Après l’attaque contre l’aéroport de Niamey, beaucoup de questions sur le bouclier russe
L’attaque des forces djihadistes contre l’aéroport de Niamey (Niger) dans la nuit du 28 au 29 janvier interpelle. Comment des forces ennemies ont-elles pu progresser et frapper un site particulièrement sensible sans être détectées ? Défaillance du renseignement ?
Victoire tactique, humiliation stratégiqueL’attaque a été finalement repoussée par les forces nigériennes et les mercenaires russes de l’Africa Corps. Moscou vend alors dans sa communication un « succès opérationnel ». Pourtant, rapidement, les images diffusées par les assaillants, ainsi que des informations recoupées auprès de sources locales, établissent un bilan bien différent : plusieurs avions de l’armée nigérienne ont été détruits ou endommagés, affaiblissant la capacité aérienne du pays, des infrastructures ont été touchées...
« Victoire tactique, humiliation stratégique » résume un militaire français. Car la base militaire 101, un espace où sont regroupés des éléments des forces armées nigériennes, des contingents de l’Alliance des États du Sahel (AES), des mercenaires russes de l’Africa Corps -ainsi que 350 soldats italiens de la Mission bilatérale de soutien (MISIN)- était présentée comme une vitrine du partenariat avec Moscou, sensé apporter une sécurité renforcée.
Un réel malaise
Ces dernières heures, le service de renseignement extérieur russe (SVR) a publié un communiqué accusant la France de préparer des coups d’État et des assassinats de dirigeants africains. Sans la moindre preuve. Une étrange riposte, « un contre-feu informationnel destiné à déplacer le débat, en réactivant un narratif anti-français devenu central dans la stratégie d’influence russe au Sahel » estime-t-on au Quai d’Orsay. Une communication immédiatement relayée par les médias d’Etat et le réseau diplomatique russe. Mais pour plusieurs diplomates africains, cette séquence créée un réel malaise. Après l’échec du modèle Wagner et les limites constatées de l’Africa Corps, la stratégie de Moscou en Afrique s’essouffle. Dans le même temps, la patience de leurs partenaires africains risque de montrer ses limites.
Illustration : Images de l’attaque
diffusés par l’EI-S