Les chanceliers de François Broche


Il les a tous connus et c’est sa singularité. François Broche les a tous, un jour ou l’autre, côtoyés : Georges Thierry d’Argenlieu, François Ingold, Claude Hettier de Boislambert, Jean Simon, Alain de Boissieu, Pierre Messmer, François Jacob, Fred Moore. Ces hommes, jeunes alors, qui ont pour trait commun d’avoir « servi la patrie et remporté la victoire », comme la devise de l’ordre de la Libération l’expose pour l’éternité. D’avoir survécu aussi. Ces huit hommes ont également pour analogie d’avoir porté sur la poitrine, à gauche, la croix de la Libération. Et d’avoir été désignés à la tête de l’ordre (chancelier) alors qu’il y avait encore suffisamment de Compagnons de ce monde. Ajoutons ensuite que François Broche, fils lui-même d’un officier à l’origine du bataillon du Pacifique qui figure parmi les 1038 titulaires de la décoration (à titre posthume), connut évidemment les deux derniers chanceliers mais d’honneur, Daniel Cordier et Hubert Germain, l’ultime Compagnon.

Ses chanceliers
Alors François Broche, historien si précieux, a choisi de les raconter brièvement dans un ouvrage. Ainsi est né « Mes chanceliers » (éditions Glyphe). Un ouvrage simple, composé de souvenirs, d’échanges, de rencontres. Pertinent pour qui s’intéresse à ces hommes qui, très tôt et souvent individuellement, ont dit non au régime qui venait de s’établir. Ces chanceliers d’un ordre, qui, comme le président de la République l’a précisé le 23 juin dernier au Panthéon lors de l’entrée de Marc et Simonne Bloch, ont porté la mémoire de femmes et d’hommes au comportement extraordinaire, des jeunes « "sans attache" (qui) choisissent de rejoindre la France Libre pour y gagner le plus beau des titres de noblesse en République : Compagnon de la Libération ».
Tout cela s’est passé et François Broche, depuis si longtemps raconte cette période noire. On retrouve également dans cet ouvrage une partie de réponse à la question que beaucoup de spectateurs se sont posée en regardant la première partie du film « La bataille de Gaulle ». Après l’échec de Dakar, le chef de la France libre a-t-il réellement pensé au suicide ?

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