Les éditorialistes et le Livre blanc

Patrice Chabanet, Journal de la Haute-Marne :
" Le Livre blanc de la Défense sacrifie-t-il nos armées ? C'est mieux que si cela avait été pire, répondraient les humoristes. Il est clair que la réduction des dépenses publiques touche tous les secteurs. La Défense ne pouvait donc pas y échapper. Cela veut dire des réductions d'effectifs, des programmes d'équipement revus à la baisse. Le rabot budgétaire ne devrait épargner que notre force de frappe nucléaire. Sans doute la tentation de Bercy était-elle de serrer un peu plus la vis. Mais l'intervention française au Mali a servi de bouclier financier à nos militaires. La réussite de l'opération - en dépit d'une nouvelle perte hier matin - a montré la nécessité de disposer d'un outil de projection fiable et rapide, et donc d'avoir les moyens de le pérenniser. A force de raboter, ici ou là, on finit par toucher l'os."

Dominique GARRAUD, La Charente Libre :
"...Face à des armées souffrant du complexe de la "variable d'ajustement", François Hollande a choisi une voie réaliste qui maintient la France dans un statut militaire de "nation cadre" essentiel pour sa diplomatie et la promotion de ses valeurs. Une singularité partagée avec la seule Grande-Bretagne dans une Europe moins que jamais volontariste pour traduire dans les faits une politique commune de défense et de sécurité qui n'a jamais dépassé le stade des symboles".

Patrick LOUIS, La Dépêche du midi :
"...Comment, au nom de quoi, ce secteur particulier pourrait-il échapper au traitement décidé par le gouvernement dans sa longue quête vers un équilibre nouveau.Il faut rappeler que Nicolas Sarkozy avait pris la décision, lors de son mandat, de supprimer 54 000 emplois. Il en reste aujourd'hui 10 000 dont la réalisation est en cours. Le document propose un nouveau recul de 24 000 postes. Notre armée ne va pas être frappée pour autant par «l'apocalypse budgétaire», par le «tsunami» annoncés bien avant la publication des travaux".

Jacques CAMUS, La Montagne :
"...Le Livre blanc de la Défense qui lui a été remis hier s'inscrit dans cette volonté de concilier rigueur budgétaire et « compétitivité » de notre outil de défense. Cela ne se fera pas sans douleur, avec 24.000 suppressions de poste d'ici 2019 s'ajoutant aux 54.000 victimes de la période 2008-2015. Autrement dit, la « piétaille » fera les frais des investissements dans les matériels et les technologies de pointe.
Sera-ce suffisant pour faire face aux nouvelles menaces nées des évolutions géopolitiques ? La réduction constante des budgets de défense (sauf aux USA) est-elle compatible avec l'état du monde ?"

Raymond COURAUD, l'Alsace :
"Waterloo 1815, Sedan 1940, Dien Bien Phu 1954… Bercy 2013 ! L’histoire de l’armée française est sur le point de s’enrichir d‘une nouvelle défaite. L’ennemi n’a rien à voir avec les « féroces soldats » dont il est question dans la « Marseillaise ». Ce sont les technocrates du ministère de l’Économie qui nous préparent un désastre sans précédent. Il y a peu, la présidente socialiste de la commission de la Défense nationale, à l’Assemblée, affirmait que « Bercy veut tuer le ministère de la Défense".

Dominique QUINIO, La Croix :
"...Chaque pays européen vit le même scénario de restrictions. Nécessité faisant loi, ne serait-il pas temps de construire une défense européenne, en mutualisant les moyens et les compétences? Si le continent veut exercer une responsabilité sur la marche du monde, il n'est pas raisonnable de ne compter que sur la Grande-Bretagne et la France, elles-mêmes obligées de s'appuyer sur des soutiens technologiques américains".

Posts les plus consultés de ce blog

Nickel «  La métallurgie calédonienne est au bord du précipice » estime Alain Jeannin

Les futurs chefs de corps de la Légion

Pour Benjamin Massieu « Kieffer a ouvert une nouvelle page » le 6 juin 1944