Alexander Zingman, l’ambassadeur de l’ombre de Minsk et de Moscou en Afrique



Alexander Zingman, homme d'affaires biélorusse de 59 ans, détenteur d’un passeport américain, s'est imposé en une décennie comme un intermédiaire clé dans une douzaine de pays africains. À la tête d'un réseau d'entreprises comme Aftrade DMCC (matériel agricole, basée à Dubaï) et Midlands Goldfields Foundation (or), il bénéficie d'un statut diplomatique sur mesure : il est consul honoraire du Zimbabwe en Biélorussie depuis 2018-2019. Nommé directement par le président Emmerson Mnangagwa, qui l'appelle amicalement « Alex », Zingman figurait dans la délégation zimbabwéenne à la COP29 à Bakou (Azerbaïdjan) en 2024, aux côtés de son associé de toujours, Oleg Vodchits. Son entregent s'étend aussi au Kenya, où il s'est introduit dans l'entourage du président William Ruto sous couvert de contrats de fourniture de tracteurs.

Entre diplomatie discrète, exploitation aurifère et soupçons de vente d'armement

Derrière ses activités officielles, Zingman apparaît régulièrement dans des dossiers sécuritaires et industriels sensibles. Au Togo, sa présence assidue auprès du président Faure Gnassingbé depuis 2024 a préparé le terrain logistique permettant au port de Lomé de devenir un nouveau corridor pour l'armement russe au Sahel en 2026. Ses affaires minières se déploient également en étroite collaboration avec le clan du pouvoir à Minsk : il a fondé Midlands Goldfields Foundation aux Seychelles avec Sergueï Sheiman, fils de l'ancien chef de l'administration présidentielle biélorusse Viktor Sheiman. Cette alliance lui a permis d'obtenir une participation majoritaire dans la coentreprise aurifère zimbabwéenne Zim GoldFields, entachée par des scandales environnementaux et des accidents mortels. Plus troublant encore, en mars 2021, Zingman a été arrêté et interrogé pendant douze jours en République démocratique du Congo au sujet de soupçons de trafic d'armes et de ses liens avec l'ancien président Joseph Kabila, avant d'être relâché sans de quelconques poursuites.

Au cœur d'opérations financières et géopolitiques occultes
Zingman est également soupçonné d'agir comme un facilitateur financier pour des transactions moins avouables. En octobre 2025, un quotdien d'Harare NewsDay publie un document confidentiel américain non authentifié dans lequel le biélorusse serait lié au transfert de 100 000 dollars via Aftrade DMCC pour financer un complot visant à assassiner le vice-président zimbabwéen. Il convient toutefois d'être prudent face à des allégations non confirmées.
Fin 2025, Alexander Zingman s'est impliqué dans la promotion du réseau de cryptomonnaie russo-africain A7 au Nigeria et à Madagascar. Au même moment, il proposait au président togolais de structurer l'évacuation de 1 000 tonnes de concentré d'uranium nigérien vers la Russie, un plan secret finalement bloqué sous la pression de la diplomatie française. Bien qu'un collectif de citoyens togolais ait adressé une pétition au Congrès américain en juin 2026 pour réclamer son arrestation, Zingman n'est visé par aucune sanction occidentale et continue, par la voix de son avocat, de nier tout rôle politique pour se présenter comme un simple homme d'affaires ou un consultant.

Photo : Alexander Zingman ©Memphis Bastripon/Wikimedia

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