Le « tout ça pour ça » russe
Masha Moskaleva et son père Alexei viennent d’arriver à Paris, bénéficiant de la protection française, selon les informations du site russe en exil, The Insider. En décembre dernier, tous deux avaient déposé une demande de visa humanitaire approuvée donc par les autorités françaises après avoir essuyé un refus de Berlin. Masha (Maria) est cette jeune fille qui, en avril 2022, alors en sixième, dans un dessin réalisé en classe avait fait figurer le drapeau ukrainien et les mentions « Gloire à l’Ukraine » et « non à la guerre ».
La machine répressive
Dénoncée par le professeur d’arts plastiques puis par le directeur, la police se précipita aussitôt dans l’établissement scolaire d’Efremov (300km de Moscou). Résultat, son père (célibataire) fut accusé de « discréditer » l’armée russe. Un commentaire sur le réseau social Odnoklassniki servit en effet à étayer l’accusation. Or, ce quinquagénaire expliqua que son compte avait été piraté. Il fut malgré tout condamné à une amende de 420 dollars. Ultérieurement, son domicile était perquisitionné et il était interrogé par le FSB. Lors de cette séquence, il affirma avoir été battu. Placé en résidence surveillée, il avait interdiction de communiquer avec sa fille, placée dans un foyer. Les autorités demandant la déchéance de l’autorité parentale.
Prisonnier politique
Alexis Moskalev choisit de s'enfuir. Il était aussitôt condamné à 2 ans de prison. Mais arrêté à Mink (Biélorussie) il était extradé et placé en détention dans la colonie pénitentiaire de Novomoskovsk (près de Toula) pour effectuer sa peine. Il raconte avoir été tout d’abord placé dans une cellule punitive. Ensuite, « je passais 16h par jour debout, car le matin, les lits étalent attachés au mur » racontera ensuite le prisonnier à l’ONG OVD-Info. Sa fille l’attendait, le jour de sa libération, après 19 mois de ce régime, à la sortie de sa prison.
La France
Masha, qui devait être placée dans une famille d’accueil, avait finalement rejoint sa mère qui selon les informations de The Insider «ne s’était plus impliquée dans la vie de l’enfant depuis que celle-ci avait deux ans ». En 2024, Masha et son père parvenaient à rejoindre l’Arménie avant donc de se retrouver aujourd'hui en France.
Fermez le ban !
Alexei et Masha Moskaleva. Photo : ©inTransit.
