Le dilemme des footballeuses de l’équipe nationale d’Iran
« Les lionnes courent en liberté, se reposent en volant vers l'enfer ». Voilà comment le quotidien The Australian parle du départ des joueuses de l’équipe nationale iranienne (surnommées « les lionnes ») vers leur pays. Eliminée de la Coupe d’Asie 2026 en Australie, elles viennent donc de quitter Sydney et l’Océanie. La délégation ne revient toutefois pas au complet. Sept d’entre elles ont choisi de ne pas rentrer, et ont demandé l’asile politique au pays hôte de la compétition.
Silence
Non pas en raison de la guerre mais parce que les joueuses ont refusé de chanter l'hymne national lors de leur première rencontre. Ce qu’elles ont, en revanche, fait lors de la deuxième et la troisième. Comme l’ont fait leurs homologues masculins qui, en 2022 au Qatar, lors de la coupe du monde, sont restés silencieux lors des hymnes pour protester contre la répression. « Certaines joueuses estiment qu’elles doivent rentrer, car elles s’inquiètent pour la sécurité de leur famille, notamment en raison des menaces qui pèsent sur (leurs) membres (…) si elles ne rentrent pas » a écrit, il y a quelques heures, Donald Trump sur un réseau social.
« Traitresses »
Immédiatement, l'équipe a été qualifiée de « traîtresse » représentant le « summum du déshonneur ». par la télévision d'État iranienne. Il est facile de mesurer, aujourd’hui, les risques encourus par le groupe. Tony Burke le ministre de l’intérieur australien, cité par la chaîne de télévision ABC, a expliqué que « Chaque membre de cette équipe a été placé dans une situation où il se trouvait uniquement avec des fonctionnaires du ministère de l'Intérieur, loin de toute personne susceptible d'exercer des pressions sur lui, et on lui a donné le choix ». Ces sept joueuses, dont la capitaine, « peuvent rester en Australie, elles sont en sécurité ici et il faut qu’elles se sentent comme chez elles », a précisé le ministre.
Jeune footballeuse tuée
Le 9 janvier dernier, une footballeuse qui avait participé à des stages de préparation de l’équipe nationale, Zahra Azadpour, a été tuée par les forces de sécurité iraniennes à Karaj (30 km de Téhéran) lors d’une manifestation.
Le 9 janvier dernier, une footballeuse qui avait participé à des stages de préparation de l’équipe nationale, Zahra Azadpour, a été tuée par les forces de sécurité iraniennes à Karaj (30 km de Téhéran) lors d’une manifestation.
Fermez le ban.
Photo :Tony Burke avec des joueuses iraniennes (©ministère de l'intérieur).