Le silence de Moscou face aux soupçons de peste en Sibérie
Le décès le 2 octobre dernier de Daria Tchipilova, une technicienne de 28 ans travaillant pour l'Institut de lutte contre la peste d'Irkoutsk après le bris d'un tube contenant des bactéries, ravive les craintes d'une fuite biologique en Sibérie. Alors qu'un second décès présentant des symptômes similaires vient d'être signalé dans un hôpital local, les autorités russes nient toute épidémie et attribuent officiellement la mort à une « pneumonie d'étiologie inconnue ». Toutefois, la mise sous observation de près de 200 cas contacts et le placement de plusieurs établissements de santé en quarantaine contredisent les discours rassurants du Kremlin.
Opacité, censure
L'inquiétude internationale s'est vivement accrue en raison de la suppression de messages d'alerte régionaux et du retrait de plusieurs articles dans les médias russes. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) ainsi que les États-Unis ont officiellement réclamé de la transparence et davantage d'informations à Moscou. En parallèle, plusieurs pays voisins d'Asie centrale et d'Asie du Sud-Est ont immédiatement renforcé leurs contrôles sanitaires aux frontières et dans leurs aéroports.
Sommet Russie-Afrique : des risques sécuritaires et sanitaires majeurs
Cette potentielle crise sanitaire survient alors que la Russie va accueillir le troisième sommet Russie-Afrique, les 28 et 29 octobre. La participation prévue des dirigeants de l'Alliance des États du Sahel (AES) comporte déjà de lourds enjeux ; leur absence simultanée du Sahel les fragilise face aux offensives jihadistes et aux menaces de déstabilisation interne, alors même que la capitale russe subit des frappes de drones. Avec le manque de clarté de Moscou sur le risque épidémique, cette incertitude sanitaire nouvelle est susceptible d'éroder la confiance de ses alliés africains.
Précisons, comme l’a fait l’OMS, que la peste pulmonaire est une forme grave et hautement contagieuse, se transmettant de personne à personne par gouttelettes respiratoires et pouvant être rapidement mortelle sans prise en charge antibiotique rapide.
