Itamar Ben Gvir : de « voyou marginal » au radicalisme suprémaciste et à la gestion de la violence d'État


Itamar Ben Gvir, actuel ministre de la Sécurité nationale d’Israël, a récemment suscité une nouvelle vague d'indignation en préconisant, lors d'un entretien, de mener des « assassinats ciblés » à Gaza en éliminant « 30 à 40 personnes chaque nuit ». Pour ce dirigeant d'extrême droite, ces individus, même s'ils ne représentent pas une menace immédiate, « ne méritent pas de vivre » car ils ne seraient pas des « êtres humains ». Cette déclaration s'inscrit dans une trajectoire qui a transformé cet ancien « voyou marginal » en un artisan de l'idéologie de droite radicale au cœur du gouvernement. « Voyou marginal » car ce père de six enfants, inculpé plus de 50 fois dans sa jeunesse pour incitation à la haine ou pour des violences,  également connu pour ses positions anti-LGBT +, explique avoir été innocenté dans 46 cas. Et raconte avoir entrepris des études de droit pour se défendre lui-même.

Un héritage idéologique radical et kahaniste
Avocat, Ben Gvir a fait ses armes en défendant des colons radicaux et des activistes d'extrême droite. Disciple de l'idéologie kahaniste — un mouvement banni en Israël pour terrorisme — le chef du parti « Force juive », a longtemps affiché dans son salon le portrait de Baruch Goldstein, auteur du massacre de 29 Palestiniens à Hébron en 1994.

Provocations systématiques et mise en scène du pouvoir

Depuis sa nomination en décembre 2022, le ministre de la sécurité nationale multiplie les gestes symboliques violents : il a été vu fêtant l'adoption d'une loi sur la peine de mort — visant spécifiquement les Palestiniens — avec du champagne, entouré de députés arborant des pin's en forme de nœud de pendu. Plus récemment, il a provoqué un tollé international en diffusant des images de militants de la « flottille pour Gaza » agenouillés et les mains liées, ce qui lui a valu d'être interdit de territoire français en mai 2026.

Un ministre clivant au cœur des tensions nationales

Sur le plan intérieur, son mandat est marqué par une explosion de la criminalité au sein de la minorité arabe d'Israël, une situation que ses détracteurs attribuent à un désengagement délibéré de la police sous ses ordres, le qualifiant de « ministre du crime ». Défenseur acharné de l'annexion de la Cisjordanie, celui dont les déclarations et agissements participent largement à l’isolement international de son pays, revendique ouvertement une hiérarchie des droits, affirmant que son droit de circuler est supérieur à celui des Arabes. Il y a deux semaines, le tribunal de district de Jérusalem a émis une injonction temporaire suspendant le projet d’Itamar Ben-Gvir, de créer une version israélienne du centre de détention américain surnommé « Alligator Alcatraz » pour les détenus palestiniens, invoquant les dommages escomptés pour la faune sauvage. Réponse toute en nuance de Ben-Gvir qui a accusé le système judiciaire de « se ranger du côté des terroristes ».

Photo : © Avshalom Sassoni/Flash90

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