Francis Ndarua, « ouvre-boites » kenyan de l’armée russe



Ils s’appellent Clinton Nyapara Mogesa, Charles Waithaka. Ces deux kenyans à la recherche d’un avenir meilleur sont morts en Ukraine. Ces supplétifs de l’armée russe ont cru les promesses de marchands de rêves qui leur ont fait miroiter un emploi qui les sortirait de l’adversité.

De la chair à canon

Clinton Nyapara Mogesa, 29 ans, est mort dans l’est de l’Ukraine. Son corps n’a jamais été rapatrié. Possiblement abandonné sur place. Le corps de Charles Waithaka lui n’a pas été retrouvé. Une cérémonie a été organisée le 5 février à Nyeri, dans les hauts plateaux centraux, en sa mémoire.
A Nairobi, Anne Ndarua n’a plus de nouvelles de son fils unique depuis octobre dernier. Il y a six mois cet homme de 35 ans, sans emploi, est parti en Russie. En décembre, une vidéo de Francis est devenue virale sur les réseaux sociaux. CNN raconte : « En uniforme, une mine terrestre attachée à sa poitrine, il semble terrifié tandis qu’une personne s’exprimant en russe, proférant des insultes racistes, déclare qu’il sera utilisé comme ouvre-boîtes pour percer les positions ukrainiennes »

Système cynique
Affaibli par sa guerre d’agression, la Russie à la recherche de « volontaires » a mis en place un vaste système de recrutement sur le continent africain. Différentes agences sont suspectées de jouer les sergents recruteurs, sans préciser la réalité du job. Elles agiraient en « faux-nez ». Ainsi à Nairobi, Talent Sepherd qui propose des « solutions d’immigration sur mesure » ou Global Face Recruiting Agency.
Plusieurs recrues affirment que des postes de chauffeur, d’ouvrier ou d’agent de sécurité leur ont été promis avec des salaires potentiellement de 300 000 shillings soit 2 000 € alors que le salaire moyen au Kenya est de 45 000 shillings (296 €).

« Nouvelle traite négrière »

En réaction, le Kenya a refusé de se rendre à la deuxième conférence interministérielle destinée à préparer le troisième somment Russie-Afrique. L’Ouganda, l’Afrique du Sud, le Botswana reconnaissent « l’ampleur du problème ». Des voix sur le continent parlent, elles, de « nouvelle traite négrière ».

Photo : la mère de Charles Waithaka, jeudi, montrant son fils tué en Ukraine ©X

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