Martin Ryan, otage de « l’eldorado de la liberté »
La justice azerbaïdjanaise vient de confirmer en appel la condamnation à dix ans de prison de Martin Ryan pour « espionnage ». Selon l'accusation, ce Français, qui vivait depuis quatre ans en Azerbaïdjan au moment de son arrestation en décembre 2023, aurait été recruté par des membres de la DGSE travaillant à l'ambassade de France à Bakou. Ces derniers ont, par la suite, été expulsés. Son complice présumé, Azad Mamedli, un citoyen azerbaïdjanais accusé pour sa part de « haute trahison », a quant à lui été condamné à douze ans d'emprisonnement.
L’Arménie
Ces accusations sont rejetées par Martin Ryan et par Paris, qui demande sa « libération sans délai ». Les relations franco-azerbaïdjanaises se sont rigidifiées depuis la reprise par Bakou, en septembre 2023, du territoire du Karabakh, alors à majorité arménienne, ce qui a provoqué le déplacement de plus de 100 000 habitants. Bakou reproche notamment à Paris son soutien à l'Arménie.
Le boomerang
Il y a quelques jours, le 13 juillet, répondant à une question d’un journaliste congolais lors de l’ouverture du Global Media Forum de Choucha, le président de la République d’Azerbaïdjan expliquait que « le boomerang est une arme très efficace. Il faut en tenir compte ». Il a ajouté : « je veux dire par là que ceux qui ont voulu attaquer l’Azerbaïdjan nous ont sous-estimés ». Ce « boomerang » supposé est le Groupe d’initiative de Bakou (BIG), créé par la présidence pour dénoncer le « colonialisme français dans ses Outre-mer », réclamant ainsi, à cor et à cri, l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie. Selon Ilham Aliyev : « pendant de nombreuses années, ces voix faibles qui dénonçaient les problèmes en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie, en Martinique et dans d’autres territoires ont été réduites au silence par une campagne coordonnée ».
L’eldorado
Au classement de Reporters sans frontières (RSF) sur la liberté de la presse, le pays dirigé par M. Aliyev occupe la 171e place sur 180. Ce qui ne l’empêche pas d’expliquer à qui veut l’entendre qu'« aujourd'hui, il est difficile de trouver un exemple comparable au degré d'unité qui règne au sein de la société azerbaïdjanaise ». Fermez le ban !
Image : Ilham Aliyev à
Choucha le 13 juillet ©Azertac.
