L’exploitation minière redéfinit les conflits au Sahel



C’est une lutte déterminante que se livrent au Mali, au Burkina Faso et au Niger les acteurs du maelström sécuritaire : celle pour la mainmise sur l’écosystème minier. Pour ACLED, qui vient de publier un rapport sur le sujet, l’exploitation minière modifie l’architecture des conflits au Sahel central. L’ONG est spécialisée dans la veille, la collecte, l’analyse et la cartographie des violences politiques. Cette étude, intitulée « Extraction sous le feu : comment l’exploitation minière redéfinit les conflits au Sahel central », concerne le contrôle des mines (en particulier d’or) par les groupes terroristes armés (GTA), notamment le Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM) lié à al-Qaïda, par l’État islamique dans la province du Sahel (EIPS), les groupes indépendantistes — comme le Front de libération de l’Azawad (FLA) au Mali —, les milices pro-gouvernementales — telles que les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) au Burkina Faso — mais aussi les armées régulières du Burkina, du Mali et, de façon moins marquée, du Niger, soutenues par le « partenaire » russe de l’Africa Corps.

Ruée vers l’or
Ces acteurs — groupes armés, forces étatiques ou intervenants locaux — rivalisent d’influence, cherchant à gouverner les populations et à réguler l’accès aux ressources. Mais « la violence djihadiste représente la part la plus importante des incidents recensés autour des zones minières », constate ACLED. Ainsi, dans certaines zones, le GSIM a « transformé ces sites miniers artisanaux en bases semi-permanentes où les combattants peuvent alterner entre vie civile et vie militaire, se fondre parmi les mineurs, stocker des armes et du matériel et mener des opérations avec un risque de détection moindre ». Autre enseignement du rapport : 90 % des conflits liés à l’exploitation minière se jouent en dehors des concessions elles-mêmes, dans un rayon d’une dizaine de kilomètres, affectant notamment les routes, les villes voisines et les marchés.

Illustration ©ACLED

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