Envoi de troupes salvadoriennes après l'enlèvement de 4 ressortissants à Haïti


Le 18 octobre dernier, quatre techniciens aéronautiques salvadoriens engagés au sein de la Force de répression des gangs (FRG) ont été enlevés lors d'une embuscade  dans le quartier de Santo, à Croix-des-Bouquet localité située au nord de la cpaitale haitienne. En réaction, le président du Salvador, Nayib Bukele, a ordonné le déploiement de plus de 2 000 militaires, incluant des forces spéciales et de marines. Cette intervention d'envergure vise à mener une mission de sauvetage pour retrouver les ressortissants vivants et frapper directement les groupes criminels armés. Le 24 octobre, la FRG a reçu des restes humains. L'ADN est analysé à l'étranger, explique le site haïtien Ayibopost, « mais Bukele a déclaré que ces corps ne sont pas ceux de ses compatriotes ».

Tensions sur le terrain et doutes sur la souveraineté
Bénéficiant d'un soutien logistique en République dominicaine et de l'appui des États-Unis, les troupes salvadoriennes ont intensifié leurs opérations dans la Plaine du Cul-de-Sac (limitrophe de Port-aux-Princes). Face à cette avancée, les coalitions de gangs telles que Viv Ansanm érigent des barricades et procèdent à des recrutements forcés de jeunes, ce qui pousse de nombreux civils à fuir. Bien qu'une partie des habitants de Port-au-Prince accueille favorablement la méthode forte de Nayib Bukele, ce déploiement, opéré sans accord écrit formel et en marge du commandement de l'ONU, suscite également de vives inquiétudes quant au respect de la souveraineté haïtienne.

Une emprise criminelle ancrée depuis l'assassinat de Jovenel Moïse
Cette intervention s'inscrit dans un contexte de crise profonde qui s'est nettement aggravée à la suite de l'assassinat du président haïtien Jovenel Moïse en 2021. Depuis cet événement, les coalitions de gangs ont progressivement étendu leur territoire jusqu'à contrôler aujourd'hui entre 85 % et 90 % de la capitale, Port-au-Prince, tout en étant actives dans au moins cinq des dix départements du pays. Cette violence omniprésente a coûté la vie à plus de 5 000 Haïtiens l'an dernier et forcé des centaines de milliers de personnes à abandonner leur foyer.

Photo : ©Instagram.

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