Les tentatives de pénétration ultramarines de Bakou

 

I. Aliyev, président de l'Azerbaïdjan depuis 2003

La signature a fait l’effet d’une forte « contrariété » diplomatique (supplémentaire) à Paris et causé un tohu-bohu à Nouméa.
Le 18 avril dernier, une élue indépendantiste au Congrès de Nouvelle-Calédonie, signait au nom du président de l’institution, un mémorandum de coopération avec le parlement d’un pays du Caucase. « C’est la quinzième accord de ce type que nous signons » justifie Roch Wamytan, le président indépendantiste du Congrès du territoire. Sauf que la signature a eu lieu à Bakou. Et que les relations entre la France, soutien de l’Arménie, et l’Azerbaïdjan sont exécrables.

Polémique en Nouvelle-Calédonie
Sur le « Caillou », cette signature a suscité une polémique immédiate. Les loyalistes (anti indépendantistes) ont demandé la nullité de ce mémorandum. Expliquant que, conformément à l’accord de Nouméa, le président du Congrès ne possède pas de compétences en matière de relations internationales en dehors de la zone Pacifique. Réponse du président du Congrès : « L’Azerbaïdjan, dans son discours de défense du droit international, est un levier afin de nous constituer un réseau à l'international. Nous sommes obligés de nous tourner vers des pays extérieurs pour appeler au secours ».
De son côté, le député calédonien Nicolas Metzdorf (anti indépendantiste), dans une lettre au ministre des affaires étrangères écrit que « Bakou s’aligne aux côtés de voix dissidentes de l’unité avec la nation française » et rappelle que l’Azerbaïdjan a organisé en juillet dernier « une table ronde avec des indépendantistes calédoniens, martiniquais et polynésiens ». Thème de celle-ci, précise le parlementaire « Méfaits de la politique de l’État colonial français ».

La réthorique agressive de Bakou

Dans ce contexte, rappelons qu’un citoyen français accusé d’espionnage par Bakou, est détenu en Azerbaïdjan depuis décembre 2023. Une détention jugée « arbitraire » par Paris. Celui-ci attend un hypothétique procès qui devait se dérouler le 11 avril mais qui a été reporté. Des diplomates français ont également été, ces derniers mois, expulsés. La réciprocité a été actionnée.
Ces antagonismes ont été aggravés par l’offensive de l’Azerbaïdjan sur le Haut-Karabakh menée en septembre dernier, qui a chassé les 120 000 Arméniens qui y vivaient.
Cette exacerbation des tensions par l’Azerbaïdjan, accusée de mener une campagne de désinformation contre la France à l’orée des Jeux olympiques, a connu un autre épisode calédonien. En décembre dernier, lors de la visite du ministre des armées Sébastien Lecornu, deux envoyées spéciales venues de Bakou étaient présentes. Des « journalistes » proches des services de renseignement. 
A l’heure où l’élue calédonienne et des membre du sénat coutumier entamaient leur visite, l’ambassadrice de France à Bakou était rappelée à Paris « pour consultations ».

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