballeur qui, sans la Seconde Guerre mondiale, aurait pu, possiblement, apparaître dans la sélection tricolore. Georges Delrieu est mort, il y a 82 ans. Un mois de juin…

Professionnel au Racing
Georges Delrieu naît en 1919 à Puylaroque dans le Tarn-et-Garonne mais rejoint très vite le Maroc où ses parents s'installent. Doué pour le football, il évolue avec l'Olympique Marocain, club avec lequel il est champion du Maroc en 1936 et champion d'Afrique du Nord, l'année suivante. Il a vingt ans en 1939 et signe en mai un contrat professionnel avec le Racing Club de France (Paris). En novembre, il est mobilisé. Il refuse la débâcle et le 21 juin 40, embarque à Saint-Jean-de-Luz sur le Batory, bâtiment polonais à destination de l'Angleterre. De Londres, il écrit neuf jours plus tard à ses parents, à Rabat : « Je suis maintenant ici avec les Français qui ne jettent pas le manche après la cognée et qui n'acceptent pas un tel sort pour la France, nous allons former un corps français et nous battre avec les Anglais qui seuls peuvent désormais nous sauver. Et croyez-moi, le temps sera peut-être long, mais la victoire viendra. Heureusement que des chefs comme le général de Gaulle restent encore. L'honneur n'est pas tout à fait oublié ».

Fatale Italie

Engagé dans les Forces françaises libres, l'aspirant Delrieu prend part à l'expédition de Dakar et à la campagne du Gabon. Il a été affecté au 1er bataillon de marche de tirailleurs de l'Afrique française libre (BM 1). Dans sa biographie, à l'Ordre de la Libération, figure cette anecdote : « le 1er novembre 1940 lorsque, de nuit, une pirogue coule avec 7 tirailleurs à son bord. Sans hésiter, il se jette à l'eau pour les secourir et parvient à en ramener deux qui se noyaient ».
C'est ensuite, le Cameroun, l'Egypte, où le chef de section Delrieu se distingue à El-Alamein (octobre 1942), pendant les combats en Tunisie (1943) notamment à Takrouna où, le 11 mai, il enlève un blockhaus à la grenade et vient en aide à une section voisine, abattant trois tireurs allemands et mettant les autres en fuite. Puis en Italie où il a débarqué en avril 44, avec la 1ère Division française libre. Le 5 juin, à la tête de ses hommes, Georges Delrieu tombe à Ponte Lucano, lors d'un corps à corps avec les Allemands. Il sera fait Compagnon de la Libération, le 20 novembre 1944.

*J’avais évoqué une première fois le destin de Georges Delrieu, dans ce blog, le 5 juin 2017
  Illustration : ©Ordre de la Libération.

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