Niger, les hommages sélectifs de la junte
Trois militaires de la Garde présidentielle, morts en fin de semaine dernière lors de la tentative de coup d'État au Niger, viennent de recevoir un hommage national à Niamey. C’était il y a 48 heures, sur la base militaire 101 de la capitale, en présence du Premier ministre, du ministre de la Défense et du chef d’état-major des Armées. À l’issue de ces obsèques officielles, les trois militaires ont été nommés au grade supérieur et décorés à titre posthume, avant d’être inhumés au carré des martyrs de la base.
Deux poids, deux mesures
Ce déploiement contraste avec le traitement réservé aux quelque 1 500 soldats tombés en deux ans au front contre les groupes armés terroristes et qui, eux, n’ont droit qu’au silence. Entre juillet 2023 et juillet 2025, ce sont, en effet, 1 480 membres des forces de sécurité qui ont perdu la vie. Des attaques sanglantes, comme celles de Banibangou (34 morts), d'Eknewane (58 morts) ou de Téra (près de 100 morts), restent privées de bilans officiels consolidés et font parfois l'objet de démentis par le pouvoir. Cette hiérarchie des morts démontre, aux yeux de nombreux Nigériens, militaires comme civils, que la sécurité du régime passe avant celle de la nation.
Illustration ; copie d’écran ©Aconews.net
