Africa Corps, quelle valeur ajoutée ?


Le fiasco majeur de l’envahisseur russe en Ukraine n’est pas compensé, pour le Kremlin, par les succès de Wagner devenu majoritairement Africa Corps* dans les terres lointaines africaines. Ces mercenaires dont je me garderais bien de qualifier les chefs de « renards du désert », surnom donné au début des années 40 à Rommel qui commandait l’Afrika Corps nazi. Outre le nom, ces deux entités ont en commun les exactions.

Mali
Au Mali, Africa Corps a récemment subi un spectaculaire revers face aux indépendantistes touareg du Front de libération de l’Azawad (FLA) et des djihadistes du Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM) à Kidal, puis Tessalit, avant de se replier depuis Aguelhok. A Kidal, 400 membres de l’Africa Corps ont dû évacuer la ville sous escorte du FLA, ce qui constitue un fiasco militaire mais aussi politique majeur pour la junte malienne et son « partenaire », comme on a pris l’habitude à Bamako d’appeler les éléments russes.
Le temps passe mais les sicaires russes ne sont pas parvenus à maîtriser la situation sécuritaire face aux groupes armés terroristes (GAT), malgré 10 millions de dollars mensuels déboursés par le pouvoir malien. Bien que dotés de moyens importants (drones, artillerie). « Si l’on compare, Africa corps s’est révélé moins efficace au Mali que Wagner » constate un militaire français, ancien de Barkhane.

RCA
En Centrafrique, la situation est différente. Là, depuis 2023, les autorités russes essaient, sans succès, d’imposer au gouvernement local un passage de Wagner à Africa Corps (AC). Tentative qui se solde toujours par un refus. Vladimir Poutine a pourtant reçu, en mars dernier, Faustin-Archange Touadéra, le président de RCA. Un entretien auquel assistait l’amiral Kostyoukov (directeur du GRU/GU) et le général Averianov (directeur adjoint), chargé du développement de l’Africa Corps). « En s’autofinançant via l’exploitation minière -or, diamants- et des concessions commerciales, Wagner propose une offre sécuritaire "économique" au régime de Faustin-Archange Touadéra. À l’inverse, le déploiement de l’Africa Corps nécessite un financement estimé entre 4 et 15 millions de dollars par mois, un fardeau insoutenable pour le pays » explique un diplomate européen qui fut en poste à Bangui.
Dans la capitale centrafricaine, le site d’information CNC commentait ainsi, en mai dernier, les revers russes au Mali : « Ces "grands maîtres" de l’ordre nouveau, supposés être le rempart ultime contre le terrorisme, viennent d’offrir au monde un spectacle de sprint olympique dans le désert… » Aujourd’hui, plusieurs sources diplomatiques européennes évoquent des ambitions militaires russes au Nigéria.

*Africa Corps marque la reprise en main par l’Etat russe des activités que la SMP Wagner.
  Photo : mercenaires russes au Mali ©DR

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