Malick Diop : du campus de Bambey aux tranchées du Donetsk
En mars 2025, une vidéo virale bouleverse le Sénégal : on y découvre Malick Diop, un jeune homme de 25 ans originaire du village de Keur Mandoumbé (centre du pays), épuisé sous un treillis russe et interrogé par des soldats ukrainiens. Parti en Russie en 2023 pour poursuivre ses études de sciences politiques après son baccalauréat obtenu en 2020, il s'est vite retrouvé piégé dans un conflit meurtrier, bien loin de ses projets universitaires.
Du mirage de la cuisine à la réalité du front
Confronté à une précarité financière, Malick Diop cède en février 2025 aux promesses. On lui fait miroiter un poste de cuisinier militaire payé très confortablement et l'accès à la nationalité russe. Mais la réalité est brutale : après une formation militaire accélérée, le jeune homme est envoyé en première ligne. Capturé dès la mi-mars 2025, il lance dans une vidéo un cri du cœur tragique : « Les Russes ont ruiné ma vie [...]. Ils ne m'ont pas respecté, ils ne m'ont pas traité comme une personne ».
Un prisonnier oublié par le Kremlin
Dix-huit mois après sa capture, en août 2026, le jeune Sénégalais reste détenu en Ukraine. Alors que des milliers de soldats russes ont été libérés lors d'échanges, aucun prisonnier africain n'a encore pu en bénéficier. Moscou refuse de faire de son cas une priorité. Au moins 2 982 ressortissants africains ont été enrôlés dans l'armée russe, et l'Ukraine détiendrait actuellement 35 prisonniers issus de 17 pays du continent.
L'urgence d'une réaction de Dakar
Bien que le gouvernement sénégalais affirme suivre l'affaire « avec une attention particulière », les démarches piétinent. L'exemple récent du Ghana, qui a obtenu de Sergueï Lavrov, le ministre des affaires étrangères russe, un engagement à cesser le recrutement « illégal » de ses ressortissants après avoir enregistré de nombreuses pertes, prouve qu'un sursaut est possible. Malick Diop, une variable d'ajustement de l'armée russe...
Photo : capture d’écran
