Les musulmans russes au service du Kremlin (2)


Le mufti Albar Hazrat Krganov, responsable de l’Assemblée spirituelle des musulmans de Russie (DSMR) peut être considéré comme un missus dominicus, littéralement un « envoyé du maître ». Chargé par le Kremlin de développer des liens avec les responsables musulmans africains. Ainsi récemment au Sénégal, avec des représentants de la confrérie soufie Tariqa Qadiri.
Des liaisons qui interrogent. L’islam russe n’est-il pas devenu un outil d’influence au service de Moscou ? Un sergent-recruteur ? Au service d’un vaste dessein : renforcer le réservoir de combattants des Forces Armées de la fédération de Russie (FAFR) en Ukraine.
Un spécialiste de la Russie à Balard livre son analyse : « la mécanique mise en place par Moscou repose sur trois points : sacraliser la guerre en mobilisant orthodoxie et islam institutionnel ; exporter ce narratif en direction d’oreilles attentives ; valoriser religieusement et pécuniairement l’engagement de recrues étrangères ». C’est ainsi que des milliers d’Africains se retrouvent sur le front ukrainien, engagés pas forcément si volontaires que cela.
Les connaisseurs de la galaxie médiatique pro-Poutine auront remarqué 
aux côtés du mufti, la présence d’Alexandre Malkevitch « apparatchik propagandiste lié à Wagner » selon Reporters sans frontières qui a enquêté sur lui. Assistance qui semble confirmer l’articulation entre désinformation, religion et stratégie d’influence.


Illustration : Rencontre entre le mufti Krganov (cercle rouge), le chef du département international de la Tariqa Qadiri d'Afrique, le cheikh adjoint de la Tariqa Qadiri du Sénégal, Irfan Ali Dabu, le mufti de la région de Volgograd, Abdullah-Hadji Kifah Bata, et le chef du département des relations internationales du DSMR, D. Gilmiyanov. © DSMR.

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