Pédaler 4 000 km pour deux associations, le défi de Thomas Vannier
Etudiant en double diplôme HEC - Mines Paris, ce futur ingénieur natif d'Armentières (Nord) s’est lancé un défi inhabituel pour un jeune homme de 22 ans. Pédaler pendant 4 000 kilomètres en France pendant deux mois et demi au profit de deux associations : le Bleuet de France et Laurette Fugain. Thomas Vannier partira le 31 mai de Nice.
Pourquoi cette traversée solitaire et solidaire ?
Je fais partie d'une génération qui aime l'aventure. Le projet sportif est en quelque sorte une « quête de soi » par le dépassement de soi. Je crois qu'il est important, même à 22 ans, de savoir prendre le temps de profiter de la vie. Traverser la France à vélo, c'est découvrir des paysages fabuleux, rencontrer un peuple généreux, être subjugué par la singularité des cultures, traditions et terroirs locaux. Cette traversée ne pouvait qu'être solidaire. J'ai toujours eu soif d'engagement : je veux être utile à la société et aider, à mon humble échelle, les causes qui me tiennent à coeur. Ce projet sportif, bien qu'il soit personnel, est un cadre parfait pour porter cet engagement.
Pourquoi soutenir ainsi ces deux associations ?
J'ai souhaité rendre hommage à mes aïeux via ce projet. Avoir choisi l'Association Laurette Fugain, c'est rendre hommage à ma mamie, décédée d'une leucémie en 2020. Son histoire, comme celle de tous les malades atteint de cette maladie, doit être partagée, pour sensibiliser et mobiliser. Avoir choisi le Bleuet de France, c'est rendre hommage à mon arrière-grand-père, soldat au 44e RAC, qui a combattu lors de la Première Guerre mondiale, et dont la mémoire est toujours conservée par mon autre grand-mère, âgée de 99 ans.
Justement, pourquoi à 22 ans soutenir le Bleuet, c'est-à-dire la solidarité envers le monde combattant ?
Je crois profondément que la cause du Bleuet de France dépasse et doit dépasser les clivages. Il ne s'agit pas de politique. Il s'agit de montrer notre gratitude envers ceux qui se battent pour notre pays, pour notre République, et ses valeurs. Il s'agit de montrer à ceux qui voudraient attaquer notre République que nous faisons corps. Il s'agit également de participer, à notre échelle, à la transmission du travail de mémoire. Enfin, il s'agit de montrer que, si le Bleuet de France est une vieille association, elle n'a pas pris une ride en 100 ans, et elle est toujours dans l’actualité. De nombreux bénéficiaires du Bleuet ont mon âge, voire moins lorsqu'il s'agit de pupilles de la Nation. Cette association, c'est le passé, le présent et le futur.
Comment allez-vous récupérer ces dons ?
Presque tous les soirs, des évènements seront organisés par des associations locales (clubs de sport, notamment de rugby, mairies, comités des fêtes, amicales de sapeurs-pompiers...). Cela prend des formes très différentes, tantôt festives, tantôt « sérieuses ». A noter un concert à Blois, des visites de nombreux musées d'histoire de la Première Guerre mondiale ou encore un rassemblement de vieilles voitures dans les Alpes.
Vous partez sans assistance et en tirant une remorque ?
Exactement. Le défi physique sera intense car, en plus du poids du vélo (11kg environ), il faut compter le poids de la remorque (7kg) et de son chargement (13-15kg). Après tout, mon carburant, c'est la beauté du parcours qui m'attend, les rencontres qui égayeront ma journée, et mon engagement qui me rappellera à chaque instant de doute la raison profonde de mon périple.
Quel sera votre parcours ?
Je pars de Nice le 31 mai. Je traverse le massif alpin, jusque Annecy. Ensuite, j'embraye sur la traversée du Jura, puis des Vosges. J'effectuerai une étape marquante à Reims (4-5 juillet) puis je traverserai le Chemin des Dames (7 juillet). Ensuite, un passage par Lille, puis, cap à l'ouest, jusque Rennes (28 juillet). La route sera alors ouverte pour terminer, en beauté, longeant la Loire jusque Blois. Enfin, Chartres et sa cathédrale seront mon ultime étape avant Paris (17 août).
Vous dormez chez l'habitant. Ceux qui ont bien voulu vous accueillir ?
Exactement. J'ai déjà prévu les hébergements dans chaque ville-étape. Peu de place est laissé à l'improvisation, du fait de mon planning serré et exigeant. Je n'ai jamais rencontré de difficultés pour trouver un hébergement. Les réseaux sociaux et les tissus associatifs locaux ont été d'une grande aide pour trouver logis.
Combien de kilomètres parcourus quotidiennement ?
Environ 70, avec des étapes inégales (50 lorsque des pauses longues sont prévues pour visiter certains points d'intérêt, 110 pour les étapes de transition).
Lien de la cagnotte Bleuet de France :
https://cagnottes.bleuetdefrance.fr/fundraisers/thomas-vannier
Lien de la cagnotte Laurette Fugain :
Lien de la cagnotte Laurette Fugain :
Photo : ©ThomasVannier