Camerone, d'André Paul Comor
Je devais avoir dix ou onze ans. A cette époque, mon père qui me racontait souvent sa Légion - me parlant systématiquement du prince Aage de Danemark et d’Amilakvari ainsi que d’hommes anonymes qu’il côtoya durant ses seize années passées en Afrique du nord et en Indochine- prononça le nom de Camerone. Ce lieu m’avait intrigué. Je crois lui avoir demandé de répéter. Il me dit de m’asseoir et lui, par habitude peu disert, m’expliqua la campagne du Mexique, le combat de la 3ème compagnie du régiment étranger, la résistance forcenée des légionnaires, Danjou, sa main…J’avais, je m’en souviens, manifesté beaucoup d’intérêt. « Nous irons à Aubagne, un 30 avril pour que tu comprennes » me proposa-t-il. Nous ne le fîmes jamais. J’oubliais. Jusqu’à que beaucoup plus tard, j’écrive sur la Légion étrangère et me rende compte que l’épisode était devenu légende, mythe. Le Camerone d'André-Paul Comor (Taillandier) sorti il y a quelques semaines, avec la rigueur que l’on connait à...