Sortie aujourd’hui de "Chef de guerre" de Louis Saillans

 


Pourquoi écrire ? Lorsqu’on est un jeune trentenaire, que l’on est encore militaire d’active et que l’on ne naît pas écrivain, ni annaliste, ni chroniqueur. Pour Louis Saillans (pseudonyme) ce sont les circonstances et les influences. Il raconte : "Je ne suis pas issu d’une famille de militaires. Il y avait bien du côté de mon épouse, un arrière-grand-père dont on ne savait pas grand-chose. J’ai essayé de trouver des informations sur cet aïeul. J’y suis parvenu. Mon grand-père paternel avait également porté l’uniforme mais on n’en parlait jamais. J’ai fait également des recherches…" Là, il manquait beaucoup d’informations et le jeune homme comme il le dit, a fait choux-blanc. Le lien avec l’écriture est né d’une conversation avec son épouse, lorsqu’ils tirèrent le bilan de ces recherches. " Il ne faut pas que cela arrive pour nos enfants et notre descendance…" Alors le lieutenant de vaisseau a commencé à prendre des notes. Sa vie militaire, qui ne se terminera que dans un an, est foisonnante et périlleuse. Après un début déroutant puisque Louis Saillans, élève officier dans l’armée de l’air choisit les commandos Marine avec pour préalable de réussir l’intraitable formation. Il servira dans deux des cinq : Trepel et Jaubert. C’est justement cette trajectoire et certaines de ces missions qu’il raconte dans Chef de guerre (Mareuil) qui sort aujourd’hui. Evidemment, aucun lieu, aucun nom précis, dans ce livre. Habilement il décrit, brosse l’univers des opérateurs contemporains (ces dix dernières années), lors d’opérations qui se déroulent certainement (en majorité) dans la bande sahélo-saharienne. Parfois, le lecteur a le sentiment de se trouver à proximité du narrateur, témoin de l’action menée par les forces spéciales. Ce livre a un immense avantage, il donne de l’épaisseur à toutes ces informations qui défilent en permanence devant nos yeux sur les réseaux sociaux. Et puis, Louis Saillans répond à cette exigence dans les façons de nommer dont je déplore si souvent l’absence. Un combattant ennemi (qu’il respecte) n’est pas "neutralisé", il est "tué". L’officier écrivain est précis dans son écriture, comme il a appris à l’être dans ce métier qu’il va abandonner. Après une vie hors norme, que fera-t-il dans le civil ? "Je souhaite, mener une réflexion plus large sur l’engagement... " Il n’en dira pas plus. Déformation professionnelle, sans doute !

Chef de guerre, Mareuil éditions, 19,90 €.

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