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Le recrutement d’enfants soldats par Téhéran

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Le 29 mars dernier, Alizera Jafari, 11 ans, était tué par une frappe de drone* à un poste de contrôle à Téhéran. Il était alors en compagnie de son père,  bassidji  du Corps des gardiens de la révolutions islamique (CGRI). La mère de l’enfant a déclaré au journal  Hamshari  que son mari avait évoqué «  une pénurie de personnel  » et qu’il était donc parti avec Alizera et son frère, âgé de 9 ans. Lui expliquant que le plus grand des deux devait «  se préparer pour les jours à venir  ». Enfants armés Amnesty international  explique avoir vu des photos ou des vidéos montrant des enfants «  maniant des armes comme des AK47, ou se tenant aux côtés de membres du CGRI ou d’autres forces à des postes de contrôle, pendant des patrouilles ou des rassemblements militarisés organisés par l’Etat à Téhéran, Meched et Kermânchâh.  » L’ONG rappelle que l’article 93 des statuts et règlements du corps des gardiens de la révolution autorise les enfant...

Domol Leydi, le signe d’une insécurité qui inonde la Niger

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Le 27 mars dernier le conseil des ministres nigérien adoptait un projet d’ordonnance instituant des organisations territoriales d'auto-défense. Celles-ci dénommées « Domol Leydi »,  «  sont des auxiliaires des Forces de Défense et de Sécurité, sont chargées plus précisément de missions de sensibilisation, de renseignement et d'auto-défense de leurs terroirs respectifs » lit-on dans le compte-rendu du conseil. Le texte précise également que les personnels de cette structure sont issus des Forces de défense et de sécurité « r essortissants des terroirs concernés ou parmi les habitants de ces terroirs ». Une décision qui avalise une situation existante, ces milices locales de protection existent déjà mais seront armées, formées par les FDS. Les risques Cette décision « confirme si besoin était, une situation extrêmement inquiétante , note un ancien de l’ex-ministère de la Coopération. La junte Tiani n’arrive pas à contenir une menace qui ne cesse de s’étendre ». Notamment, ver...

Un ami hongrois

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L’autrice Huguette Pérol a écrit, en 2011, ce roman Un ami hongrois publié chez l’Harmattan. Vladimir Poutine a lui aussi un ami hongrois, Viktor Orban qu’il espère sûrement voir remporter les élections législatives, le 12 avril. Mais celui-ci ne semble guère en position favorable, si l’on en croit les sondages. Orban est un peu le « petit rapporteur » des réunions de l’Union Européenne, dont son pays est membre depuis 2004. Mais aussi un agent d’influence au profit de Moscou. La machine hongroise au service de la Russie L’illibéral et nationaliste premier ministre hongrois a mis son gouvernement au service du Kremlin. Ainsi d’après  The Insider  *«  une ligne directe entre le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, et son homologue russe, Sergueï Lavrov, a permis à Moscou d'obtenir des informations stratégiques sur des questions cruciales pour l'UE  ». Deux ministres qui méprisent ouvertement l’UE. «  Szijjártó faisant également pression p...

Iran, les exécutions se succèdent

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Ces hommes dont vous voyez le visage ci-dessous s’appellent Akbar Daneshvar Kar (58 ans), Mohammad Taghavi (59 ans), Babak Alipour (34 ans) et Pouya Ghobadi (33 ans). Ils ont été exécutés respectivement, lundi et mardi a annoncé le pouvoir judiciaire iranien. Ces quatre hommes, membres de l'organisation des Moudjahidine du peuple iranien (OMPI) étaient accusés de « baghi » c’est-à-dire de rébellion armée contre l’État.  Hommage leur a été rendu, hier soir, à Paris à l’occasion d’une table ronde organisée par le Comité de Soutien aux Droits de l’Homme en Iran (CSDHI) « Iran, Transition vers la démocratie ou embrasement et destruction ? » Structure répressive intacte Le témoignage sonore d’une habitante de Téhéran a été diffusé à cette occasion, celle-ci expliquant que « la vie quotidienne aujourd’hui disparaît, elle n’est que survie ». Alors que « le rationnement a été instauré » cette jeune femme, dont la voix a été modifiée pour des raisons de sécurité, a expliqué qu’elle était « ...

Fabrice Clée, le témoin engagé

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Le colonel Clée (er) appelé du contingent en 1988 dans l’armée de Terre, a servi dans les troupes aéroportées et la cavalerie légère blindée, puis dans la composante du génie combat au sein de la Légion étrangère. Précisons qu’il s’agit de Fabrice et non Jérôme son frère, ancien chef de corps du 1er RE. Aujourd’hui cadre dirigeant au sein d’un grand groupe de transport, Fabrice Clée vient d’écrire un très intéressant essai dans lequel il s’adresse, un an avant la présidentielle, aux futurs candidats. Plus généralement, il interpelle « ceux qui sollicitent nos voix ». Face aux menaces, à la proximité de la guerre, il résume dans Candidats engagez-vous (Editions Le lys bleu) les questions « que chaque Français est en droit de poser à ses futurs élus sur les enjeux de la défense ». Entretien. A l'instar du général Mandon au congrès des maires de France en novembre dernier et face au maelstrom international, faut-il envisager dans un avenir proche un « risque de perdre ses enfants, ...

« Les rayons et les ombres » de Jean et Corinne Luchaire

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Nombre d’hommes politiques populistes, dont le parcours est passé du blanc au noir sur le pavé mosaïque de la politique considèrent aujourd’hui leur gouvernance comme celle des « Nouveaux Temps ». Cela vaut pour tous les potentats et autres étrangleurs et présidents acteurs du déséquilibre du monde. Ce titre est aussi celui d’un quotidien de l’Occupation, dirigé par Jean Luchaire, père d’une jeune actrice, Corinne. C’est leur destin que raconte le réalisateur Xavier Giannoli dans  Les rayons et les ombres  (voir post du 27 octobre 2025), film sorti le 18 mars. Luchaire, soutien du Front Populaire Les Nouveaux Temps , journal du soir, né de la défaite de 1940, désignent la Révolution nationale du maréchal Pétain, version parisienne, plus proche d’un collaborationnisme à vif. Et d’une proximité asservissante avec l’ambassade d’Allemagne. Son directeur est Jean Luchaire, radical dans les années 30, qui fonde alors, avec d’autres,  Notre Temps,  journal auquel colla...

Le Sahel épicentre du terrorisme, un revers pour la Russie

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C’est une tragique réalité, le Sahel concentre aujourd’hui près de la moitié des morts liés au terrorisme dans le monde. En 2024, plus de 7 500 décès y ont été enregistrés dont 51% dans la seule bande sahélienne. En 2025, la tendance se confirme : sur 5 582 morts, près d’un sur deux se situe dans la région. Ce constat est établi par  Global Terrorism Index  qui, chaque année, mesure l’impact du terrorisme dans 163 pays (voir également post du 16 mai 2025). La gageure de l’AES Les pays de l’Alliance des Etats du Sahel (Burkina Faso, Mali, Niger) figurent dans le top 5 des pays les plus touchés. Il y a moins de vingt ans, ils ne représentaient qu’1% des morts liés aux actes terroristes. «  La région est devenue une sorte de cœur battant de la violence djihadiste mondiale  » commente un ancien diplomate, familier de cette région. A noter que le Bénin progresse dans ce classement, passant de la 26e à la 19e place. La stratégie russe inefficace Le pari de ces trois capita...