Face à l’impunité des colons israéliens en Cisjordanie, le courage des dirigeants européens recherché



Le sentiment qui domine face à la situation actuelle en Cisjordanie occupée est une honte profonde, doublée de désespérance et de colère. L’émotion n’est pas seulement ressentie par les observateurs internationaux, mais aussi par de nombreux Israéliens — à l'instar de l'ancien directeur du Mossad (2011-2015), Tamir Pardo — qui voient dans ces actes la négation même de leurs valeurs. Ce que l'on observe est une colonisation sauvage, dévastatrice, menée par des extrémistes qui bénéficient désormais d'une totale impunité.

La démocratie israélienne défigurée par l'ultra-violence
Ces colons se rendent armés dans les fermes palestiniennes pour terroriser les habitants et les spolier de leurs terres au nom d'un projet idéologique radical. Autrefois contenus par la police, ils sont aujourd'hui souvent escortés par l'armée pour commettre leurs forfaits. Cette stratégie de terreur vise explicitement à rendre la vie des Palestiniens insupportable pour les pousser à l'exil, ce que plusieurs observateurs et historiens qualifient désormais de « nettoyage ethnique ». En juin 2025, le quotidien israélien Haaretz 
décrivait dans un éditorial « les colons violents » comme des « barons de l’apartheid imposant un ordre parallèle en Cisjordanie ».

La spoliation devient une politique d'État ?

Les actes de violence se multiplient : des maisons et des mosquées sont incendiées, des infrastructures agricoles sont détruites et des familles entières sont séquestrées dans leurs propres demeures, privées d'eau et de nourriture. Le bilan humain est tragique : on dénombre 390 Palestiniens tués en moyenne par an en Cisjordanie depuis trois ans, avec des scènes d'horreur impliquant même des nourrissons. Cette ultra-violence est encouragée par des membres du gouvernement israélien d'extrême droite, tels qu'Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich, qui arment les colons et tiennent des discours déshumanisants. Ce gouvernement Netanyahou hypothèque mortellement l’avenir diplomatique du pays et place ainsi au ban du monde les « enfants d’Israël » pour des générations.

La justice aux abonnés absents
Face à cette situation, le système judiciaire israélien fait preuve d'une clémence systémique : en 2025, seulement 6,6 % des dossiers ouverts pour des crimes commis par des colons ont abouti à des mises en examen. Cette absence de volonté de rétablir l'ordre transforme l'État en complice tacite de ces exactions. Pourtant, cette situation est aussi le fruit du « silence étouffant » et de l'inaction des gouvernements occidentaux, qui disposent pourtant de leviers diplomatiques et économiques mais préfèrent détourner le regard.

Imposer un prix à l'exaction
La honte est là : dans la spoliation de terres, dans l'arbitraire de la force et dans cette indifférence qui permet à la haine de devenir une politique d'État.
Cette fuite en avant est-elle une réponse aux atrocités commises par le Hamas le 7 octobre 2023 ? Un terrorisme répondant à un autre ? En confondant volontairement tout ?
Pour préserver un espoir de coexistence, il est impératif que la communauté internationale et les sociétés civiles sortent de ce mutisme et imposent des sanctions réelles — comme la suspension du volet commercial de l'accord d'association avec l'UE — contre cette dérive qui condamne l'avenir de toute la région. Face à l'horreur, le rappel de l'histoire est inévitable : comment, comme le souligne Tamir Pardo en évoquant sa mère survivante de la Shoah, peut-on laisser de tels actes se produire au nom du peuple juif ? 

Photo : DR

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