Après la tentative de mutinerie militaire au Niger, les ficelles du marionnettiste Tiani
Dans la nuit de vendredi à samedi, le Niger a connu une tentative de coup d'État menée par des militaires regroupés sous le nom de « Forces armées pour la rénovation de la patrie ». Ces insurgés ont notamment pris d'assaut l'aéroport international Diori-Hamani, coupé le signal de la télévision publique (ORTN) et fortement perturbé les télécommunications à Niamey. Ce pronunciamiento témoigne de la fragilité du régime, issu lui-même d’un coup d’Etat. Ce soulèvement, qualifié immédiatement par le pouvoir de « mouvement d’humeur » découle pourtant d'un climat délétère où les forces de sécurité peinent à repousser les offensives terroristes, qui menacent régulièrement la périphérie de la capitale. Au cours desquelles nombre de soldats ou de policiers nigériens perdent la vie.
Le recours aux supplétifs russes
Pour réprimer cette grogne militaire, le général Tiani a immédiatement sollicité l'intervention des « partenaires » russes de l'Africa Corps. Ces mercenaires ont déployé des drones kamikazes pour mener un assaut meurtrier à l'aéroport aux côtés de la Garde présidentielle. Des mutins ont été tués. Les autres sont prisonniers. La survie physique de la junte dépend donc désormais quasi exclusivement de ce soutien étranger, en contradiction totale avec la posture d'indépendance nationale affichée par le régime.
La diversion de la junte
Pour dissimuler cette fracture et masquer sa perte de légitimité, le pouvoir a aussitôt activé son mécanisme habituel de diversion : accuser l’étranger et notamment la France de manipulation. Ainsi plutôt que de montrer les affrontements à l'aéroport, le journal télévisé de l’ORTN a, hier soir, diffusé des images d'Emmanuel Macron, prétendant que Paris orchestrait la mutinerie. Cette accusation d'ingérence, soutenue sur les réseaux sociaux par la propagande russe et ses affidés, vise à transformer une crise politique interne en une agression externe. L’ambassadeur russe à Niamey a, en écho, déclaré à l’agence TASS que « la tentative de mutinerie au Niger a pu être coordonnée de l’extérieur ».
Une stratégie de bouc émissaire, bien commode mais usée, qui peine à cacher l'incapacité du pouvoir local à unifier ses propres rangs.
