D’aventures en aventures, Guillaume Courty l’officier Légion devenu diplomate



Pour tenter d'en apprendre une once sur cet homme de 38 ans, il faut se rendre sur LinkedIn. Deux citations permettent d'avancer un peu. La première est de Spinoza : « Ne pas se moquer, ne pas se lamenter, ne pas se détester mais comprendre ». De quoi imaginer un garçon posé, réfléchi et rigoureux. La deuxième ajuste le portrait qui se dessine, celui d’un homme lucide : « L’injustice du monde doit beaucoup à l’incertitude de ces êtres flottants qui agissent comme des bouchons de liège, au gré des courants… ». L’auteur de ces mots est Hélie Denoix de Saint-Marc, dans « Les Sentinelles du soir ».

La Légion
Denoix de Saint-Marc, Erwan Bergot, et d’autres ont développé l’intérêt de Guillaume Courty pour la Légion étrangère. Si bien que le jeune francilien de 15 ans, issu d’une « famille peu acculturée à la chose militaire » pousse la porte d’un centre de recrutement pour s’engager chez les képis blancs. Il lui faudra attendre quelques années avant de les rejoindre. Ce sera, en 2012, au 1er REC, à Orange (Vaucluse) puis à Carpiagne (Bouches-du-Rhône) après sa scolarité à Saint-Cyr (promotion « Chef d’escadrons Francoville » 2008-2011) et l’école d’application à Saumur (2011-2012). Avec, auparavant, un passage de quelques mois dans l’Aude, au régiment école de l'institution, le 4e RE.

La DGSE
Des années effectuées « avec grand bonheur et épanouissement » écrit-il dans Le Casoar*, y racontant en 2024 son parcours. Avec toujours ce souhait de vivre des aventures nouvelles même « si se pose alors, immanquablement, en tout cas pour moi, la question de la fidélité » explique le trentenaire. La suite de sa jeune carrière s'inscrit en discrétion dans un autre univers, celui de la DGSE, « la boîte » comme elle est appelée en interne. Il doit alors nécessairement penser à celui dont la l
ecture des souvenirs l'avait, adolescent, impressionné. Le colonel Jean Sassi, un Jedburgh** dont ses « Carnets » publiés en 2011, racontent les guerres.

Les affaires étrangères

Et puis, Guillaume Courty prend une nouvelle décision, celle de servir la France de manière différente mais toujours afin de tenter de vivre « des expériences fortes et inconnues ». Il passe la porte du ministère de l’Europe et des affaires étrangères où le jeune homme est détaché (sous contrat), en 2018. Il explique : « accessoirement, l’idée de m’inspirer très humblement de l’exemple de Romain Gary ne me déplaisait pas ». Ce ne sera pas le consulat général de Los Angeles comme le Compagnon de la Libération, auteur de « La promesse de l’aube » mais le Centre de crise et de soutien du MEAE avec les dossiers « stabilisation » en Libye, politico-militaires en Irak et Syrie puis, au bout de deux ans, ceux du Sahel. Son expérience militaire lui est certainement utile.

Diplo
En 2021, grâce à la passerelle prévue par le code de la défense, voilà le capitaine intégré comme diplomate. Affecté au consulat général à Québec où il s’occupe de questions politiques et de coopération. Trois ans plus tard, retour en centrale, à Paris comme adjoint au sous-directeur Amérique du Nord. 
De ce parcours, l’ex-officier ayant servi à la Légion devenu « diplo » dit : « Ce n’était pas le plan initial. Mais, finalement, le but de la diplomatie est à certains égards identique à celui des armées : défendre les intérêts de la France… ».

*Revue des élèves et anciens élèves de Saint-Cyr
**Entre juin et septembre 1944, les équipes Jedburgh sont parachutées derrière les lignes ennemies afin de renforcer les liaisons avec la Résistance
Photo : Guillaume Courty lors d’une conférence à l’ENS Paris-Saclay en 2025 ©Public’ENS.

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