Le rôle prédateur des réseaux chinois, russes et étrangers dans le pillage des ressources africaines
L'Afrique centrale et de l'Ouest font face à une exploitation illégale massive de leurs ressources naturelles, entretenue par des réseaux étrangers en complicité avec des acteurs locaux. Qu'il s'agisse de minerais précieux ou de bois de valeur, la richesse générée est majoritairement captée hors du continent, privant les États de revenus cruciaux et dévastant les écosystèmes.
Emprise des réseaux russes dans l'orpaillage clandestin
Dans le secteur minier, les intérêts étrangers s'approprient les gisements stratégiques. En République centrafricaine, des structures liées aux mercenaires russes de Wagner (toujours présents en RCA) contrôlent l'exploitation du gisement aurifère majeur de Ndassima, un commerce illégal générant plus de 100 millions de dollars par mois pour le Kremlin via le Soudan et le Mali, tout en commettant des atrocités contre les populations locales, comme l'explique dans un rapport l’institut de recherche Global Initiative Against Transnational Organized Crime. L’une des rédactrices du document précise : « Nous avons inventé l’expression “l’or du sang” pour aider les gens à bien comprendre la connexion entre le côté commercial de Wagner et la politique étrangère vraiment meurtrière et les crimes internationaux entrepris par l’État russe ».
Et chinois
De leur côté, des ressortissants chinois et des entreprises chinoises occupent une place prédominante dans l'orpaillage clandestin. Au Cameroun, plus de 95 % des 200 sociétés d'orpaillage illégal recensées à l'Est et dans l'Adamaoua sont étrangères, majoritairement gérées par des Chinois. À Bozoum (RCA), quatre entreprises chinoises ont été incriminées pour des rejets de mercure de 4 à 26 fois supérieurs aux seuils autorisés. Au Gabon, l'opération Ekoura, menée à Punga en juin 2026 par les Forces de défense et de sécurité gabonaises, a conduit à l'arrestation de 28 ressortissants chinois parmi les 55 clandestins interpellés, tandis qu'au Ghana, la ressortissante chinoise Aisha Huang, surnommée par la presse locale la « reine de l’extraction minière illégale », a été condamnée en 2023 pour exploitation minière illégale. Elle aurait ensuite été extradée vers la Chine.
Fuites financières colossales
Ce pillage engendre des manques à gagner abyssaux pour les finances publiques. Au Gabon, les orpailleurs clandestins extrairaient entre 1 et 2 tonnes d'or par an, soit 20 à 40 fois la production nationale déclarée de 2020 (55 kg). Au Cameroun, le secteur dénonce un écart de 15 tonnes d'or entre les volumes exportés et déclarés en 2023. Le trafic s'étend également au patrimoine forestier : le bois de rose fait l'objet d'une contrebande intense vers les marchés asiatiques. L'arrestation par les agents d’Interpol au Nigeria d'un ressortissant chinois pour le trafic de 1 400 tonnes de bois de rose d'une valeur de 2,34 millions de dollars illustre la gravité de cette fuite de matières premières.
Dévastation environnementale et menace sanitaire
Au-delà du préjudice économique, ce pillage accélère la déforestation dans le bassin du Congo, qui perd entre 250 000 et 300 000 hectares de forêt par an. L'extraction artisanale non régulée libère d'importantes quantités de mercure. Ce métal toxique se transforme dans les milieux aquatiques en méthylmercure, s'accumulant dans les poissons et empoisonnant durablement la chaîne alimentaire ainsi que les populations riveraines.
Fuites financières colossales
Ce pillage engendre des manques à gagner abyssaux pour les finances publiques. Au Gabon, les orpailleurs clandestins extrairaient entre 1 et 2 tonnes d'or par an, soit 20 à 40 fois la production nationale déclarée de 2020 (55 kg). Au Cameroun, le secteur dénonce un écart de 15 tonnes d'or entre les volumes exportés et déclarés en 2023. Le trafic s'étend également au patrimoine forestier : le bois de rose fait l'objet d'une contrebande intense vers les marchés asiatiques. L'arrestation par les agents d’Interpol au Nigeria d'un ressortissant chinois pour le trafic de 1 400 tonnes de bois de rose d'une valeur de 2,34 millions de dollars illustre la gravité de cette fuite de matières premières.
Dévastation environnementale et menace sanitaire
Au-delà du préjudice économique, ce pillage accélère la déforestation dans le bassin du Congo, qui perd entre 250 000 et 300 000 hectares de forêt par an. L'extraction artisanale non régulée libère d'importantes quantités de mercure. Ce métal toxique se transforme dans les milieux aquatiques en méthylmercure, s'accumulant dans les poissons et empoisonnant durablement la chaîne alimentaire ainsi que les populations riveraines.
Photo : coupeur de bois de rose clandestin. Capture
d'écran Les arbres saignent ©BBC/YouTube