Blessure au combat, blessure psychique, se relever (2)
Après Jean-Louis, Nicolas et Xavier hier, militaires de l'armée de Terre victimes de stress post-traumatique, voici aujourd'hui Laurent, Henri et Vincent. Le premier, a tout connu. La grave blessure en Afghanistan puis le TSPT*. Henri, gendarme a quitté le GIGN sur blessure mais pas l'institution et Vincent tout jeune sapeur pompier de Paris a vu sa vie brisée par un accident de moto. Ils ont raconté samedi après-midi, lors d'une table ronde organisée au salon du livre militaire de Brive (Corrèze), leur reconstruction.
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| Laurent |
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| Henri |
On continue
Henri Malfatti est le plus âgé des six hommes qui, samedi après-midi, ont témoigné lors de cette deuxième édition du salon militaire de Brive. Il a 76 ans. Cet officier a quitté la gendarmerie, en 2004, avec le grade de lieutenant-colonel. Avec comme point d’orgue ces années passées au GIGN. « J’y suis rentré le 16 juillet 1978 et parti le 31 juillet 1988 » raconte-t-il. Qu'il quitte avec tristesse. Car blessé. « En 1986, en Bretagne, un forcené m’a tiré une décharge sur le visage ». Le trentenaire perd un œil. Que fait-on alors ? « On se relève et on continue » commente Henri Malfatti qui n’en a pas fini avec les blessures. En 2000, en Guyane, perforation de la cuisse par une balle. Il dit : « Ensuite ? On se relève et on continue ». Suivent la réserve opérationnelle, des missions également. A Djibouti en 2014, alors qu’il participe à la formation des forces de police locale, il est victime du terrorisme : tympan perforé. Un attentat meurtrier revendiqué par des islamistes somaliens affiliés à Al-Qaïda. Engagé dans la vie associative, membre des Gueules Cassées, ce dynamique retraité, trois fois cité à l'ordre de la gendarmerie, est un exemple d’optimisme.
Ultraops
Il en faut pour surmonter le drame survenu à Vincent Dorival. Sapeur- pompier en région parisienne (BSPP), il chute à moto, à cause d’huile sur la route, à 200 m de la caserne alors qu’il allait prendre son service. Nous sommes le 18 avril 2001. Il a 22 ans. « Je survis à 8 arrêts cardiaques grâce à l’action de mes collègues et des médecins de l’hôpital Percy (Clamart) » raconte-t-il. Il est maintenu en vie mais le bilan fonctionnel est catastrophique. « Je suis assimilé tétraplégique ». Après 10 ans de rééducation journalière, le jeune homme intègre le cercle sportif de l’Institution nationale des Invalides (Paris). La vie doit se poursuivre. Nous sommes en 2012. L’ancien pompier devient rapidement champion de France handisport 2014 de lancer du disque et bat un record national. Il obtient également un titre de vice-champion d’Europe au lancer du poids, chez les militaires blessés. « Je choisis alors de quitter l’athlétisme pour réaliser des défis d’endurance avec mon fauteuil roulant non équipé » explique-t-il.
Ainsi en 2015, 2016 et 2018 il dispute le cross du Grand Bara à Djibouti. En 2017, Vincent Dorival relie les trois frontières du désert du Néguev (Egypte, Israël, Jordanie) en solitaire (aller-retour) ; en 2019, il traverse en compagnie de six autres blessés la Death Valley (309 km). Et créé l’association ULTRAOPS (https://www.ultraops.fr/) qui a pour objet d’accompagner des blessés de la Défense dans leur reconstruction par la réalisation de défis en milieu désertique. Le prochain, le quatrième, va démarrer le 19 septembre dans l’Atlas marocain afin de parcourir 350 km avec 11 blessés.
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| Vincent |
Il en faut pour surmonter le drame survenu à Vincent Dorival. Sapeur- pompier en région parisienne (BSPP), il chute à moto, à cause d’huile sur la route, à 200 m de la caserne alors qu’il allait prendre son service. Nous sommes le 18 avril 2001. Il a 22 ans. « Je survis à 8 arrêts cardiaques grâce à l’action de mes collègues et des médecins de l’hôpital Percy (Clamart) » raconte-t-il. Il est maintenu en vie mais le bilan fonctionnel est catastrophique. « Je suis assimilé tétraplégique ». Après 10 ans de rééducation journalière, le jeune homme intègre le cercle sportif de l’Institution nationale des Invalides (Paris). La vie doit se poursuivre. Nous sommes en 2012. L’ancien pompier devient rapidement champion de France handisport 2014 de lancer du disque et bat un record national. Il obtient également un titre de vice-champion d’Europe au lancer du poids, chez les militaires blessés. « Je choisis alors de quitter l’athlétisme pour réaliser des défis d’endurance avec mon fauteuil roulant non équipé » explique-t-il.
Ainsi en 2015, 2016 et 2018 il dispute le cross du Grand Bara à Djibouti. En 2017, Vincent Dorival relie les trois frontières du désert du Néguev (Egypte, Israël, Jordanie) en solitaire (aller-retour) ; en 2019, il traverse en compagnie de six autres blessés la Death Valley (309 km). Et créé l’association ULTRAOPS (https://www.ultraops.fr/) qui a pour objet d’accompagner des blessés de la Défense dans leur reconstruction par la réalisation de défis en milieu désertique. Le prochain, le quatrième, va démarrer le 19 septembre dans l’Atlas marocain afin de parcourir 350 km avec 11 blessés.
**EMDR : thérapie qui utilise la stimulation sensorielle bi-alternée (droite-gauche) en se pratiquant par le mouvements des yeux.


