La volte-face de Bamako
A Alger, la contrariété ne peut être qu’évidente. Le Mali a annoncé le 10 avril le retrait de sa reconnaissance à la République arabe sahraouie démocratique (RASD), accordée en 1984. Un camouflet pour l’Algérie, sponsor indéfectible du Front Polisario. Une décision annoncée à Bamako par le ministre des Affaires étrangères de la junte lors de la réception de son homologue marocain. De quoi emplir de joie Rabat. Une surprise ? Non, car l’édifice des relations algéro-malienne se fissurait dangereusement ces dernières années. Début 2024, les Maliens résiliaient l’accord de paix d’Alger, signé 9 ans auparavant et longtemps présenté « comme clé de voûte de la stabilité au Mali » explique un diplomate français, naguère en poste en Algérie. En 2025, deux incidents ont contribué à tendre encore plus les liens entre les deux pays. En avril, l’armée algérienne abattait un drone malien. En septembre, le Premier ministre malien, devant l’assemblée générale de l’ONU, accusait le gouvernement algérie...