Mali : La condamnation de Yann V. une diversion face à l'échec sécuritaire
Le 5 juin dernier, la condamnation à 20 ans de réclusion du lieutenant-colonel Yann V. a marqué un tournant dans la stratégie de la junte malienne. Accusé de déstabilisation, cet officier de la DGSE, pourtant officiellement accrédité auprès des services maliens, fait figure de bouc émissaire. Opacité La procédure judiciaire a brillé par son opacité : un procès à huis clos, aucune preuve matérielle rendue publique et une détention préventive de dix mois sans accès à un avocat. Cette célérité contraste avec le sort des « complices » locaux présumés, officiers généraux, qui attendent, eux, leur jugement. Deux poids, deux mesures Ce verdict contre « l’ennemi extérieur » agit comme une diversion politique, visant à masquer les immenses faiblesses d’un pouvoir né d’un pronunciamento. « C’est simplement une traduction de la politique étrangère du général Goïta » décrypte un diplomate européen, naguère en poste au Mali. Il faut en outre y percevoir un deux poids, deux mesures, des putschistes...