Qui est « L'assassin de Pigalle » ?
Seuls les historiens contemporanéistes, les amateurs éclairés qui maitrisent les multiples points d’accès de la Seconde Guerre mondiale, les étudiants qui travaillent sur le sujet et les derniers témoins encore de ce monde, connaissent peu ou prou ce passé-là. Ce monde dans lequel évoluaient « Robert le pâle » un faussaire, « Nez de braise » un cambrioleur, Jean Rossi, un proxénète, Alexandre Villaplana (dit Villaplane), 25 sélections en équipe de France de football, Paul Millebuau, un policier révoqué, tout comme le fut Pierre Bony, ancien « 1er flic de France » surnommé ainsi en 1934, après l’affaire Stavisky. Bony qui sera, dans ces années noires, une sorte de directeur administratif et financier de l’organisation collaborationniste (par intérêt) qui réunit toutes ces profils véreux, demi-sels, voyous à la petite semaine, frappes plus ou moins petites, trafiquants en tous genres mais aussi assassins et psychopathes chargés, sans le moindre état d'âme, des tortures…
La Carlingue
Une organisation créée par Henri Lafont (Chamberlin de son véritable nom) appelée Gestapo française ou « La Carlingue », qui fut mise en place dès le début de l’Occupation, domiciliée au 93 de la rue Lauriston, dans le 16e arrondissement parisien.
Il faut absolument ces quelques lignes pour raconter l’univers dans lequel Gabriel Katz a fait évoluer ses personnages de « L’assassin de Pigalle » (City Editions).
L’assassin de Pigalle
Voici l'histoire : quelques mois seulement après la fin de guerre, un homme meurt dans un hôtel minable de Pigalle. L’assassin présumé est immédiatement arrêté. Mais…
Rapidement, l’inspecteur Weber comprend que son cadavre, qui n’intéresse que lui, aurait été membre de « La Carlingue ». Pas une tête d’affiche, plutôt un profiteur flasque sorti de prison par « M. Henri » pour sa connaissance dans les antiquités. Max Weber, le néo flic, débarrassé de son uniforme de parachutiste de l’armée américaine, met sa foi, son énergie, son courage dans ce dossier avec l’aide d’une avocate destinée, certainement, à devenir son amoureuse. Mais cela Gabriel Katz ne l’écrit pas. En revanche, il faut le reconnaitre, cet auteur est réellement un fin manœuvrier. Comme l’un de ses personnages… Mais pour cela, il faut aller au bout des 318 pages de cet épatant roman noir qui explore une période qui fournit des personnalités propres à emballer un thriller psychologique. Construit sur un terreau inestimable : la réalité historique.
Gabriel Katz "L'assassin de Pigalle", City, 21,50 €
