Michel Rocard
Il ne saura pas, dans les prochains mois, quel avenir se choisiront les Calédoniens. Car il restait très attentif à ce devenir. Acceptant de participer aux colloques concernant l'avenir institutionnel du territoire, jamais avare de confidences sur les coulisses de l'accord de Matignon, en juin 1988. Qui mettait fin à des années de guerre civile. Que l'on nommait alors avec pudeur "événements". L'événement résida dans la construction politique imaginée par le Premier ministre Michel Rocard après la prise d'otages d'Ouvéa (22 avril-5 mai 1988, 6 militaires, 19 indépendantistes tués). Une mission du dialogue savamment construite, puis des négociations qui se terminèrent par une nuit à Matignon, au cours de laquelle le chef du gouvernement sut hausser le ton pour parvenir à la poignée de mains entre le leader anti-indépendantiste, Jacques Lafleur et Jean-Marie Tjibaou, le responsable du Front de libération national kanak et socialiste (FLNKS). Ce dimanche ...