vendredi 24 mai 2024

Les mercenaires turcs du Niger

 


Depuis près d’un an, Sadat, société militaire privée turque y a déployé un millier de mercenaires afin de protéger les intérêts d’Ankara, notamment des mines en zone sahélienne. Cette situation confirme que la junte au pouvoir à Niamey, qui a validé l’arrivée d’hommes de l’Africa Corps* russe début avril, ne parvient pas à répondre efficacement face à la situation sécuritaire. Et l’oblige donc à revoir à la baisse ses ambitions en matière de souveraineté.

Sadat

La plupart des mercenaires recrutés sur des contrats courts, sont syriens. Cette SMP est comme considérée un outil au service de la politique étrangère du régime Erdogan mais aussi de l’islam. Sadat qui tire son nom du titre honorifique désignant les descendants du prophète Mahomet, a été créée par Adnan Tanriverdi, un ancien chef du département de guerre spéciale de l'état-major général turc. Et un proche du « Reis » du Bosphore.

*Voir post du 15 avril 2024

jeudi 23 mai 2024

GIGN et Calédonie, une longue et lourde histoire

Des renforts du GIGN ont été envoyés en Nouvelle-Calédonie ces derniers jours. La relation entre l'unité et le territoire est "une longue histoire" liée aux soubresauts du Caillou. "Marquée par des morts et des blessés" comme l'explique le journaliste Pierre-Marie Giraud, auteur du GIGN par ceux qui l'ont commandé paru aux éditions Mareuil, à l'occasion des 50 ans de sa création.


Quel GIGN se retrouve à nouveau en Nouvelle-Calédonie face à ces émeutes ?
Actuellement, une centaine de gendarmes du GIGN sont présents sur le Caillou. Il y a une quarantaine de gendarmes de l’antenne GIGN de Nouméa, installée en permanence sur l’île. Une soixantaine sont venus en renfort au début des émeutes, le 14 mai. Ils appartiennent au GIGN central de Satory et à des antennes de métropole et d’outre-mer. Lors de l’opération sur l’île d’Ouvéa en avril et mai 1988 pour libérer la vingtaine de gendarmes retenus dans la grotte de Gossanah, dans le nord de l’île, il y avait eu une soixantaine de gendarmes d’élite, tous venus de métropole : 30 du GIGN et 30 de l’escadron parachutiste de la gendarmerie nationale (EPIGN). L’EPIGN sera intégré dans le GIGN, lors de la réforme de 2007. A titre de comparaison, le GIGN de 1988 comptait au total 85 hommes. En 2024, il y a un millier d’hommes et de femmes au GIGN, répartis entre le GIGN central et les sept antennes de métropole et les sept d’outre-mer.

Quelles sont ses missions aujourd’hui en Nouvelle-Calédonie?
Elles correspondent aux trois missions de base du groupe : intervention, acquisition du renseignement, protection. Ainsi des membres de l’unité participent à des missions d’exfiltration de gendarmes et de policiers isolés par les barrages et menacés par les violences. D’autres planquent très discrètement au plus près des émeutes pour repérer les auteurs de violences et permettre leur arrestation. D’autres enfin escortent les autorités administratives et judiciaires lors de leurs déplacements.

GIGN et Nouvelle-Calédonie, c’est une lourde histoire ?

Oui c’est, en effet, une longue histoire marquée par des morts et des blessés. Le 11 janvier 1985, Eloi Machoro et Marcel Nonnaro, deux militants du FLNKS, sont mortellement blessés par des tirs de neutralisation du GIGN, lors de l’occupation d’un ferme d’un caldoche à La Foa, à une centaine de km au nord-ouest de Nouméa. Le 22 avril avril 1988, quatre gendarmes sont tués par un commando du FLNKS sur le site de la brigade de Fayoué. Parmi les quatre morts, figure le major Georges Moulié de l’escadron de gendarmerie mobile EGM 24/6 d’Antibes, père d’Eric Moulié affecté alors au GIGN à Satory. Deux semaines plus tard, le 5 mai, dix-neuf indépendantistes du FLNKS seront tués lors de l’opération Victor, dans la grotte de Gossanah où étaient détenus en otages une vingtaine de gendarmes. Lors de l’assaut, menés par des forces spéciales (11e Choc de la DGSE et commando Hubert) et par le GIGN, deux membres des forces spéciales avaient été tués. Le lieutenant Laurent Timothée avait été très grièvement blessé à la tête par une balle de 7,65 mm et un sous-officier, également du GIGN, Jean-Marie Grivel avait été blessé d’une balle dans l’épaule.

L’opération Victor menée à Ouvéa pour libérer les otages reste-t-elle l'une des grandes interventions de l'unité ?
Parmi les milliers d’opérations du GIGN, depuis sa création en 1974, quatre opérations d’envergure ont particulièrement marqué l’histoire de l’unité. En février 1976, neuf gendarmes du GIGN, envoyés à Djibouti lors de prise d’otages d’une trentaine d’enfants de militaires français à bord d’un ramassage de bus scolaire, avaient libéré les enfants. Ils avaient tué cinq preneurs d’otages en même temps grâce à la mise en oeuvre - unique jusqu’à présent - du tir simultané, inventé par Christian Prouteau, créateur de l’unité. En mai 1988, s’était déroulée l’opération Victor sur l’île d’Ouvéa avec la participation du GIGN commandé par Philippe Legorjus. Le 26 décembre 1994 sur l’aéroport de Marignane (Bouches-du-Rhône), le GIGN emmené par Denis Favier, libérait les 173 otages de l’Airbus d’Air France et tuait les quatre membres d’un commando du Groupe islamique armé. Cette opération reste à ce jour la plus importante libération d’otages réalisée à bord d’un avion. Enfin, le 9 janvier 2015, le GIGN neutralisaient à Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne) les deux frères Kouachi, qui avaient tué deux jours plus tôt une dizaine de personnes dans les locaux du journal Charlie Hebdo.

Le GIGN fête cette année son 50e anniversaire. Quel bilan peut-on dresser?

Au fil des années, le GIGN est devenu la plus grande unité d’intervention d’Europe, respectée par ses pairs dans le monde entier. Formée de 18 hommes à sa création en mars 1978 et commandée par un lieutenant, Christian Prouteau, l’unité compte aujourd’hui un millier de gendarmes, commandés par un général de division, Ghislain Réty. Tout au long de ces 50 années, le GIGN a su garder précieusement ses valeurs : sélection impitoyable, formation très exigeante, amélioration permanente de ses capacités techniques, innovation. Tout en n’oubliant pas sa devise « S’engager pour la vie ». En 2023, le GIGN a réalisé en moyenne huit missions (Intervention, protection, acquisition du renseignement) chaque jour, interpellé un forcené par semaine et 865 autres personnes. Sans compter dix interceptions de go fast. L’unité travaille simultanément sur onze "théâtres" tout au long de l’année.

Le GIGN est l’une des trois unités d’intervention du ministère de l’Intérieur ?

Effectivement. Ces unités d’intervention sont placées sous l’autorité du ministère de l’Intérieur : la brigade de recherches et d’intervention de la préfecture de police de Paris (350 hommes) pour la capitale et les trois départements de la Petite couronne; le Raid (Recherche assistance intervention, dissuasion (400) dans le reste de la zone police en métropole et outre-mer; le GIGN en zone gendarmerie en métropole et outre-mer. Depuis avril 2016, les trois unités peuvent intervenir en dehors de leurs zones, sous l’égide de l’unité de coordination des forces d’intervention (Ucofi).

Le GIGN par ceux qui l’ont commandé, Pierre-Marie Giraud, Mareuil Editions

mercredi 22 mai 2024

Mali, les ambitions du colonel Goïta

 

@Présidence de la République du Mali

A Bamako, le président du Comité national pour le salut du peuple, le colonel Assimi Goïta nourrit de grandes ambitions pour ses amis putschistes et lui-même. A savoir, présenter sa candidature à l’élection présidentielle, allonger la période de transition en la portant de 2 à 5 ans et… promouvoir au grade de général les colonels à la tête de la junte.
Résumé aisé de ce programme de gouvernement : rester au pouvoir afin d’améliorer sa situation personnelle. Commentaire d’Ismaël Sack, président du Parti Social-Démocrate Africain (PSDA), « la junte veut se maintenir au pouvoir par un régime militaire dictatorial ».

Situation sécuritaire

Sur le terrain, les forces de défense et de sécurité et les mercenaires de Wagner continuent de commettre des exactions contre la population civile. Ainsi le 2 mai, les Forces armées maliennes (FAMa) et leurs alliés russes ont exécuté 13 civils dans le village de Niamana, dans le centre du pays.

Départ de l’EUTM

Le 8 mai, après 11 ans de présence, l’Union européenne (UE) a décidé de mettre fin à sa mission de formation militaire vu « l’évolution de la situation politique et sécuritaire ». Face au développement de la menace terroriste, l’EUTM entraînait et conseillait les forces de défense et de sécurité (FDS) locales. L’UE avait suspendu ses formations dès 2022 à la suite du massacre de Moura, dans lequel près de 500 civils avaient été tués par l’armée malienne et les mercenaires Wagner.

mardi 21 mai 2024

Les émeutes calédoniennes ont armé les discours opportunistes


@DR

A l’heure où à Nouméa un membre du gouvernement de Nouvelle-Calédonie (indépendantiste) lançait un vibrant appel au calme « La paix n’est pas une option, c’est un devoir ! », des élus métropolitains, députés pour la plupart, jouaient sur X (ex-Twitter) au spin doctor ou au cracheur de mots incendiaires. Alors que face aux émeutes, quelle que soit l’opinion de chacun, ce sont des hommes et femmes de bonne volonté dont on a besoin. Afin que le Caillou soit « Terre de parole, terre de partage » comme l’affirme sa devise.

Colonialisme

Sandrine Rousseau, députée de Paris (EELV) appelait à « trouver la voie de la décolonisation ». Thomas Porte, député de Saint-Saint-Denis (LFI) écrivait que le gouvernement « tente de nier les ravages de la colonisation (…) et se comporte dans la pire tradition coloniale ». Elu du même département, Bastien Lachaud qui siège dans le même groupe politique, condamnait le recours à l’armée pour protéger des sites : « Une caractéristique des régimes autoritaires. L’armée n’est pas formée pour maintenir l’ordre. Elle défend la nation contre ses ennemis. Pas contre des Français et encore contre un peuple colonisé. Naufrage colonialiste ». Pour sa part, Antoine Léaument député de l’Essonne (LFI) visant le gouvernement, parlait d’ « apprentis sorciers de l’autoritarisme » et Danièle Obono, députée de Paris (LFI) avançait un jugement définitif : « Macron est un irresponsable ».Mme Obono et M. Lachaud se sont récemment rendus dans l’archipel.

Vision caricaturale

Comment l’exprimait ces dernières heures sur Facebook, Christian Belhôte, magistrat honoraire, qui connaît le territoire et ses arcanes « Les commentateurs de la crise calédonienne sont prompts à désigner les coupables : le président de la République (qui se rend ce mardi soir sur le terrain), le ministre de l’Intérieur ou le précédent ministre des outre-mer. N’est-ce pas un peu court comme explication ? ». Ou dit par Patrick Roger, qui longtemps au Monde a suivi les méandres de l’outre-mer, « La mise en accusation d’une France coloniale en Nouvelle-Calédonie est caricaturale »*. Il n’est donc pas inutile de rappeler que les indépendantistes dirigent deux provinces sur trois (Nord et Loyauté), le Congrès du territoire et le gouvernement. Et que l’archipel bénéficie d’une large autonomie. Enfin, précision qui n’est pas inutile, Paris injecte 1,5 milliard € annuellement dans cette collectivité d’outre-mer à statut particulier.

* Patrick Roger, Nouvelle-Calédonie, la tragédie, Cerf, sortie le 23 mai.

lundi 20 mai 2024

Nouvelle-Calédonie, des départs inévitables

 

 @DR
Parmi les multiples conséquences des émeutes en cours, se profile le départ de Calédoniens du territoire. « Entre 5 000 et 20.000 » estime un solide connaisseur du dossier. Et de poursuivre. « Ce que l’on ne dit pas assez, c’est que ce qui se passe aujourd’hui sur le Caillou a pour finalité de pousser au départ de milliers d’hommes et de femmes ».

Déficit migratoire
Si ce pronostic se vérifie, il ne fera que renforcer une tendance amorcée ces dernières années. En effet, selon l’Institut de la statistique et des études économiques de Nouvelle-Calédonie (ISEE), un fléchissement démographique fort a été constaté entre 2014 et 2019 où 27 600 personnes qui y vivaient ont quitté l’archipel. S’ils concernent des personnes qui ne sont pas nées en Calédonie et des jeunes gens partis faire leurs études en métropole (3 calédoniens sur 10 ont moins de 20 ans), les départs sont deux fois plus nombreux que lors des cinq années précédentes. En revanche, 17 300 sont arrivées ; elles étaient 22 400 entre 2009 et 2014. Le solde migratoire est donc déficitaire, soit 2 000 départs nets par an. Parmi eux, des électeurs (trices) aux élections territoriales.

samedi 18 mai 2024

Général Tony Maffeis, directeur de la STAT : « Notre finalité est opérationnelle et son point d’application est le soldat »

Au sein des armées, la Section technique de l’armée de terre est une unité spécifique, héritière du Comité d’artillerie créé en 1795. Elle est, particulièrement, chargée de veiller à la mise à disposition de matériels et d’équipements destinés aux besoins opérationnels des forces aéro-terrestres. « C’est une mission qui s’inscrit dans le temps long » précise son directeur, le général Tony Maffeis qui fut entre 2011 et 2013 chef de corps de la 13e DBLE.



- Vous aimez évoquer la "profondeur historique" de la STAT. Pourquoi ?

Comme dans toutes les autres unités de l’armée de Terre, l’esprit de corps est nécessaire à la cohésion et au développement du sentiment d’appartenance de son personnel. Cet esprit de corps se construit souvent autour de racines historiques fortes, ancrées dans les esprits.
Par ailleurs, il est important que les partenaires de la STAT comprennent que ce n’est pas une unité récente mais qu’elle s’inscrit dans une histoire pluriséculaire (ce qui n’est pas toujours le cas) et particulièrement riche au service des équipements de l’armée de Terre. Elle n’a certes pas de faits d’armes à son actif comme beaucoup de régiments de l’armée de Terre peuvent en compter dans les plis de leurs drapeaux et étendards, mais elle n’en mérite pas moins de respect eu égard aux services rendus et qu’elle continue de rendre chaque jour à l’armée de Terre.

- Votre raison d'être, c'est apporter "le meilleur pour le soldat" ?

Les opérations d’armement s’inscrivent souvent dans le temps long (plusieurs années). Il peut alors être facile de perdre la finalité de notre mission. Il est donc important de toujours garder à l’esprit que l’objectif de la STAT est de faire en sorte qu’in fine le soldat reçoive le meilleur équipement. Pour cela un ancien directeur rappelait inlassablement que chaque jour la bonne question à se poser est « qu’as-tu fait aujourd’hui pour tes camarades en opération ? ». La finalité de la Section est bien opérationnelle et son point d’application est le soldat.

Evaluation d'un ensemble parachutage

- Vous conduisez des opérations d'armement. Cela englobe quoi ?
Une opérations d’armement vise à fournir un ou des équipements aux forces pour répondre à un besoin. La STAT conduit au profit de l’armée de Terre environ 400 opérations d’armement, en liaison avec la direction générale de l’armement et les différents services de soutien et de maintien en condition opérationnelle.
Une opération d’armement se décompose en plusieurs étapes. C’est d’abord exprimer un besoin détaillé pour répondre à une ou plusieurs situations opérationnelles. Puis, lorsque les contrats ont été notifiés aux industriels retenus par la DGA, il s’agit de les accompagner dans le développement de la solution. C’est le rôle des officiers de programme. Ensuite, lorsque l’industriel a livré son prototype ou son tout premier équipement de série à la STAT, les équipes de marque entrent en action pour conduire les évaluations dans les conditions les plus proches possibles de l’emploi opérationnel et ainsi s’assurer que l’équipement produit répond au besoin exprimé. Enfin, lorsque ces étapes sont réalisées, nous proposons au chef d’état-major de l’armée de Terre l’adoption ou l’autorisation d’emploi de l’équipement ce qui permet sa livraison et son appropriation par les unités. L’équipement va rester en service parfois plusieurs décennies avant la phase ultime de retrait de service (exemple, le pistolet PA MAC 50 est entré en service en 1950, il est progressivement retiré au profit du Glock).

- Donc à la recherche permanente de l'innovation ?

La captation de l’innovation est effectivement devenu un vrai enjeu. Il s’agit d’identifier très tôt les technologies ou tout au moins les applications innovantes des technologies et d’évaluer rapidement les apports concrets qu’elles pourront générer dans le cadre d’une utilisation militaire. L’objectif est d’innerver les opérations d’armement afin de ne pas laisser en route des options possibles.

Evolution d'une équipe avec robot armé

- Quelles seront les armes de demain ?
Les armes de demain sont celles qui arrivent progressivement en ce moment et qui équiperont l’armée de Terre pour les 30 ou 40 prochaines années, les plateformes blindées du programmes Scorpion dont 2300 seront livrés dans la loi de programmation militaire 2024-2030. Ce sont des véhicules (Griffon, Serval, Jaguar, char Leclerc rénové) aux versions variées (génie, postes de commandement, guerre électronique, observation d’artillerie, ….) plus mobiles, mieux protégés que leurs prédécesseurs et surtout connectés. C’est le combat collaboratif qui permettra une meilleure circulation de l’information et une prise de décision plus rapide.
Les armes de demain, ce sont celles qui n’existent pas encore mais qui nourrissent déjà les réflexions sur les équipements futurs qui entreront en service à l’horizon 2040.

- Vous rassemblez à Versailles et sur d'autres sites, une armée de "Géotrouvetout", pour reprendre le nom de ce personnage de bande dessinée de notre enfance ? Des touche-à-tout ?
La STAT est composée d’hommes et de femmes passionnés, dont certains se reconnaîtraient certainement en Géotrouvetout. Être inventif, curieux, s’adapter en permanence aux circonstances, mais rester rigoureux, sont effectivement autant de qualités recherchées pour servir à la STAT.

- C’est bien une unité singulière...

La STAT est une unité singulière à bien des égards. D’abord parce qu’elle est à elle seule un concentré des compétences que l’on trouve dans toute l’armée de Terre et couvre ainsi l’ensemble des fonctions opérationnelles.
La STAT est une unité singulière parce qu’elle ne ressemble à aucune autre. Bataillon « d’entrée en premier » dans les équipements, structuré autour de groupements, elle n’est pas vraiment comparable à un régiment.
La STAT est une entité singulière parce qu’elle n’a aucun équivalent dans les autres armées ni en France, ni en Europe. Les autres armées nous l’envient souvent.
La STAT est une unité singulière parce qu’elle est capable de s’adapter à toutes les situations et apporter son expertise partout où c’est nécessaire, en appui des forces, y compris sur les théâtres d’opération intérieures et extérieures.

Evaluation d'un radar détecteur de roquettes

- Quel est le profil des militaires et des civils qui y servent ?

Le personnel qui sert à la STAT qu’il soit civil ou militaire est souvent un expert reconnu de son domaine. Cette expertise a été acquise dans les régiments et les états-majors pour les militaires qui ont souvent une grosse expérience opérationnelle. Ainsi les militaires qui servent à la STAT sont, en moyenne, âgés de 43 ans et comptent 22 ans d’ancienneté.
Le personnel civil tient une place particulière. Rouage important, sa stabilité sur les postes constitue le socle sur lequel repose une bonne partie de la continuité de l’action. Il est donc indispensable à son bon fonctionnement. Il est présent dans tous les groupements et dans tous les services. Si le personnel civil occupe principalement des fonctions de soutien, quelques-uns, ingénieurs de formation, occupent des postes d’officier de marque quand d’autres, techniciens ou ouvriers de l’État, sont développeurs ou expérimentateurs.
Les métiers exercés et les statuts sont très variés et souvent uniques. Ils sont ainsi, ouvrier, mécanicien auto ou de l’armement, tourneur, magasinier, secrétaire, gardiens veilleurs, photographe…

- La devise de la STAT est "Être exact". Que signifie-t-elle ?

« Être exact » était la devise du général Charles Delestraint, spécialiste des chars de combat et premier chef de l’armée secrète. Arrêté à Paris par la Gestapo en juin 1943 il meurt en déportation au camp de Dachau en avril 1945, quelques jours avant l’arrivée des Alliés.
À la demande du général Charles Beaudouin, directeur de 2013 à 2017, cette devise est attribuée à la STAT en 2015. En effet, pour accomplir sa mission et maîtriser le triptyque « coûts, délais, performances » propre à la conduite des opérations d’armement et effectuer des évaluations permettant de vérifier que les équipements mis en service répondent aux besoins de l’armée de Terre, la STAT se doit d’être exacte.

vendredi 17 mai 2024

Les campagnes anti-françaises de Bakou

 

 @azernews.az

Hier soir, le site azernews.az publiait un article sur une vidéo-conférence « de solidarité avec le peuple kanak » organisée par le Groupe initiative de Bakou. « Les représentants de Nouvelle-Calédonie ont donné des informations détaillées sur les atrocités commises ces derniers jours par les forces de police ou de gendarmerie dans la capitale Nouméa et ses environs » explique la rédactrice de l’article.

Ingérence assumée

Depuis le début de ces épisode de violence sur le Caillou, l’Azerbaïdjan a lancé une nouvelle campagne anti-française coordonnée avec, notamment, la diffusion sur X de plus de 5 000 messages avec les hashtags #EndFrenchColonialism #FrencheColonialism #RecognizeNewCaledonia #Paris2024 #BoycottParis2024 accompagnés souvent d’un montage photo où l’on voit un manifestant mélanésien décédé. Légende : « La police française (ou de France) est un assassin, le carnage continue ». Et d’établir un parallèle avec l’Algérie.
Le 1er mars dernier des représentants indépendantistes calédoniens se sont rendus à une conférence internationale sur la décolonisation en Turquie. Selon une source du renseignement français, les frais de transport de ceux-ci ont été payés par les services secrets de Bakou. Au terme de cette réunion, une lettre dénonçant « les dérives colonialistes de la France » a été envoyée au président Macron.
 
Le BIG

Le Bakou Initiative Group est une structure créée en juillet 2023 pour « soutenir le combat contre le colonialisme et le néo-colonialisme » qui, en réalité, se limite à la France. Son directeur général, dans une vidéo, énumère ainsi les colonies concernées : « Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Guyane, La Guadeloupe et la Corse… »
Un instrument de déstabilisation de la France devenue objectif du président Aliev qui l’accuse de "préparer le terrain pour une nouvelle guerre" dans le Caucase en « armant » l'Arménie. Celui-ci n’a, en effet, jamais digéré la condamnation par la France des attaques qu’il a ordonnées contre le Haut-Karabakh.
Dans la « guerre de l’image » déterminante aujourd’hui, le BIG s’est ainsi félicité, via son fil X, de voir des drapeaux azéris apparaître dans les cortèges indépendantistes lors de manifestations ayant précédé les émeutes. Au plus grand plaisir également de Moscou.