Une magistrate d’expérience à la tête de la « police des gendarmes »



« Il faut éviter que la corruption prenne ancrage au sein de la gendarmerie ». C'est avec ce cap clair que Julie Bernier aborde ses nouvelles fonctions à la tête de l'Inspection générale de la Gendarmerie nationale (IGGN), où elle s'est installée cet été. Première magistrate issue du parquet à diriger cet organe de contrôle interne fort de 130 personnels, elle s'appuie sur dix-sept ans de carrière judiciaire pour piloter les grands chantiers de l'institution, au premier rang desquels figure le déploiement du nouveau plan anticorruption.

Un ancrage solide au cœur de la justice territoriale

Diplômée de l’École nationale de la magistrature en 2005, Julie Bernier s'est forgé une solide expertise dans la conduite d’enquêtes sensibles, le traitement de dossiers complexes et le contrôle de procédures concernant des personnes dépositaires de l’autorité publique. Elle possède également une fine connaissance de la gendarmerie. Son parcours l’a menée du parquet d'Angers à la cour d’appel, puis à la tête du parquet de Montluçon en tant que procureure de la République, avant de rejoindre celui de Troyes, caractérisé par une forte activité pénitentiaire.

Du terrain judiciaire à la direction de l'IGGN
En février 2025, la magistrate effectue un premier détachement au cabinet du directeur général de la gendarmerie. « J'étais une sorte d'officier de liaison entre la gendarmerie nationale et l’institution judiciaire, à la fois vigie et ambassadeur », confiait-elle au magazine Gendinfo. Cette Sarthoise prend désormais la succession d'un autre magistrat, Jean-Michel Gentil, à la tête de l'IGGN.

Des signalements et des sanctions en hausse
 
Le rapport 2025 de l'IGGN met en évidence une augmentation globale des signalements et des procédures disciplinaires. L’Inspection est passée de 3 294 signalements externes en 2023 à 5 193 deux ans plus tard, soit une hausse de 57,6 % sur l'ensemble de la période (ou 24 % sur un an par rapport à 2024). Sur le plan disciplinaire, 3 690 sanctions sont recensées dans ce bilan 2025 (contre 3 065 en 2023), ce qui concerne environ 3 % de l'effectif militaire de la gendarmerie.

 Photo : ©DR

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