dimanche 6 novembre 2022

La générale Dominique Arbiol nommée directrice du service national et de la jeunesse



A partir du 1er décembre, cette générale de l’armée de l’air succédera au terrien Daniel Menaouine à la tête de cette direction. Chargée de mission auprès du CEMA depuis cet été, Dominique Arbiol obtiendra également sa 4e étoile.

Les avions, absolument
« Depuis toujours ! » Invariablement, Dominique Arbiol souhaitait travailler dans l'armée de l'air. A ce moment là, le recrutement des pilotes de chasse n’était pas ouvert aux femmes. Il le sera en 1996. Le jeune femme, après les classes préparatoires à l’Ecole des pupilles de l’air à Grenoble, rejoint donc l’Ecole des sous-officiers à Rochefort. Pour sa première affectation, elle est chargée, à Orange, du système de navigation et d’armement sur Mirage F1.
Dominique Arbiol devient ensuite officier renseignement et part en OPEX : Irak, Bosnie-Herzégovine. A son retour, direction Creil et l’état-major interarmées de planification, l’INALCO également pour apprendre le russe. Puis ce sont notamment le Collège interarmées de défense, la direction du centre militaire d’observation par satellite, de l’école de l’air avec, concomitamment, le commandement de la base aérienne 101 de Salon-de-Provence (2020-2022).

mardi 1 novembre 2022

# Movember

 

©Gendarmerie nationale

Chaque année en novembre, les hommes sont appelés, par l'association Movember, à se laisser pousser la moustache et à l’entretenir. Ceci afin de sensibiliser aux maladies masculines telles que le cancer de la prostate ou des testicules : https://fr.movember.com L'institution militaire dont les gendarmes, les sapeurs-pompiers répondent présents.

vendredi 26 août 2022

Madagascar, peine de 10 ans de travaux forcés confirmée pour le colonel (er) Philippe François

©DR


La Cour de cassation du Madagascar a rejeté aujourd'hui la demande d’annulation de la condamnation, en première instance, de l’ex-colonel français Philippe François et de Paul Rafanoharana (franco-malgache) qui sont définitivement reconnus coupables d’avoir voulu assassiner le président malgache. Ceux-ci avaient été condamnés, dans cette très très étrange affaire, à 10 et 20 ans de travaux forcés (voir posts des 4 et 5 août 2022).

Appel au boycott du tourisme à Madagascar
Ces derniers jours, la famille et les proches de l’ancien officier supérieur étaient pessimistes. D’autant que l’état de l’ancien chef de corps du régiment de marche du Tchad s’est dégradé. « Philippe a perdu 20 kg, il est en très mauvaise santé et n’a jamais vraiment été examiné par un médecin » explique Rémy Lescure, porte-parole de son comité de soutien https://www.soutenons-philippe.fr/. Celui-ci, présidé par l’académicien Jean-Christophe Ruffin, envisage d’appeler au boycott des déplacements, notamment touristiques, à Madagascar « Philippe y était parti avec des intentions généreuses, il se retrouve en prison. C’est bien la confirmation que tout déplacement, pour un citoyen français, présente des risques » Message qui devrait être relayé par Constance Wagner François, l’une de ses filles et l’avocat de Philippe François, Etienne de Villepin. Et envoyé aux tours opérateurs et compagnies aériennes travaillant avec Madagascar.

Et maintenant ?

Pendant un an, les autorités françaises sont restées silencieuses. Ce qui n’a cessé de choquer la famille et les proches de Philippe François. Un bon connaisseur du dossier est un peu plus optimiste : «Le temps de la justice passé, le temps politique retrouvera des marges de manœuvre pour viser une grâce présidentielle. »

jeudi 25 août 2022

Le livre des vacances


©HW

Il est sûrement passionnant ! Au point de pas s'en détacher, y compris à l'heure de la baignade. Pas de brasse, de crawl mais une marche faite d'allers-retours. La scène, capturée hier en fin de journée sur le Bassin d'Arcachon, autorise toutes les spéculations. Quel (le) écrivain (e) est donc capable d'envoûter cette jeune femme ? Je ne me suis volontairement pas approché. Pour laisser le mystère réaliser son effet. Chaque auteur pourra ainsi penser que c'est lui, que c'est elle, que cette jeune femme dévore.

lundi 22 août 2022

Après la Calédonie, l’Australie pour les Rafale français

 

©RAAF

Après Henri Brown, la mission calédonienne de l’armée de l’air et de l’espace, les trois Rafale*, accompagnés de deux Airbus A330 MRTT ravitailleur et de deux A400M ont démarré, vendredi, à Darwin l’exercice multinational Pitch Black qui va durer trois semaines.Y participent 2 500 militaires et 100 appareils venus d’Asie, d’Amérique du Nord et d’Europe. « Cette séquence australienne représente une réponse alliée dans l'Indo-Pacifique aux exercices de tir réel et aux tirs de missiles balistiques de la Chine autour de Taiwan et dans la ZEE du Japon » explique le site Foreign Brief.

Les objectifs de ce périple
L’étape calédonienne de cette mission Pégase 2022 « a permis de montrer la capacité de l’armée française de déployer une force aérienne depuis la métropole après un périple de 18 000 km en moins de 3 jours et de mener à l’arrivée sur le territoire, une mission de combat » se réjouissait le général Valéry Putz, commandant supérieur des forces armées en Nouvelle-Calédonie (FANC) sur les antennes de la radio RRB. « En effet, cette projection permet d’envoyer un signal stratégique très fort. La France est capable de protéger ses ressortissants où qu’ils habitent, elle est capable de défendre ses intérêts, elle est capable de préserver la liberté de circulation et d’action partout où le droit international l’y autorise » complète le général Stéphane Groën, chef du détachement aérien français.
Enfin, dans un contexte de décrispation entre Canberra et Paris, le ministre de la défense australien, sera en France le 1er septembre afin de rencontrer son homologue français. Pour sa part le patron des FANC est depuis dimanche soir dans la capitale australienne, où il a débuté ce lundi une visite officielle.

*
Le troisième Rafale victime d’une panne en Calédonie n’a rejoint l’Australie que ce lundi.

samedi 20 août 2022

La Teste-de-Buch, un mois après

La route départementale 218 entre la dune du Pyla (Gironde) et Biscarosse (Landes) ne rouvrira pas de sitôt. Automne, fin de l’année ? Plus de 7 000 ha de cette forêt usagère ont brûlé entre le 12 et le 20 juillet. Les 5 campings situés entre la dune et la route n’existent plus. Instantanés de la désolation.

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dimanche 14 août 2022

Deux sapeurs-pompiers volontaires cités à l'ordre de la Nation

 



Hommage, le 29 juillet à l'a/c M. Morin ©Radio-France-Lucile Auconie

Le capitaine Pascal Allaire, chef du centre d’incendie et de secours de Saint-Lyphard (Loire-Atlantique), 51 ans et père de trois enfants est mort le 5 août dernier, victime d’une crise cardiaque alors qu’il intervenait sur un feu de voiture. Il vient d'être cité à l'ordre de la Nation, par la Première ministre.
Comme l’adjudant-chef Martial Morin, 54 ans, marié et père de deux enfants, de Tain l’Hermitage (Drôme), en renfort sur un feu dans les Bouches-du-Rhône qui, lui, a été victime, le 15 juillet, d’un malaise. Il est décédé quelques jours plus tard.
Tous deux ont également été nommés, à titre posthume, chevalier dans l’ordre national du Mérite.

jeudi 11 août 2022

Exercices diplomatiques dans le Pacifique Sud pour l'armée de l'air et de l'espace



©Ministère des Armées

Henri Brown. La mission calédonienne de l’armée de l’air et de l’espace porte le nom d’un ancien combattant Kanak, membre des SAS, qui fut largué en Bretagne en 1944 pour former les maquisards. Trois Rafale, accompagnés de deux Airbus A330 MRTT ravitailleur et de deux A400M participent depuis aujourd'hui et pendant une semaine, à des exercices en différentes zones du territoire. « Ceux-ci remplissent plusieurs objectifs : tout d’abord démontrer la capacité des armées françaises à se déployer rapidement, partout dans le monde et garantir le respect du droit international et des libertés de circulation aérienne ; ensuite, montrer que la France est un partenaire fiable et crédible et conforter son statut de puissance riveraine et souveraine du Pacifique ; enfin permettre de renforcer les relations fortes qu’elle entretien avec les pays de la région océanienne, notamment en s’appuyant sur la connaissance et l’expertise » explique-on à Nouméa au sein des Forces armées en Nouvelle-Calédonie (FANC).
Une mission de communication mais surtout un acte politique et diplomatique pour la France, première puissance européenne dans la région. Celle-ci se poursuivra le 17 août en Australie, pays avec lequel les relations se sont grandement améliorées depuis l’affaire des sous-marins, et l’arrivée au poste de Premier ministre du travailliste Anthony Albanese. Chez les Aussies voisins se déroulera l’exercice Pitch Black 2022 en présence de forces multinationales, regroupant plus d’une centaine de chasseurs et pas moins de 2500 aviateurs de différents pays. « Lors du retour vers l’Hexagone, un autre exercice, Pegase, attend les équipages en Indonésie et à Singapour » précise-t-on à Balard.

mardi 9 août 2022

L’île des Faisans, un condominium franco-espagnol commandé pour 6 mois par Pauline Potier

 

©Facebook, préfecture des Pyrénées-Atlantiques

200m de long, située sur la Bidassoa, à 10 m de la rive espagnole et à 20 de la française, l’île des Faisans vient de repasser le 1er août sous souveraineté française et ce pour six mois. Avant d’être administrée, lors du semestre suivant par l’Espagne. Ainsi va la vie pour cette langue de terre entre Hendaye et Fontarabie (province du Guipuscoa) depuis 1901. La France a choisi de confier, pour la première fois, cette mission à une femme. Il s’agit de Pauline Potier, directrice adjointe des Territoires et de la Mer des Pyrénées-Atlantiques et donc commandante de la station navale française de la Bidassoa. « Qui est devenue la toute première "vice-reine" de l’île des Faisans » précise le quotidien Sud-Ouest. L’accès a ce dernier condominium, appelé aussi, île de la Conférence est strictement interdit aux visiteurs, car menacée par l’érosion.

lundi 8 août 2022

Dernière année de service pour "La Glorieuse"

La Glorieuse a un nouveau pacha. Il s’agit du lieutenant de vaisseau Matthias Weingart. Un moment particulier car le patrouilleur P400 vit ses derniers mois de service. Le transfert de commandement présidé par le général Putz, commandant supérieur des Forces armées en Nouvelle-Calédonie (Fanc), vient de se dérouler à Nouméa. 
©Wikipedia

Le premier semestre 2022 fut une période riche pour l’équipage avec l’enchaînement de trois missions : aide humanitaire aux Tonga, police des pêches en Papouasie-Nouvelle-Guinée et mission de souveraineté dans la ZEE française. Pour son ultime mission, La Glorieuse participera à l’exercice "Croix du Sud 2O23", centré sur l’Indo-Pacifique, auquel prendront part plus de 2000 militaires issus de 15 nations. Elle sera remplacée dans quelques mois par le patrouilleur outre-mer (POM) Auguste Bénébig, du nom de ce compagnon de la Libération, issu du bataillon du Pacifique.

vendredi 5 août 2022

Philippe François incarcéré à Madagascar, le silence des autorités françaises (2/2)

 

©DR
Depuis plus d’un an, les autorités françaises sont silencieuses. Contacts diplomatiques, contacts informels d’autres sources, les canaux existent. Mais rien ne transparait. Cette absence de communication officielle, d’interlocuteurs institutionnels choque la famille et les amis de Philippe François dont ses anciens camarades de Saint-Cyr. « Mon père reçoit toutes les six semaines uniquement, une visite consulaire» déplore sa fille Constance. Ce sont ses deux avocats sur place qui le ravitaillent. Il a perdu 20 kg. Son comité de soutien https://www.soutenons-philippe.fr/ présidé par l’académicien Jean-Christophe Ruffin poursuit sa mobilisation, essayant d’alerter un maximum de personnes sur le « sort inique » réservé au prisonnier de Tsiafahy, établissement pénitentiaire situé à une trentaine de km d’Antananarivo. 

Une prison dans la prison
Paul Maillot, condamné lui aussi dans cette abracadabrantesque affaire « Apollo 21 », dans un message transmis il y a deux mois à la plateforme de diffusion d’informations sur les prisons dans le monde, Prison insider, raconte son quotidien dans le même établissement : « C’est toujours à l’isolement que j’exécute cette peine alors que nous aurions dû rejoindre un quartier de droit commun. Le quartier spécial de l’isolement est en effet réservé aux prisonniers punis disciplinairement pour une courte durée, et est considéré comme “la prison dans la prison” (…) Tout est lourd ici, comme l’atmosphère étouffante que dégagent 1 000 prisonniers entassés dans quatre quartiers prévus pour 500, quand certains en accueillent 200 pour 50 places... »

Otage ?
« Vous savez, mon père est un otage politique » ne cesse de clamer Constance Wagner François. Il est vrai que si François et Maillot sont de dangereux conspirateurs, le verdict de première instance ne correspond pas aux faits reprochés. « La peine envisageable en toute logique serait perpétuité » commente un avocat international. D’autres pistes se font jour. Andy Rajoelina, « le maître des désillusions » titrait le 22 juillet dernier le quotidien Le Monde, ce président « qui continue de faire des promesses tous azimuts alors que la Grande Ile s’enfonce un peu plus dans la misère » a-t-il exploité une situation lui permettant de régler quelques comptes avec la France (dont il possède la nationalité) ? « Le petit », l’un de ses sobriquets, ce chef d’État qualifié également « d’autocrate infantile et mégalomane », a-t-il voulu par cette arrestation d’opportunité, peser sur les négociations avec Paris concernant les îles Eparses* ? 

Un écran de fumée ?
Une revendication malgache ancienne sur ces îles françaises ne dépassant pas 43 km² mais dont l’ensemble représente 640 400 km² soit 6 % des eaux territoriales françaises. Classées par Paris « réserve naturelle nationale » en 2021, la décision a été très mal vécue par le président qui a vu là un filon nationaliste à exploiter. La population, elle, ne semble absolument pas en faire un casus belli. Toutefois « les tensions sur les Eparses n’ont pas entamé le soutien financier de la France, qui demeure le deuxième donateur, derrière les Etats-Unis » précisait dans son reportage, Le Monde. A dix-huit mois de l’élection présidentielle, Rajoelina est aux abois. « Il n’a à l’étranger, le soutien de personne. Ni même de Moscou et de Pékin, bien présents à Madagascar. Alors, il a trouvé, à travers Philippe François, une occasion de faire pression sur la France » décrypte Rémy Lescure, porte-parole du comité de soutien. « Les îles Eparses, c’est un écran de fumée... »
Dans ce contexte méphitique, Philippe François est-il une monnaie d’échange ? Contacté l’entourage du président malgache n’a pas donné suite à nos sollicitations. Pas plus que le Quai d’Orsay.

* Des îles qui se répartissent du canal du Mozambique (archipel des Glorieuses, Huan de Nova, Europa et Bassas da India) au nord de la Réunion (Tromelin).



jeudi 4 août 2022

La géhenne malgache de Philippe François, ancien chef de corps du Régiment de marche du Tchad (1/2)

C’est le 26 août prochain que Philippe François, incarcéré à Madagascar depuis un an et 14 jours, connaitra son sort, fixé par la cour de cassation. L’ancien officier français saura s’il doit accomplir les dix ans de travaux forcés auxquels il a été condamné le 17 décembre 2021 en première instance (il n’y a pas d’appel à Madagascar dans le cas d’un « crime d’Etat »), s’il est relaxé ou s’il est renvoyé devant une nouvelle cour criminelle. Ex-chef de corps du Régiment de marche du Tchad (2010-2012), le colonel François (ER) est poursuivi par la justice malgache pour atteinte à la sûreté de l’État et tentative d’assassinat du président Rajoelina. C’est un homme « abandonné par le Quai d’Orsay » explique dans une tribune publiée ce jeudi par Marianne, son comité de soutien.

©DR

Né en 1967 à Djibouti, Philippe François est admis vingt ans plus tard à Saint-Cyr avec le rang de major du concours Lettres. Elève sérieux mais aussi « très drôle et créatif », comme le dépeint Constance, l’une de ses quatre filles, il sort dans un très bon rang de la promotion Tom Morel. Il ne choisit pas, contrairement à son père la Légion étrangère où celui-ci commanda le 2e REI (1984-86)* mais les Troupes de marine. Vingt-cinq années de services, des OPEX, des décorations puis le mot « fin ». « Mon père voulait terminer sa carrière après avoir commandé un régiment. Etre général, n’était pas dans ses plans de carrière » explique Constance Wagner François. En 2013 l’officier breveté, qui avait écrit quatre plus tôt un ouvrage remarqué « Tactiques de l’armée rouge en Afghanistan » (Economica), s’engage donc dans la vie civile.

Une deuxième carrière

« Ce qui l’intéressait c’était l’opérationnel » témoigne un officier supérieur qui l’a côtoyé à Saint-Cyr. Défilent les années FNAC (directeur sécurité monde) puis la logistique (FM Logistic, XPO) toujours dans la même secteur. « Philippe n’aime pas ronronner » dit l’un de ses proches.
En janvier 2020, le quinquagénaire part à Madagascar où il occupe la fonction de directeur général de SmartOne (solutions d’Intelligence artificielle) ; il participe ensuite à la création de Tsara First (fonds d’investissement pour le développement économique de Madagascar) avec un autre ancien de Cyr – de la promotion Montclar- Paul Maillot Rafanoharana qui lui, a servi dans la gendarmerie française. Mais, après la séquence Covid qui n’a rien arrangé, l’aventure malgache prend fin.

Retour en France programmé

Le 20 juillet 2021, Philippe François et sa compagne Brigitte sont à l’aéroport d’Antananarivo-Ivato où ils s’apprêtent à prendre un vol pour Paris. Afin d’assister au mariage, quelques jours plus tard dans la région parisienne, de Constance. Mais le couple a également décidé de ne pas revenir dans l’océan Indien. En effet, l’ancien officier a démissionné et espère retrouver un poste dans le secteur de la sûreté/sécurité en France. Ecrire de nouvelles pages, donc. Seulement, rien en se passe comme prévu.
Avant de monter dans le gros porteur, ils sont interpellés par la police. Pour quel motif ? Ils n’en savent rien. Juste le temps pour l’ex-militaire d’envoyer un texto à Constance et ils sont transférés dans la capitale. Là, ils apprennent enfin qu’ils sont accusés « d’atteinte à la sûreté de l’État et de tentative d’assassinat contre le président Rajoelina. »

Paul Maillot
Concomitamment, Paul Maillot qui fut quelque temps conseiller de TGV (surnom du président Rajoelina) mais qui est alors « en délicatesse avec lui » et d’anciens officiers malgaches subissent le même sort. Les deux cerveaux présumés de l’opération baptisée « Apollo 21 », le français et le franco-malgache, sont envoyés à la prison de Tsiafahy, en isolement. Le 6 décembre dernier s’ouvre leur procès devant la cour criminelle ordinaire d’Anosy. Le 21, le jugement tombe : 20 ans de travaux forcés pour Maillot, 10 ans pour François. « Ce procès a été marqué par des vices de procédure, la non-présentation de preuves à décharge et la manipulation voire la falsification de pièces » raconte Rémy Lescure, qui est à la tête de la mobilisation en faveur de l’ex-colonel. La principale pièce d’accusation, une clef USB saisie au domicile de Philippe François « a été modifiée et a disparu » précise la défense de l’accusé français...

Prochain post : Le silence des autorités françaises.

* Le colonel Jean-Claude François fit venir Serge Gainsbourg lors du Camerone 1986 à Nîmes.

jeudi 28 juillet 2022

La délégation parlementaire au renseignement au complet

Le Journal officiel publie ce matin la composition de la délégation parlementaire au renseignement après la désignation des députés nouvellement élus ou reconduits (4 députés, 4 sénateurs). Sont membres : François-Noël Buffet (sénateur du Rhône, LR), Caroline Colombier (députée de la Charente, RN), Constance Le Grip (députée des Hauts-de-Seine, Renaissance) Christian Cambon (sénateur du Val-de-Marne, président de la commission des affaires étrangères, de la défense, des forces armées, LR), Thomas Gassilloud (député du Rhône, président de la commission de la défense nationale et des forces armées, Renaissance), Yannick Vaugrenard (sénateur de Loire-Atlantique, groupe Socialiste, Ecologiste et Républicain), Agnès Canayer (sénatrice de Seine-Maritime, LR) et Sacha Houlié (député de la Vienne, Renaissance).

mercredi 27 juillet 2022

Salih Gusic

 


Les honneurs militaires seront rendus demain matin à 9h30 dans la cour d’honneur des Invalides (Paris) à l’adjudant-chef (er) Salih Gusic, décédé le 20 juillet à l’âge de 94 ans. Au sein de la Légion étrangère, ce sous-officier était souvent considéré comme un acteur du mythe, du récit, de la tradition. Grand officier de la Légion d’honneur, il avait quitté le service actif il y a soixante ans. Et était d’une discrétion légendaire. « Quel intérêt de parler de moi ? » me disait-il souvent.
Né en 1927 à Banja Luka (Bosnie), Salih Gusic se présente au poste de recrutement de Coblence (Allemagne) peu avant ses vingt ans. Parcours commun pour tout engagé : le fort Saint-Nicolas (Marseille) puis le dépôt commun des régiments étrangers à Sidi-Bel-Abbès. Après un an de service, il est nommé sergent. Et effectue les OPEX de l’époque, comprendre les guerres... L’Indochine, tout d'abord, avec le 2ème bataillon étranger de parachutistes où il participe à cent vingt opérations. Puis sept mois en Tunisie en 1953 (3ème BEP) avant un retour en Extrême-Orient. Parachuté sur Dien-Bien-Phu dans la nuit du 9 au 10 avril 54, il se bat jusqu’à la fin. Fait prisonnier par le Viet-Minh, il tente à deux reprises de s’évader. Libéré en septembre, il rejoint ensuite l’Algérie (1er BEP puis 1er REP), il participe en 1956 à l’expédition de Suez (Opération Mousquetaire). 1960, c’est le 2ème REP et l’Algérie. Tout en menant, à partir de 1962, une carrière civile aux Aéroports de Paris, il sert dans la réserve et accède ainsi au grade de lieutenant.
Salih Gusic était également grand-officier de l’ordre national du Mérite.

jeudi 21 juillet 2022

Joël Viratelle

Joël Viratelle en 2013 à Paris ©MNC

C’était il y a deux ans exactement. Un soleil éclatant brillait sur le fort de Nogent à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne). D’autant plus précieux dans un entre-deux sanitaire où la maléfique Covid détruisait la vie, testait la résistance de nos sociétés en apportant des crises, des situations dramatiques.
Dans cette emprise militaire, je recevais mes galons de 1ère classe d’honneur de la Légion étrangère. Dans cette période où la pandémie nous accordait quelque interstice de répit, j’avais été autorisé par le général commandant de la Légion à convier une dizaine d’invités, famille comprise. Joël était là, au fond de la salle. Il avait belle tournure.

Nos routes s’étaient croisées naguère. Un auparavant qui correspondait à son arrivée à la tête de la représentation métropolitaine de la Nouvelle-Calédonie. Mon nom ne lui était pas étranger. Le sien ne me l’était pas non plus. J’avais couvert, pour une chaîne nationale de télévision, les années noires vécues par la Calédonie, dont Ouvéa. Et écrit un livre sur cet épisode sanglant. Le lien entre nous furent bien ces années quatre-vingts. Une combinaison de l’histoire et de nos curiosités.
Mais que fut cette époque ?
Des accents inconnus, un Pacifique Sud oublié, le rappel d’une réalité si lointaine.
L’ époque ?
La fin de l’insouciance, les mots menaçants, les ruptures.
L’ époque ?
La violence, des barrages, des morts, des blessures irréparables,
Qu’est-ce qu’une époque ?
Le temps qui tourne, la gaieté qui fuit, le malheur qui tutoie le quotidien, une poignée de mains inattendue, un avenir à écrire ensemble
Comment raconter une époque ?
Quels mots utiliser pour raconter avec distance les maux ?
Et après cette époque ?
2022, tout à reprendre. La vie de Joël s’est arrêtée là, sur ces interrogations anxieuses.

Ce grand garçon équanime entraînait la sympathie. Calme, souriant, il affichait des yeux armés d’un regard direct. C’était un homme de coeur, sensible. Un observateur, qui, comme l’a évoqué François Sureau le 3 mars dernier lors de son discours de réception à l’Académie française à propos de son prédécesseur dans le 24e fauteuil, « qui ne contemple pas l’histoire de son pays sans douleur ». Une histoire calédonienne qu’il connaissait parfaitement, utile à la compréhension des soubresauts du territoire pour lequel il rêvait à un avenir durable, une Calédonie plus inclusive dirait-on aujourd’hui. J’aimais l’interroger sur sa vision du pays, son devenir, sur la classe politique. Comme beaucoup d’interlocuteurs qui voulaient mieux connaître le Caillou. Nous étions tous d’accord, le directeur de MNC était une source incontournable.
Joël a eu une vie pleine de tout ce que celle-ci peut donner à un homme. Une existence, qu’il ne doit qu’à lui-même. En Calédonie, sa mort a un retentissement considérable. Depuis sa disparition, un hommage unanime lui est rendu. Les politiques, ont presque tous marqué leur attachement à l’homme de bonne volonté, mesuré, et à son inlassable travail public, de médiateur, de facilitateur, d’ambassadeur.

J’ai appelé ce blog « Ainsi va le monde ». Une formule liée à mon deuxième séjour à Nouméa en 1985. Ainsi va le monde ! On ne peut se contenter de cette explication passe-partout pour justifier la disparition d’un homme. Car à ce moment là, face à la mort, nous sommes entraînés par un refus obstiné de l’ordre des choses. Que résume la locution latine « Mors ultima ratio ». La mort a beau être la raison ultime, nous la refusons.
Nos souvenirs sont peuplés d’ombres. Celles d’une Compagnie composée de nos parents, d’anciens voisins qui dès notre enfance ont quitté le monde des vivants, celles de connaissances qui sont parties victimes de maladies, d’accidents, d’une malchance mortelle ou de mort naturelle. J’ajouterai ces morts des années noires calédoniennes, anti-indépendantistes et indépendantistes mais aussi victimes « collatérales ». J’ai croisé, alors, certains de ces visages durant mes reportages. Ils sont toujours présents. Joël va, dans un autre siècle, les rejoindre.

Les vivants ont besoin des morts, comme les morts des vivants. Les morts, nous le savons bien ne meurent vraiment que le jour où plus aucun vivant ne parle d’eux ou ne pense à eux. Aucun risque, Joël Viratelle restera parmi nous !

mercredi 20 juillet 2022

Laurent Nunez, nouveau préfet de police de Paris

 

©ministère de l'intérieur

Comme nous l’annoncions le 13 juillet dernier, Laurent Nunez succède à Didier Lallement à la tête de la préfecture de police de Paris. Il a été officiellement nommé lors du conseil des ministres de ce mercredi matin. Agé de 58 ans, Laurent Nunez jusqu’ici coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme retrouve l’Ile de la Cité où il avait été de 2012 à 2015, directeur de cabinet de son désormais prédécesseur, Bernard Boucaut. 
Cet ancien inspecteur des impôts qui intégrera l’ENA par la voie interne, spécialiste des questions de sécurité, fut notamment sous-préfet de Bayonne (2010-2012), préfet de police des Bouches-du-Rhône (2015-2017), patron de la DGSI (2017-2018), secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur (2018-2020)... Couteau suisse du chef de l’État, homme de dialogue, Laurent Nunez, qui fut naguère proche des Radicaux valoisiens, déclarait en 2011, dans son discours de réception dans la Légion d’honneur : « « Partout où je suis passé je conserve des liens très forts… Je ne veux pas être de ceux qui, au bout de la vie, ont un goût d'inachevé ».

Décorations légionnaires

 


Elle concernent, nous apprennent deux décrets publiés ce matin au Journal Officiel, deux anciens. Le premier, Albert Tepass, de nationalité allemande, ex-légionnaire de 1ère classe du 1er BEP- parachuté à Dien Bien Phu où il sera blessé puis fait prisonnier- est promu officier dans l’ordre de la Légion d’honneur. Il servira de 1951 à 1956 chez les képis blancs. Le second, Adam Jankowski, polonais, ancien caporal au 2e régiment étranger de parachutistes se voit concéder la médaille militaire.

lundi 18 juillet 2022

Victor K. romancier, ancien agent secret : "Inscrire chaque intrigue dans les fractures du monde"



Vincent Crouzet a, entre 2003 et 2017, signé sept romans avec pour dénominateur commun la Direction générale de la sécurité extérieure. Victor K. en a écrit deux, publiés en 2022. « Cible Sierra » en janvier (Robert Laffont) et « Sauvez Zelenky » en juin (Robert Laffont). Deux livres, avec comme acteurs, les femmes et les hommes du service Action de la DGSE. La série n’est d’ailleurs pas terminée. Vincent Crouzet est Victor K. Un pseudo, « pour créer une griffe pour une nouvelle collection. »

Q : Une performance, le réaliste "Sauvez Zelensky". Les Russes attaquent l'Ukraine le 24 février. Le livre sort le 9 juin. Quand avez-vous commencé son écriture ?
R : Dès le 25 févier en fait. L'idée de la série littéraire "Service Action", dont "Sauvez Zelensky !" est le second volume, est née d'une ambition : inscrire chaque intrigue dans les fractures du monde, dans les conjonctures de crise, et y projeter les personnages de la saga, les équipes du "SA". J'ai très vite obtenu le feu vert de Sophie Charnavel, la directrice de Robert Laffont, quant à la rédaction immédiate d'un opus, et j'ai écrit en temps réel. Je préfère de toutes les manières créer un roman sur un temps assez court, durant lequel je reste pleinement avec mes personnages. C'est, avant d'être une performance, une satisfaction assez rare.

Un travail de romancier-journaliste..
Finalement, pleinement un travail d'écrivain. Je me suis posé la question de partir à Kiev. Mais mon passé au profit de la DGSE m'en a dissuadé. Dans les premiers jours de l'attaque terrestre russe, personne ne savait comment la situation allait tourner. Je ne pouvais vraiment pas me mettre en difficulté sur le terrain. Mais on dispose aujourd'hui d'une somme conséquente d'information ouverte, H24, grâce au travail remarquable des correspondants de guerre, permettant de se "glisser" sur le théâtre des opérations... Néanmoins, j'ai pris le temps nécessaire pour me documenter très précisément sur la géographie des décors du roman. Par exemple, quand j'ai besoin de mettre en place un "appartement conspiratif" pour une équipe du Service Action, je réfléchis longuement à son emplacement (proche des centres de pouvoir à Kiev, facile d'accès et de dégagement...) J'avoue prendre beaucoup de plaisir à notamment construire des opérations, et surtout, à les rendre crédibles.

Vous avez passé 20 ans à la DGSE. Parfois, un ancien de la "boîte" publie un ouvrage. Vous, vous avez choisi le temps long, avec déjà 9 romans...
En fait, j'ai plus travaillé "pour la DGSE", qu'à la DGSE", ayant toujours été détaché de la structure, tout en ayant été pris en compte plus de vingt ans par une entité de la direction des Opérations. Lorsque j'ai commencé mon parcours de romancier, j'ai continué à oeuvrer pour cette maison, le statut d'écrivain donnant un prétexte légitime à courir le monde. Finalement un peu comme mes grands aînés anglo-saxons du roman d'espionnage, Ian Fleming, Graham Greene, John Le Carré, qui n'ont jamais cessé de correspondre avec l'Intelligence Service britannique, voire également les Américains, comme Tom Clancy. Mon identité de romancier m'a permis de poursuivre mon travail en Afrique Australe, ma zone d'intérêt, où la France était particulièrement active à l'époque.

La DGSE est un acteur majeur de vos romans. Le service Action est lui au centre des deux derniers. Pourtant, vous n'y avez pas servi ?
Je n'y ai pas servi, mais presque tous mes officiers traitants en étaient issus. Je leur dois beaucoup. Ils m'ont au départ formé, puis m'ont orienté, assisté, et ont été comme des frères pour moi. J'ai connu avec certains d'entre eux une longue relation de travail et de confiance. Aussi, je pense correctement maîtriser leur état d'esprit, leur vocabulaire, leurs attentes. Ma seule difficulté et ma crainte sont surtout de ne pas divulguer par maladresse une opération en cours, surtout dans la conjoncture du conflit en Ukraine. Je ne veux surtout pas bénéficier de confidences ou de fuites qui me permettraient de mieux encore documenter les romans de la série. Je me limite à calquer les capacités d'emploi du SA sur le théâtre des opérations.

Comment vos anciens employeurs perçoivent-ils votre travail ?
C'est un sujet "compliqué", et sensible me concernant... En lançant la série en janvier dernier avec le premier titre, "Cible Sierra", j'entendais l'inscrire aussi dans cette année mémorielle : les quarante ans de la DGSE, les quatre-vingts du BCRA. L'idée de marier les deux anniversaires est à porter au crédit de l'actuel directeur général de la sécurité extérieure, avec deux moments importants : la cérémonie militaire à l'Arc de Triomphe le 17 janvier dernier en hommage aux morts du Service, et l'exposition sur "Les espions du Général" au musée de l'Ordre de la Libération. Je suis personnellement très attaché à cette filiation BCRA-Service Action de la DGSE, car je pense que tout est né avec cette génération de "gamins", sous l'autorité du colonel Passy, entre 1940 et 1942. De jeunes agents qui n'appréhendaient pas le monde du renseignement, et l'ont appris sur le terrain, pour ensuite composer l'un des services les plus efficients au monde. L'esprit qui prévaut quatre-vingts années plus tard est pleinement hérité de cette génération de précurseurs. D'ailleurs, dans "Cible Sierra", chaque partie du roman est lancée par une phrase d'un glorieux ancien (Puy-Monbrun, Saint-Marc, Cordier)... Pour tout dire, je n'ai pas eu de retour "officiel" du Service. Je n'entends pas obtenir la moindre caution, je n'ai d'ailleurs pas légitimité à la demander, et en fait je ne veux surtout pas contraindre ma liberté de création. Je sais que la série est appréciée par certains, moins par d'autres. En fait, la DGSE ne communique pas, c'est son credo, contrairement aux agences de renseignement anglo-saxonnes (qui abusent actuellement du "campaigning"). C'est une position assumée, qui a fait aussi ses preuves, un cloisonnement étanche qui assure une réelle efficacité au quotidien. Le seul problème c'est que les médias ne retiennent que les échecs du Service. Pour ma part, dans mon petit coin, conscient de ce que je lui dois, j'essaie toujours de développer, à travers mes romans une communication positive. Du reste peut-être que la fiction est le seul moyen de communiquer sur la DGSE, à l'instar de la série "Le Bureau des Légendes" ?

Une réaction ukrainienne voire russe à votre dernier titre ?
J'ai bien entendu transmis le roman à Volodymyr Zelensky, par l'intermédiaire de son ambassadeur en France, Vadym Omelchenko. Je n'ai pas encore de retour, mais j'imagine volontiers le président ukrainien a d'autres préoccupations plus urgentes en ce moment que de commenter un thriller d'espionnage. Mais je sais que le roman est assez lu dans la communauté ukrainienne en France.

Sera-t-il traduit à l'étranger ?

Oui, bien entendu. Et surtout dans un futur proche "Sauvez Zelensky !" va faire l'objet d'une adaptation audiovisuelle.

dimanche 17 juillet 2022

Histoire, les tweets de Mathilde Panot

Comme toute personne intempérante, Mathilde Panot se nourrit de ses outrances. Dernière en date, hier la présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale a, dans un tweet, évoqué « un président de la République qui rend honneur à Pétain. » Sauf erreur de ma part, Emmanuel Macron n’a jamais rendu hommage au Pétain du régime dit de Vichy mais, en 2018, au soldat de la Première Guerre mondiale, à l’occasion du centenaire de la fin de la guerre 14-18. Le chef de l’État, au terme d’un longue « itinérance mémorielle » avait alors plaidé pour que Philippe Pétain soit honoré comme les autres maréchaux de France de l’époque, lors de la cérémonie du 11 novembre célébrant l’armistice, aux Invalides (Paris). On peut discuter de l'initiative. Il y a eu deux Pétain (célébré en 1918, condamné en 1945), comme il y a eu deux De Gaulle, celui de l’Appel puis le politique de la Ve République. Faire l’amalgame est méprisable. Tous les moyens sont bons à la députée du Val-de-Marne pour atteindre sa cible. Peu importent les munitions. Mathilde Panot avait déjà qualifié de « rescapée », Elisabeth Borne alors qu’elle venait d’évoquer la déportation de son père.

samedi 16 juillet 2022

Tout savoir sur les TdM

 


17 000 marsouins et bigors répartis dans 26 régiments constituent les Troupes de Marine, composante, comme son nom de l’indique pas, de l’armée de Terre. Depuis 1622, date de leur création, celles-ci se sont appelées successivement Compagnies ordinaires de la mer, Compagnies franches de la Marine, Corps royal d’artillerie et d’infanterie de la Marine, infanterie de marine, Troupes coloniales, Troupes d’outre-mer. Depuis 1961, elles portent leur nom actuel.
D’autres questions sur les TdM ? Les réponses sont dans Le petit Quizz, paru le 14 juillet, Troupes de Marine (éditions Pierre de Taillac 6,90 €), signé Grégoire Thonnat. Le quatorzième titre d’une série destinée à se développer.

jeudi 14 juillet 2022

14 juillet en Nouvelle-Calédonie


©FANC


A Nouméa, entre deux averses, près de 750 militaires, pompiers, policiers et gendarmes ont participé au défilé du 14 juillet (décalage horaire Nouvelle-Calédonie + 9h).
La cérémonie s’est déroulée sous la présidence du haut-commissaire, Patrice Faure et du général Valéry Putz, commandant supérieur des FANC.
Après le défilé aérien (un Casa, un Gardian, deux Puma, un autre hélicoptère EC 135 et un Ecureuil), celui des troupes à pied et motorisées a mobilisé une cinquantaine de véhicules. Le régiment du service militaire adapté NC a clos la cérémonie, entonnant un chant mélanésien de l’île de Maré (province des Loyauté).
Les Forces armées de Nouvelle-Calédonie étaient également présentes dans plusieurs communes calédoniennes: La Foa, Lifou, Dumbéa, Paîta, Koumac, Koné et Mont-Dore. Le RSMA l'était lui en métropole, à Paris.

Promotion civile de la Légion d'honneur

Façade, rue de Solférino à Paris, de la grande chancellerie de la LH

270 chevaliers, 39 officiers, 14 commandeurs et trois grands officiers soit 329 personnes composent cette promotion dite du 14 juillet. A ces nominations et promotions, il faut ajouter des élévations. Ainsi, l’avocat et historien Serge Klarsfeld se voit-il attribuer la dignité de grand’croix. Son épouse, Beate accède à la dignité de grand officier. Ce couple, surnommé les chasseurs de nazis, a fait de sa vie un combat en faveur de la mémoire des victimes de la Shoah.

mercredi 13 juillet 2022

Préfecture de police de Paris, après Didier Lallement, Laurent Nunez



Emplacement lors de la prise d'armes du préfet de police ©AinsivaleMonde

Ce matin, le préfet de police de Paris, Didier Lallement, a participé dans les jardins du Luxembourg, à la prise d’armes de la Légion étrangère. Une institution qu’il admire. C’était vraisemblablement sa dernière sortie publique avant son départ, après plus de trois ans à la PP*. C’est mercredi prochain que devrait être annoncé, à l’issue du conseil des ministres, le nom de son successeur. Celui-ci devrait être, selon nos sources, Laurent Nunez, actuel coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme et « couteau suisse » du chef de l’État. Un retour, pour celui qui fut directeur de cabinet du préfet de police (entre fin 2012 et début 2015).

*Didier Lallement aura 66 ans, le 27 août prochain.

Sénat, prise d’armes légionnaire avant le défilé

 

©HW
L’initiative largement soutenue par Gérard Larcher, président du Sénat, est en train  d’entrer dans la tradition. La prise d’armes du 13 juillet dans les jardins du Luxembourg (Paris) rassemblait en cette fin de matinée, le 2e REG qui participera demain au défilé sur les Champs-Elysées et la Musique de la Légion étrangère. Le chef de la MLE, le lieutenant-colonel Emile Lardeux qui participera ce 14 juillet 2022 à son avant-dernier défilé. 
Remise de décorations, de décrets de naturalisation ont ponctué ce rendez-vous présidé par le général Eric Bellot des Minières, inspecteur général des armées et ancien chef de corps du 2e REP (2008-2010).

dimanche 10 juillet 2022

La Légion étrangère honorée dans la dernière promotion militaire de la Légion d’honneur

 

©HW
Plusieurs décrets portant élévation, promotion et nomination dans l’ordre de la Légion d’honneur ont été publiés ce matin au Journal Officiel. Plusieurs officiers ou officiers généraux ayant servi à la Légion étrangère sont concernés. Le premier est le général Thierry Burkhard, élevé à la dignité de grand officier. Le chef d’état-major des armées a commandé la 13e DBLE (2008-2010). L’actuel directeur de l’IHEDN, le général Benoît Durieux, ancien chef de corps du 2e REI (2008-2010), le général Denis Mistral, sous-chef d’état-major en charge des opérations aéroterrestres, qui a commandé le 4e RE (2009-2011), sont promus commandeurs.
De leur côté, les colonels Stève Carleton et Arnaud Goujon, respectivement anciens chefs de corps du 2e REI (2016-2018) et de la 13e DBLE (2015-2016) sont promus officiers.
Sont nommés chevalier, les lieutenants colonels Aymeric et Nicolas-Paul Albrecht, Jean-Hugues Delhumeau, Mathias Falzone, Pierre Granger, Jean-Luc Grossin, Pierre-François Mitton, Gabriel Rousselle, Lionel Segantini, François Six, Louis-Marie Velut, Renaud Voyer ainsi que le chef de bataillon Emmanuel Pavillard.
Enfin, un décret concerne le caporal-chef Radi-Mihai Ogrean (2e REP), blessé au Mali en 2019 et amputé de la jambe droite, qui est nommé chevalier.

mardi 5 juillet 2022

Nouvelle-Calédonie, Sonia Backès au gouvernement. Un pari ?

©Facebook

Un chemin de tapis rouges. Cinq mots pour résumer sobrement la carrière politique de Sonia Backès, première Calédonienne à intégrer un gouvernement de la République. Sa proximité avec l’ancien ministre des outre-mer, Sébastien Lecornu, son soutien à Emmanuel Macron lors de la présidentielle et l’élection de deux députés qui siègent dans le groupe Renaissance (ex-LREM) ont évidemment renforcé le crédit de la présidente de la province Sud (anti-indépendantiste). Des arguments propres à expliquer cette intégration au sein du gouvernement Borne 2 où elle est en charge de la Cohésion. Mais dans cette nomination, il faut également faire fonctionner sa mémoire et prendre en compte cette phrase du chef de l’État adressée, sur le territoire, en 2018 aux Calédoniens,  « La France serait moins belle sans la Nouvelle-Calédonie. » Une formule réutilisée en Polynésie en 2021. Cette Polynésie, choyée naguère par Jacques Chirac (voir post du 4 juillet 2021) qui a désigné trois députés indépendantistes (NUPES). Cette désignation est possiblement, dans un message subliminal, une réponse du « berger à la bergère. »

Paris et Nouméa
Sonia Backès
 dans ses premières prises de parole déclare pouvoir mener de pair travail gouvernemental et gestion de la province Sud, rappelons-le située aux antipodes. Soit plus de 16 000 km. Dans une période aussi complexe et brutale que celle née des législatives, la charge de travail d'un secrétaire d'Etat peut-elle le permettre ? Comme ne cessent de l’expliquer depuis bien longtemps plusieurs de ses  prédécesseurs « être ministre, c’est être disponible à Paris 24 h sur 24 h, 7 jours sur 7 ». L'opposition n'hésitera pas à le lui rappeler et à afficher la bannière du non cumul des mandats. 

lundi 4 juillet 2022

Le ministère délégué à la mémoire et aux anciens combattants devient secrétariat d'Etat aux anciens combattants et à la mémoire. Patricia Mirallès choisie

© EMA
Philippe Sorez est certainement un homme comblé depuis la fin de la matinée. Il sera, dans un mois, député de la 1ère circonscription de l’Hérault, remplaçant Patricia Mirallès qui entre au gouvernement. En qualité de secrétaire d’Etat auprès du ministre des armées, en charge des anciens combattants et de la mémoire. Fille de rapatriés d’Algérie, cette jeune quinquagénaire, a coutume de dire qu’elle est l’exemple du bon fonctionnement de l’ascenseur social. Si cher à la Légion étrangère et aux armées. Titulaire d’un CAP d’esthétique-cosmétique, la future ministre s'engage dans la vie active à 18 ans. Elle est, ensuite secrétaire, collaboratrice parlementaire, fonctionnaire territoriale à la mairie de Montpellier jusqu’en 2014, année où elle franchit le gué et devient adjointe au maire en charge de la solidarité et la cohésion sociale. Députée (LREM) en 2017, cette colonelle de la réserve citoyenne (4e régiment du matériel, Nîmes) a siégé durant la précédente législature à la commission de la défense nationale et des forces armées dont elle vice-présidente sortante. 
Mise ne cause par Médiapart, début mai quant à l'usage de ses frais de mandat, madame Mirallès faisait partie de ces nombreux parlementaires de la majorité présidentielle ayant reçu des menaces de mort pour avoir soutenu le Pass sanitaire.

La calédonienne Sonia Backès entre au gouvernement

© Province Sud, Nouvelle-Calédonie
En 1986, Jacques Lafleur avait été fort contrarié de ne pas entrer dans le deuxième gouvernement Chirac. Pis, s’il y avait bien un parlementaire issu du Pacifique Sud qui avait été appelé, ce n’est pas lui mais un polynésien, Gaston Flosse.
Trente-six ans ans plus tard, une Calédonienne intègre le gouvernement Borne 2. Sonia Backès nommée secrétaire d’Etat à la citoyenneté, auprès du ministre de l’intérieur et des outre-mer. Présidente de la province Sud de Nouvelle-Calédonie, cette anti-indépendantiste siègera donc au conseil des ministres avec Jean-François Carenco, haut-fonctionnaire, ancien secrétaire général adjoint puis secrétaire général du territoire auprès du haut-commissaire (1988-1991), nommé ministre délégué en charge des outre-mer.

samedi 2 juillet 2022

Décès du capitaine Jérôme Favier dans un accident d’ULM

Agé de 33 ans, Jérôme Favier servait depuis 2018 au GIGN. Ce jeune officier est décédé hier matin dans un accident d’ULM. L’appareil, qui appartient au club de Goussainville (Eure-et-Loir) où il effectuait un stage, s’est écrasé à proximité de la commune. Les circonstances ne sont, pour l’heure, pas encore établies. Son père, le général Denis Favier a commandé à deux reprises le GIGN (1992-97 et 2007-2011) avant de se voir confier la direction de la gendarmerie nationale (2013-2016). Le capitaine Jérôme Favier était père de deux enfants. Son épouse en attend un troisième.

vendredi 1 juillet 2022

Thomas Gassilloud, président de la Commission de la défense de l’Assemblée



Ancien militaire entre 2002 et 2007 au 7
e Bataillon de chasseurs alpins, chef d’entreprise, le député Thomas Gassilloud vient d’être élu à la tête de la Commission de la défense nationale et des forces armées de l’Assemblée nationale. Enfant des Monts du Lyonnais, il est né il y a 41 ans à Saint-Symphorien-sur-Coise dont il a été maire avant de devenir en 2017 député de cette 10e circonscription du Rhône (Renaissance). Celui qui dit utiliser encore le car pour aller prendre le TGV à Lyon était pressenti pour diriger, sous cette XVIe législature, cette commission. L’ancienne ministre déléguée à la mémoire et aux anciens combattants, Geneviève Darrieussecq (Landes, Renaissance) est l’un des quatre vice-présidents.

dimanche 26 juin 2022

Nouméa, une statue pour l’histoire



©Lizzie Carboni / NC la 1ère

La statue de la poignée de mains entre Jean-Marie Tjibaou et Jacques Lafleur*, le 26 juin 1988, a été dévoilée aujourd’hui à Nouméa, place de la Paix qui a été inaugurée concomitamment. Cette poignée de mains marque le point final des intenses négociations, qui, il y a 34 ans, conduisirent aux accords dits de Matignon. Nous sommes quelques semaines après « Ouvéa », où le 22 avril 1988 quatre gendarmes étaient tués à Fayaoué et 26 pris en otages par des indépendantistes. Le 5 mai, 19 indépendantistes kanaks étaient tués lors de l'assaut à la grotte de Gossanah.
Comme l’a rappelé ce matin à Nouméa, Isabelle Lafleur, fille du plénipotentiaire non indépendantiste « Ne jamais oublier qu’une guerre civile s’est déclarée ici. » Depuis le début des années 80 jusqu’à cette signature, celle-ci a fait 90 morts.
Cette poignée de mains a ouvert le chemin d’un « destin commun. » Pour Marie-Claude Tjibaou, veuve du leader indépendantiste « La devise, terre de parole, terre de partage ne doit pas être qu’une épitaphe gravée sur un bâtiment mais un objectif quotidien. » Un objectif toujours aussi compliqué à atteindre en 2022 en Nouvelle-Calédonie.

* Le sculpteur est Fred Fichet qui réside en Nouvelle-Calédonie. En bronze, haute de 2,50 m elle a été fabriquée par la Fonderie Barthélémy à Crest (Drôme).

jeudi 23 juin 2022

L'odonymie, arme russe


La représentation russe à Paris.

La mairie de Moscou vient de rebaptiser l'artère qui abrite l'ambassade américaine. Celle-ci devient : place de la République populaire de Donetsk. La Russie utilise donc l’odonymie (étude des voies de communication) dans sa guerre.
Reprenons l’idée et souhaitons que la mairie de Paris appelle désormais le boulevard Lannes, où est située la représentation diplomatique russe,  boulevard d'Ukraine.

vendredi 20 mai 2022

Sébastien Lecornu, nouveau ministre des armées

© gouvernement.fr

Agé de 35 ans, le nouveau titulaire du portefeuille des armées dans le gouvernement d'Elisabeth Borne, affiche une solide expérience politique. Jugé proche du président de la République et du ministre d'économie Bruno Le Maire, M. Lecornu a été maire de Vernon (2014-2015), président du conseil départemental de l'Eure (2015-2017) avant d'entrer au gouvernement en 2017. Ce fils d'un technicien de l'ex SNECMA  a d'abord été secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire (2017-2018), puis ministre des collectivités territoriales (2018-2020) et était depuis deux ans à l'outre-mer. Sébastien Lecornu remplace Florence Parly qui quitte le gouvernement.

mercredi 18 mai 2022

Et si les Ukrainiens réécrivaient « Boum", la chanson de Charles Trenet ?

Le 16 mai 1941, les auditeurs de Radio Londres, rappelait récemment mon confrère Hervé Chabaud*, pouvaient entendre dans l’émission « Les Français parlent aux Français », une nouvelle version de « Boum », la célèbre chanson (1938) de Charles Trenet. Les nouvelles paroles disaient : »Les mitrailleuses font tac tac, les Allemands nous fich’le trac. » Ces paroles pourraient être, de manière contemporaine, réadaptées par les Ukrainiens. Ainsi : « Quand les bombes russes tombent, boum. Il faut plus que ce boum pour que notre moral s’effondre ! Rappelez-vous les journaux de Poutine, comme ils en faisaient des gorges chaudes, et le ricanement à Moscou sur Kiev, tout’les nuits la mort rôde. Boum, nous avons tenu, boum ! »Il y a 80 ans, dans la version adaptée par la France libre, rappelle Hervé Chabaud, le chroniqueur Maurice van Moppès proposait «à chacun de l’apprendre et de la fredonner pour ses amis pour mieux manifester sa solidarité envers la France libre. »

*http://lhistoirenerafale.lunion.fr

lundi 2 mai 2022

Disparition du général Derville

©DR
En prenant le commandement du 2e REI en 1990, le lieutenant-colonel Yves Derville, n’imaginait pas qu’il quitterait rapidement Nîmes pour participer, au sein d’une coalition internationale, à l’opération Daguet. Là, comme tous les combattants, il eût à affronter la crainte de la menace chimique. Un sentiment de vulnérabilité qu’avait dû connaître son grand-père, tué lors de la première guerre mondiale. « Au cours de Tempête du désert, lors d’une manœuvre de desserrement, je me suis rendu compte que j’avais oublié mon masque à gaz, alors que les SCUD irakiens tombaient » se souvient un sous-officier légionnaire. « Je suis passé au rapport. Le colonel ne m’a pas sanctionné. » Une anecdote qui raconte simplement un chef apprécié de ses subordonnés. « Le 2e régiment étranger a connu avant ou après lui d’autres chef de corps de grande qualité, et même de grand style, mais aucun n’a jamais effacé son aura. Sans affection, sans démagogie non plus, son style de commandement était marqué par un sens profond de la mission, son attachement viscéral au régiment et une très grande attention vouée aux subordonnés » analyse un officier ayant servi sous ses ordres. Le général Derville, est décédé dimanche à Nîmes. A quelques encablures de la caserne Colonel Chabrières qui abrite son régiment de coeur, le 2e Etranger. Ses obsèques auront lieu jeudi à 14h à Marguerittes (Gard). Il était âgé de 76 ans.

samedi 30 avril 2022

Camerone aux antipodes

© Camerone d'après Daniel Lordey, collection CM

A Nouméa, à 18 000 kms de la maison-mère (Aubagne), entourés de fidèles et des porte-drapeaux des amicales d’anciens combattants, les anciens légionnaires de Nouvelle-Calédonie se sont réunis en cette fin du mois d’avril 2022 pour honorer ceux de Camerone et de toutes les guerres auxquelles a participé la Légion étrangère. En présence du général Valéry Putz, commandant supérieur des forces armées en Nouvelle-Calédonie (FANC) et chef de corps du 2ème Étranger (REI) entre 2014 et 2016.
Pas de compagnie tournante de la Légion étrangère pour commémorer le combat de Camerone cette année, mais la présence et l’activité de la petite mais active amicale des anciens légionnaires du territoire ont compensé les effectifs réduits. « Peu im
porte le nombre, pourvu qu’il y ait du cœur ! » rappelle un ancien képi blanc. « Et il y en a eu dans cette cérémonie sobre et simple. » Celle-ci s’est déroulée de nuit, devant le monument aux morts de Nouméa, sur la place Bir Hakeim, dont le nom évoque bien sûr les hauts faits du bataillon du Pacifique mais également évidemment de la 13e DBLE.
Conformément à l’exigence de la tradition, le texte du combat de Camerone a été intégralement récité par un jeune ancien. « Dans le ciel de Nouméa, portés par un accent qui rappelait l’engagement des étrangers au service de la France, ont résonné les mots du serment du Capitaine Danjou et les noms de ces hommes qui l’accomplirent jusqu’à l’extrême limite, et pour beaucoup jusqu’au sacrifice suprême » raconte un participant.
Ayant honoré dignement la mémoire de leurs anciens, les légionnaires calédoniens ont ensuite « chaleureusement » entretenu la cohésion de la Légion autour d’un repas. Le Boudin a ainsi retenti au milieu du Pacifique.

mercredi 20 avril 2022

Enora Chame "Lorsque je quitte la Syrie et me tourne une derrière fois vers ce pays, l’ombre me semble avoir tout recouvert"

Enora Chame est le pseudonyme d’un officier supérieur français. Diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris, de l’Institut national des langues et civilisations orientales (arabe), brevetée de l’Ecole de guerre, cette militaire (Air) a effectué dans sa carrière de nombreuses missions opérationnelles. Dans son premier livre, "Quand s’avance l’ombre" (Mareuil éditions), elle raconte une mission exceptionnelle (à tous points de vue) effectuée en Syrie d’avril à août 2012, en qualité d’observateur de l’ONU.


- Enora Chame, vous connaissez la Syrie depuis 2004. Ce pays est alors, , votre "Graal" racontez-vous. Pourquoi ?
"Parce que la Syrie est à cette époque l’un des pays du Moyen-Orient les plus fermés aux militaires, peu fréquenté par les touristes, et me semble donc particulièrement mystérieux… et attirant. Aujourd’hui, je dirais la même chose de l’Iran."

- Lorsque vous y retournez 8 ans plus tard, c'est dans le cadre d'une mission onusienne. Et là, vous vous avancez vers l'ombre...
"J’y suis retournée régulièrement. De 2004 à 2006 fréquemment, puis 2010, 2011, 2012. Dans tous les cas dans le cadre de missions ou de mutations à l’ONU. L’ombre semble me suivre, je ne m’avance pas vers elle. Elle se manifeste chaque fois que je découvre qu’un site ou une ville que j’ai connu est gagné, d’une façon ou d’une autre, par la violence. Lorsque je quitte la Syrie et me tourne une derrière fois vers ce pays, l’ombre me semble avoir tout recouvert."

- Vous êtes le seul officier français parmi ces 300 observateurs (non armés) ? 
"Oui !"

- La violence est partout. Le diable est dans tous les camps ? 
"Le diable, d’une manière générale, est, dans toutes les guerres, dans tous les camps. Pour ce qui concerne Al Qaida, je dirais oui. Les deux camps ont pensé s’en servir ou l’instrumentaliser, avant d’être dépassés par des jihadistes qui n’attendaient que le chaos pour prospérer."

- Un djihadiste menace de vous égorger ? 
"Oui, c’est ce qu’il me dit. Je ne suis pas la seule à avoir été menacée de la sorte."

- Comment psychologiquement, sortez-vous de cette mission ? 
"Très bien. Fatiguée, évidemment, et changée, comme toutes les missions vous changent. Je me surveille de près et me remets vite. Mais il restera toujours ce souvenir de mission inachevée, et de son échec. Il faut, avec le temps, se pardonner d’avoir été impuissant."

- Ne vous sentez-vous pas impuissante, ne pouvant rien faire pour la population ? 
"Très."

- Dans ce livre, vous racontez que lors de précédentes missions, dans d'autres zones, vous avez demandé à des camarades de garder une balle pour vous "si cela tournait mal"... 
"Je garde toujours une balle pour moi dans les environnements très hostiles et incertains. C’est ce que l’un de mes anciens chefs faisait pour lui-même en Afrique, et j’ai adopté le même état d’esprit. Demander à un camarade de ne pas me laisser tomber entre de très mauvaises mains, et possiblement imposer un calvaire à mes proches, m’est arrivé à deux reprises dans ma carrière, et pas dans cette mission. Pour moi, il s’agit de la meilleure façon possible de mettre ses affaires en ordre, afin de retrouver sérénité et concentration pour poursuivre la mission."