8 mai, otage de l’actualité sociale ?

René Belin, ancien de la CGT, ministre du travail à Vichy, ©DR
                                                                                         

C’est la confusion des mémoires. Ce 8 mai, le président de la République, après la cérémonie de la victoire à l’Arc de Triomphe à Paris, va ensuite, à Lyon, rendre hommage à la Résistance et à Jean Moulin. "Rex" qui fut notamment ne l’oublions pas, avant d’être le représentant du général de Gaulle en France occupée, membre du cabinet de Pierre Cot, ministre de l'Air dans le gouvernement du Front populaire.

L’esprit de résistance, qui est au centre de journée a été détourné, en particulier, par la CGT qui a appelé, à Paris et à Lyon, à des manifestations d’opportunité contre la réforme des retraites. Le secrétaire général de Force Ouvrière a cru bon d’expliquer, prophétiquement, que « Jean Moulin n’aurait pas interdit des manifestations avec des bruits de casserole ». Il me semble ahurissant de tenter de comparer deux situations inassimilables. Où dans l’une ce sont des trimestres qui sont en jeu et dans l’autre c’était, possiblement, la mort pour défendre la liberté.

Avant d’interpréter l’histoire, de la confisquer, de s’en servir puis de la délaisser, rappelons aux oublieux, le rôle joué en 1940 par certains cadres cégétistes, qui se rallièrent à la Révolution nationale du maréchal Pétain. Ainsi René Belin, considéré un temps comme le « dauphin » de Léon Jouhaux, secrétaire général de la Confédération général du Travail (souvent et abusivement présenté comme « secrétaire général adjoint » de la centrale), qui fut ministre du Travail de Pierre Laval à partir du 14 juillet 1940 jusqu’en avril 42. Rejoint par certains cadres et militants anti-communistes de la CGT.

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