Vengeance géopolitique et musellement intérieur : l'hypocrisie de la dictature azerbaïdjanaise
Le 19 août, à l’occasion de la journée mondiale de l’aide humanitaire, le Groupe d’initiative de Bakou (GIB) communiquait ainsi : « Pour de nombreux peuples autochtones et colonisés dans les colonies françaises et néerlandaises, ainsi que dans les anciennes colonies belges, les crises humanitaires actuelles (sic) ne sont pas le fruit du hasard. Elles sont le résultat du régime colonial ». Cette structure, appelée en anglais Baku Initiative Group (BIG), créée en juillet 2023, s’impose comme un outil de vengeance géopolitique ciblant spécifiquement la France, notamment en raison de son soutien à l’Arménie.
Une dictature intérieure sous couvert de leçons de démocratie
Il est particulièrement saisissant de voir l'Azerbaïdjan tenter de donner des leçons de démocratie et de droits humains à l'échelle internationale, alors qu'à l'intérieur de ses frontières, le pouvoir maintient une dictature féroce et implacable.
Au même moment, en effet, à Bakou, le régime répressif d’Ilham Aliev s'active à mettre au pas les influenceurs. Après les opposants et les journalistes, c'est désormais une dizaine de tiktokeurs qui ont été traduits devant la justice pour « manque de respect évident pour la société ». Cette terminologie, classique des régimes autoritaires pour bâillonner les esprits jugés trop libres, a été utilisée pour les condamner à des peines de prison allant de deux semaines à un mois. Selon le journaliste azerbaïdjanais en exil en Pologne, Cavid Aga, cité par Le Monde, pas moins de 206 influenceurs auraient ainsi été arrêtés au cours des cinq derniers mois.
Photo ©Présidence de la République AZ
