Alexandre Rinaudo, le policier de l’ONU
Il dit : « Très tôt, j'ai souhaité servir mon pays et mes concitoyens ». Très tôt, c’est-à-dire dès l’adolescence passée par Alexandre Rinaudo dans la Drôme où il est né. Plus précisément à Valence. Influence évidente de son père qui, à dix-huit ans, a choisi de s'engager dans l'armée. C’était en 1953 et le sapeur part combattre en Indochine. Il en revient avec la Croix de guerre des TOE et la Croix de la Valeur militaire. Il obtiendra la Médaille militaire après l’AFN (Afrique du Nord).
Ce père inestimable est mort, à 92 ans, il y a quelques jours, le 3 juillet. Six mois après son épouse. « Avec mes frères et ma sœur nous disons qu’ils ont connu le « syndrome des inséparables » confie avec pudeur ce policier de 54 ans, lui même titulaire de plusieurs distinctions parmi lesquelles la croix du combattant et médaille de la sécurité intérieure avec agrafe « Gendarmerie nationale ». Ainsi qu'une autre à laquelle, il tient beaucoup également « la Médaille d'honneur du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, échelon vermeil ».
Policier
Au début au cœur des années 90, après l’école supérieure des inspecteurs de la police nationale (aujourd’hui ENSP), sa première affectation le conduit en sécurité publique, au commissariat d’Argenteuil (Val d’Oise). Très rapidement, Alexandre Rinaudo interrompt le déroulé de sa carrière pour préciser que « cette expérience de terrain m'a convaincu que l'autorité n'a de sens que lorsqu'elle est exercée avec humanité et au service des autres ».
International
Son intérêt pour les relations internationales le conduit vers la coopération policière. Au Service de coopération technique internationale de police (SCTIP), devenu aujourd’hui la Direction de la coopération internationale de sécurité (DCIS). Où il participe au développement de projets européens, à la conduite de missions de formation en Europe (Kosovo), au Moyen-Orient et en Afrique, et prend part à l'organisation de séminaires internationaux dédiés à la déontologie policière, aux droits de l'Homme et aux crimes contre l'humanité. « Sans le savoir, je posais alors les bases d'une carrière qui allait me conduire quelques années plus tard aux Nations Unies ».
USA
Mais avant en 2002, étape importante, l’ambassade de France à Washington en qualité d’adjoint de l’attaché de sécurité intérieure. Où l’officier coordonne les opérations de recherche et d'assistance aux ressortissants français dans les zones les plus durement touchées par l’ouragan Katrina, en 2005 (Nouvelle-Orléans). L’année suivante, il rejoint donc la Division de la police des nations unies en qualité de mission manager (officier traitant). D’abord détaché, il est quatre plus tard, recruté comme fonctionnaire international devenant rapidement chef de cabinet du conseiller pour la police des nations unies. Aujourd’hui, et pour quelques jours encore, Alexandre Rinaudo occupe, par intérim, la direction de la Section de la Gestion et du Soutien aux Missions, une division dirigée jusqu’ici par une commissaire générale française. Ce quinquagénaire, est en outre, un défenseur résolu de l’utilisation de la langue française dans les instances internationales. Comme le fut, l’homme qu’il admire depuis sa jeunesse : le général de Gaulle.
Photo : ©AR
