Kemi Séba, Nathalie Yamb, ces voix du panafricanisme pro-russe en Afrique


Le panafricanisme s'est affirmé ces dernières années comme un levier de la stratégie d'influence de Moscou en Afrique francophone. En réinvestissant la rhétorique anticoloniale et la critique de la « Françafrique », ce mouvement s'appuie sur des figures très suivies sur les réseaux sociaux afin de légitimer la présence russe sur le continent.

Kémi Séba, de l'activisme aux déboires judiciaires
Président de l'ONG "Urgences Panafricanistes" et déchu de sa nationalité française en 2024, Kémi Séba (son patronyme est Stellio Capo Chichi) a bâti sa notoriété sur des attaques contre la France et le franc CFA. Il a entretenu ou entretient des liens étroits avec l'idéologue russe Alexandre Douguine et a bénéficié de financements issus du réseau de d'Evgueni Prigojine. Nommé conseiller spécial de la junte au Niger et détenteur d'un passeport diplomatique fourni par Niamey, son parcours s'est toutefois heurté à une série de revers judiciaires et politiques.
Ce militant racialiste et antisémite a, en effet, été arrêté en avril dernier en Afrique du Sud alors qu'il tentait de franchir clandestinement la frontière vers le Zimbabwe en compagnie d'un militant afrikaaner ; une fuite que la justice sud-africaine soupçonne d'avoir été financée par Moscou. Celle-ci a ensuite rejeté l'immunité diplomatique invoquée par sa défense, le maintenant au cœur d'une procédure d'extradition vers le Bénin (dont il possède la nationalité) où il est poursuivi pour incitation à la rébellion et soutien à une tentative de coup d'État. 
Récemment, une fuite d'enregistrements audio a révélé qu'il émettait en privé de vives critiques contre les dirigeants de l'Alliance des États du Sahel (AES) et la Russie, contrastant avec ses prises de position publiques.

Nathalie Yamb : « la dame de Sotchi »
Surnommée ainsi depuis son discours virulent lors du premier sommet Russie-Afrique en 2019, la militante suisso-camerounaise Nathalie Yamb incarne une ligne médiatique et doctrinale du mouvement. Identifiée par les services occidentaux comme un rouage clé de la propagande pro-russe rattachée également aux réseaux de Prigojine, elle est interdite de séjour en France et visée par des sanctions financières et territoriales de l'Union européenne. Également nommée conseillère spéciale à la présidence du Niger possédant également un passeport diplomatique, elle défend activement les régimes militaires de l'AES et le déploiement des forces russes. Mais son discours fait l'objet de critiques soulignant son « anti-impérialisme sélectif », taisant ainsi, les exactions de Wagner ainsi que le paradoxe de mener ses distribués contre l'Occident depuis sa résidence suisse.

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