Au cœur du CPA 10
Charles d’Azérat (un pseudonyme) est un officier supérieur du CPA 10. Entendez le commando parachutiste de l'air n°10, régiment de forces spéciales de l'armée de l'Air et de l'Espace. Ce trentenaire s’est lancé dans une mission singulière pour un opérateur des FS : se raconter et à travers lui, expliquer publiquement (mais partiellement) le quotidien et l’environnement de ses pairs. Avec l’appui de ses chefs. Il y a beaucoup de sincérité dans son récit avec le projet dominant de rendre hommage au dévouement de ses camarades du CPA 10 mais au-delà de l’ensemble des commandos des forces spéciales. Mais aussi aux épouses et compagnes de ces militaires de l’ombre.
Ce livre, c’est d’abord un besoin de dire ?
Je dirais plutôt que c’est la nécessité de transmettre et de rendre hommage. Aujourd’hui, le temps fuit et la mémoire s’érode. C’est sans doute la conjonction de ces deux éléments qui m’ont motivé à écrire. Ensuite, le travail d’écriture permet de structurer sa pensée et, rendre hommage à mes hommes était une nécessité. En d’autres termes, il s’agit de témoigner reconnaissance aux hommes remarquables que j’ai commandés et côtoyés. De transmettre aux générations futures et à nos proches à quel point les guerriers avec qui j’ai combattu, sont des hommes d’exception et des chevaliers des temps modernes. Enfin, de réfléchir au sens de l’engagement charnel qu’ont les hommes de guerre avec leur pays par le prisme d’un époux et d’un père de famille.
Ces 160 pages sont aussi destinées à votre épouse et à vos enfants ?
Tout à fait. Si l’unité de vie entre ma foi, ma famille et le service de mon pays est essentielle, il est toujours délicat de retranscrire l’ensemble de ses ressentis à l’oral.
De plus il me paraissait incontournable d’écrire pour mes enfants afin qu’ils mesurent pourquoi leur père fut aussi souvent absent et à quel point le service des armes de la France est total.
C’est pourquoi après plus de 9 ans à servir mon pays, dont près de sept années loin de mon foyer, j’ai décidé de prendre ma plume pour ma famille et mes amis afin qu’ils se rendent compte du caractère absolu et noble de mon engagement en qualité d’époux, de père et de chef de guerre pour mon pays.
C’est un bon ami normalien qui, après avoir relu mon manuscrit, m’a enjoint de publier pour le plus grand nombre et de sortir du projet d’autoédition domestique. Il m’affirma que c’était nécessaire et que le besoin de lire ce type d’ouvrage était grand pour ceux qui cherchent à mettre du sens dans leur vie et pour ceux qui l’ont perdu.
C’est compliqué pour votre épouse d’être la femme d’un opérateur des forces spéciales ?
Je ne dirais pas que c’est compliqué, nous nous sommes connus à 17 ans et nous avons grandi et mûri ensemble. Aussi elle s’est préparée à vivre ce type d’épreuves. Elle y excelle de manière remarquable. Je n’aurais pu être aussi bon et à ma place de manière aussi naturelle sans elle.
La véritable difficulté est en revanche dans l’acceptation des autres vis à vis de son sacrifice et de sa vocation d’épouse et de mère au foyer. Sans le don total de sa vie au quotidien pour notre famille, nos enfants n’auraient pu être aussi heureux. Enfin, une base arrière solide est gage de la réussite de nos opérations tant l’engagement y est total.
Il est inhabituel qu’un officier supérieur, pas encore quadragénaire, écrive sur les missions de son unité, a fortiori composante des forces spéciales ?
Effectivement, c’est plutôt rare mais je dirais que c’est conjoncturel ; nous y sommes moins habitués aujourd’hui alors que cela me paraît essentiel pour s’adresser aux jeunes générations. Transmettre et donner du sens est incontournable, élever la réflexion par un prisme vocationnel l’est encore plus.
En revanche, si je n’avais pas été motivé pour publier, ce caractère « inhabituel » serait resté la norme.
Entreprise validée par vos supérieurs ?
Tout à fait, si écrire est plutôt encouragé, la teneur des productions écrites se doit de passer par le filtre de l’institution militaire.
En premier lieu pour s’assurer du respect de la sécurité des opérations et éviter la divulgation d’informations classifiées.
En effet, même au sein d’unités habituées aux opérations classifiées, l’erreur de communication est possible et ce garde-fou de relecture est essentiel.
En second lieu, il s’agit de s’assurer de la nature du texte pour ne pas dévaloriser ou éroder l’image et les messages des armées.
Vous faites œuvre à travers ce livre de porte-parole de vos camarades du CPA 10 ?
Oui mais pas seulement. La famille des opérations spéciales et bien plus large. En effet si ma légitimité à écrire et à parler de sujets forts est profondément liée à mon appartenance au CPA 10, en qualité d’ancien chef de groupe action, chef de mission et aujourd’hui au sein de l’équipe de commandement, il s’agit ici de rendre hommage aux commandos, opérateurs renseignement et équipages du commandement des opérations spéciales (COS).
Après avoir lu mon livre, nombre des hommes que j’ai commandés m’ont témoigné leur reconnaissance pour avoir écrit pour eux (du CPA 10 mais également des autres unités du COS). La reconnaissance et l’hommage qui leur sont dus sont essentiels.
Vous le dites souvent dans votre récit, c’est « un privilège » d’y servir. Pourquoi ?
Commando qui n’est pas le plus connu ?
C'était assez vrai il y a quelques années mais je crois que nos faits d’armes et notre légitimité incontestable au sein du COS font de notre commando une unité de premier plan.
Par ailleurs, notre patrimoine historique riche, en qualité d’héritiers des premiers parachutistes des armées, des premières actions spéciales au cours du dernier conflit mondial et des commandos de chasse en Algérie, nous donne une véritable profondeur pour la reconnaissance de cette remarquable unité.
Vous avez écrit à l’ancienne, sur un cahier ?
Effectivement, je serai bien incapable d’écrire directement sur mon ordinateur. Aussi j’ai intuitivement commencé à écrire sur papier et j’ai pu raturer à souhait avant de le taper sur mon ordinateur. Il me semble que le papier et la plume sont encore le binôme nécessaire à l’inspiration littéraire, au moins me concernant !
Vous êtes le premier officier de l’Ecole de l’Air à être entré directement au CPA 10 ?
Effectivement depuis la recréation du CPA 10, au début des années 90, je suis le premier officier directement sorti d’école à réussir les sélections du stage Bélouga.
Cette singularité s’explique par le caractère très sélectif de ce stage pour entrer au CPA 10 et le fait que l’armée de l’air et de l’espace (AAE) a également plutôt vocation à recruter des officiers experts en aéronautique.
Aujourd’hui nous avons de remarquables officiers dans les jeunes générations et c’est une fierté.
Ce livre, c’est d’abord un besoin de dire ?
Je dirais plutôt que c’est la nécessité de transmettre et de rendre hommage. Aujourd’hui, le temps fuit et la mémoire s’érode. C’est sans doute la conjonction de ces deux éléments qui m’ont motivé à écrire. Ensuite, le travail d’écriture permet de structurer sa pensée et, rendre hommage à mes hommes était une nécessité. En d’autres termes, il s’agit de témoigner reconnaissance aux hommes remarquables que j’ai commandés et côtoyés. De transmettre aux générations futures et à nos proches à quel point les guerriers avec qui j’ai combattu, sont des hommes d’exception et des chevaliers des temps modernes. Enfin, de réfléchir au sens de l’engagement charnel qu’ont les hommes de guerre avec leur pays par le prisme d’un époux et d’un père de famille.
Ces 160 pages sont aussi destinées à votre épouse et à vos enfants ?
Tout à fait. Si l’unité de vie entre ma foi, ma famille et le service de mon pays est essentielle, il est toujours délicat de retranscrire l’ensemble de ses ressentis à l’oral.
De plus il me paraissait incontournable d’écrire pour mes enfants afin qu’ils mesurent pourquoi leur père fut aussi souvent absent et à quel point le service des armes de la France est total.
C’est pourquoi après plus de 9 ans à servir mon pays, dont près de sept années loin de mon foyer, j’ai décidé de prendre ma plume pour ma famille et mes amis afin qu’ils se rendent compte du caractère absolu et noble de mon engagement en qualité d’époux, de père et de chef de guerre pour mon pays.
C’est un bon ami normalien qui, après avoir relu mon manuscrit, m’a enjoint de publier pour le plus grand nombre et de sortir du projet d’autoédition domestique. Il m’affirma que c’était nécessaire et que le besoin de lire ce type d’ouvrage était grand pour ceux qui cherchent à mettre du sens dans leur vie et pour ceux qui l’ont perdu.
C’est compliqué pour votre épouse d’être la femme d’un opérateur des forces spéciales ?
Je ne dirais pas que c’est compliqué, nous nous sommes connus à 17 ans et nous avons grandi et mûri ensemble. Aussi elle s’est préparée à vivre ce type d’épreuves. Elle y excelle de manière remarquable. Je n’aurais pu être aussi bon et à ma place de manière aussi naturelle sans elle.
La véritable difficulté est en revanche dans l’acceptation des autres vis à vis de son sacrifice et de sa vocation d’épouse et de mère au foyer. Sans le don total de sa vie au quotidien pour notre famille, nos enfants n’auraient pu être aussi heureux. Enfin, une base arrière solide est gage de la réussite de nos opérations tant l’engagement y est total.
Il est inhabituel qu’un officier supérieur, pas encore quadragénaire, écrive sur les missions de son unité, a fortiori composante des forces spéciales ?
Effectivement, c’est plutôt rare mais je dirais que c’est conjoncturel ; nous y sommes moins habitués aujourd’hui alors que cela me paraît essentiel pour s’adresser aux jeunes générations. Transmettre et donner du sens est incontournable, élever la réflexion par un prisme vocationnel l’est encore plus.
En revanche, si je n’avais pas été motivé pour publier, ce caractère « inhabituel » serait resté la norme.
Entreprise validée par vos supérieurs ?
Tout à fait, si écrire est plutôt encouragé, la teneur des productions écrites se doit de passer par le filtre de l’institution militaire.
En premier lieu pour s’assurer du respect de la sécurité des opérations et éviter la divulgation d’informations classifiées.
En effet, même au sein d’unités habituées aux opérations classifiées, l’erreur de communication est possible et ce garde-fou de relecture est essentiel.
En second lieu, il s’agit de s’assurer de la nature du texte pour ne pas dévaloriser ou éroder l’image et les messages des armées.
Vous faites œuvre à travers ce livre de porte-parole de vos camarades du CPA 10 ?
Oui mais pas seulement. La famille des opérations spéciales et bien plus large. En effet si ma légitimité à écrire et à parler de sujets forts est profondément liée à mon appartenance au CPA 10, en qualité d’ancien chef de groupe action, chef de mission et aujourd’hui au sein de l’équipe de commandement, il s’agit ici de rendre hommage aux commandos, opérateurs renseignement et équipages du commandement des opérations spéciales (COS).
Après avoir lu mon livre, nombre des hommes que j’ai commandés m’ont témoigné leur reconnaissance pour avoir écrit pour eux (du CPA 10 mais également des autres unités du COS). La reconnaissance et l’hommage qui leur sont dus sont essentiels.
Vous le dites souvent dans votre récit, c’est « un privilège » d’y servir. Pourquoi ?
Oui, ce fut un privilège et un honneur de servir au sein du CPA 10 et de commander des guerriers d’une telle valeur. Ce sentiment me parait sain pour exceller et agir au service de son pays. Nous nous inscrivons dans une histoire et une civilisation qui nous dépassent et mesurer ce privilège par le service garantit la gratuité du don de soi pour son pays.
Commando qui n’est pas le plus connu ?
C'était assez vrai il y a quelques années mais je crois que nos faits d’armes et notre légitimité incontestable au sein du COS font de notre commando une unité de premier plan.
Par ailleurs, notre patrimoine historique riche, en qualité d’héritiers des premiers parachutistes des armées, des premières actions spéciales au cours du dernier conflit mondial et des commandos de chasse en Algérie, nous donne une véritable profondeur pour la reconnaissance de cette remarquable unité.
Vous avez écrit à l’ancienne, sur un cahier ?
Effectivement, je serai bien incapable d’écrire directement sur mon ordinateur. Aussi j’ai intuitivement commencé à écrire sur papier et j’ai pu raturer à souhait avant de le taper sur mon ordinateur. Il me semble que le papier et la plume sont encore le binôme nécessaire à l’inspiration littéraire, au moins me concernant !
Vous êtes le premier officier de l’Ecole de l’Air à être entré directement au CPA 10 ?
Effectivement depuis la recréation du CPA 10, au début des années 90, je suis le premier officier directement sorti d’école à réussir les sélections du stage Bélouga.
Cette singularité s’explique par le caractère très sélectif de ce stage pour entrer au CPA 10 et le fait que l’armée de l’air et de l’espace (AAE) a également plutôt vocation à recruter des officiers experts en aéronautique.
Aujourd’hui nous avons de remarquables officiers dans les jeunes générations et c’est une fierté.
Charles d'Azerat, A coeur ouvert, Mareuil éditions, 21 €.

