Ormuz, la double guérilla de Téhéran
Faisant face à la destruction de la majeure partie de sa marine, l'Iran a réorienté son action vers une stratégie d'affrontement asymétrique au cœur du détroit d'Ormuz. Les Gardiens de la Révolution s'appuient ainsi sur leur « flotte moustique », une myriade de petites vedettes rapides pouvant atteindre entre 90 et 185 km/h. Dissimulées le long du littoral rocheux, dans des grottes ou dissimulées au milieu de navires de pêche, ces embarcations échappent aux radars et aux satellites. Équipées de missiles, de roquettes ou de drones kamikazes, elles opèrent de façon furtive, isolément ou en essaim, pour harceler les navires marchands et militaires. Cette guérilla navale entrave gravement la navigation dans cette voie où transite habituellement un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial, résistant aux opérations américaines. Un missile de croisière iranien a frappé un bâtiment militaire le 14 septembre, blessant huit Marines.
Guerre psychologique
En parallèle de ce harcèlement militaire, Téhéran déploie une campagne d'influence anxiogène destinée à amplifier le sentiment d'insécurité maritime. Sur les réseaux sociaux, en particulier la plateforme X, des comptes pro-iraniens relaient des contenus souvent détournés de leur contexte, montrant des cargos immobilisés, faisant demi-tour ou ciblés par des tirs. A grand renfort d’images générées par intelligence artificielle. Cette désinformation ciblée vise à effrayer (toujours plus) les armateurs et à contredire les affirmations de Washington selon lesquelles le passage reste ouvert.
Pression maximale
Cette articulation entre guérilla et intimidation numérique cherche à forcer le secteur maritime mondial à se soumettre aux règles iraniennes. Téhéran tente ainsi d'inciter les compagnies maritimes à se conformer aux exigences des Gardiens de la Révolution, notamment en s'acquittant d'un « péage » au large de l'île de Larak. En provoquant une flambée des primes d'assurance et des coûts logistiques mondiaux, l'Iran entend ainsi maintenir une pression maximale sur les États-Unis et leurs alliés.
Illustration : copie d’écran ©X
